RAPPORT ANNUEL DE AMNESTY INTERNATIONAL : Les Kolgwéogo épinglés

RAPPORT ANNUEL DE AMNESTY INTERNATIONAL  :   Les Kolgwéogo épinglés

 Amnesty international était face à la  presse le 22 février 2018 à Ouagadougou, à Ramadan Pearl Hôtel. Objectif : publier son rapport annuel 2017/2018 sur la situation des droits humains dans le monde en général et au Burkina Faso en particulier. Dans ce rapport, Amnesty international met à nu les mouvements de haine soutenus par les Etats et qui stimulent un nouvel élan de militantisme social.

 

C’est un rapport qui couvre 159 pays dont le Burkina Faso, dont la section nationale d’Amnesty international du Burkina a dévoilé le contenu aux Hommes de médias, le jeudi 22 février 2018 à Ouagadougou. Selon le Directeur de Amnesty international au Burkina Faso, Yves Boukari Traoré, ce rapport offre l’analyse la plus complète qui soit de la situation actuelle des droits fondamentaux sur la planète. Pour lui, la situation des droits humains en Afrique s’est caractérisée par une violente répression des manifestations pacifiques et par des attaques concertées visant des opposants politiques, des défenseurs des droits humains et des organisations de la société civile. Au Burkina Faso par exemple, le rapport pointe du doigt la torture et autres traitements dans le milieu carcéral subis par les détenus. « Des détenus de la Maison d’arrêt et de correction  de Ouagadougou (MACO), la principale prison de la capitale, ont déclaré avoir subi  des actes de torture et d’autres mauvais traitements, la plupart du temps au cours de leur arrestation ou de leur garde à vue, souvent dans le but de leur extorquer des « aveux » », pouvons-nous lire dans le rapport. « Plusieurs militaires, jugés en avril pour conspiration dans l’affaire du pillage du dépôt d’armes de Yimdi en janvier, ont affirmé devant le Tribunal militaire de Ouagadougou, avoir été torturés au cours de leur détention à la gendarmerie ou à la MACO », précise-t-il. Le rapport sur le Burkina Faso mentionne que « par exemple, 1 900 personnes étaient incarcérées à la MACO, pour une capacité de seulement 600 détenus. Les conditions carcérales demeuraient déplorables, notamment en raison du manque de nourriture et de soins médicaux » et à cela, il faut ajouter les cas d’impunité et de violation des droits des femmes. Pour le cas de l’impunité, le rapport évoque le report, à plusieurs reprises,  du procès de l’ex-président Blaise Compaoré et de 32 anciens ministres devant la Haute Cour de justice, la non- extradition de François Compaoré accusé dans le meurtre de Norbert Zongo et le dossier pendant du putsch  manqué de 2015. Parlant des droits des femmes, voici ce que dit le rapport : 

« En raison de la pénurie de matériel médical, de médicament et du personnel dans les hôpitaux, les femmes et les nouveau-nés étaient exposés à de graves risques   de complications obstétricales, d’infection et de mort. » Selon le rapport, au moins 100 décès maternels ont été recensés au cours des six premiers mois de l’année dans l’un des deux principaux hôpitaux publics de Ouagadougou. Il conclut par la suite qu’aucun progrès n’a été réalisé pour concrétiser l’engagement pris, en 2016, de relever l’âge légal du mariage pour les filles. Dans le document, il est aussi fait cas d’exactions perpétrées par des groupes armés au Burkina Faso. Aussi, les Kolgweogo sont-ils indexés par les défenseurs des droits humains qui les  qualifient de « milices d’autodéfense ». « Les Kolgweogo, milices d’autodéfense constituées principalement de fermiers et d’éleveurs, ont cette année encore commis des atteintes aux droits humains, telles que des passages à tabac et des enlèvements, bien que le ministre de la Justice se soit engagé en décembre 2016 à réguler leurs activités », décrie  le rapport. Et aussi les groupes armés qui perpétuent des attaques terroristes  près des frontières maliennes et nigériennes  et dans la ville de Ouagadougou. En réaction à l’idée selon laquelle la pauvreté serait à l’origine de  la violation des droits humains, Christian Ouédraogo, le coordonnateur campagnes et actions, se veut contradictoire. « C’est la violation des droits humains qui entraîne la pauvreté », a-t-il dit. Si du point de vue général, la situation des droits humains se dégrade, l’ouverture du procès du putsch manqué, le 27 février prochain, et le projet de constitution sont de grandes avancées en matière de droits humains pour le Burkina Faso. « Malheureusement, malgré les alertes que nous avons portées l’année dernière, il y a, aujourd’hui, plus de personnes qui sont molestées et frappées, il y a beaucoup plus de journalistes qu’on emprisonne, qu’on torture, beauc

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