RAPPORT SUR LA GESTION DU COMPTE 49 DE LA POLICE NATIONALE : « Il y a un problème de gestion à revoir », dixit Simon Compaoré

RAPPORT SUR LA GESTION DU COMPTE 49 DE LA POLICE NATIONALE : « Il y a un problème de gestion à revoir », dixit Simon Compaoré

L’Inspection générale des services (IGS) du ministère en charge de la sécurité a présenté, le 8 août 2017 à Ouagadougou, les résultats de sa mission d’investigation sur la gestion du compte 49 au ministre d’Etat, ministre de la Sécurité, Simon Compaoré. La gestion du compte pose problème même si au stade actuel, il n’y a pas de preuve de malversations ni de dissipation de fonds.

La mission d’investigation sur la gestion du compte 001 368 206 intitulé « fonds d’équipement de la direction générale de la Police nationale » a rendu son rapport hier, 8 août 2017. Cette mission n’a pas permis d’établir de preuve de malversations ou de détournements de fonds, mais sa gestion pose de petits problèmes qu’il faille revoir, selon Simon Compaoré, ministre d’Etat, ministre de la Sécurité. « Ce qu’on peut retenir, c’est qu’il y a un problème de gestion à revoir. Mais au stade actuel, on ne peut pas dire qu’il y a eu malversations, encore moins une dissipation des fonds comme on pouvait le penser.   Mais il y a des réglages à faire pour permettre une utilisation plus efficiente de ces fonds par ses bénéficiaires, aussi bien au niveau des structures centrales que déconcentrées de la Police nationale », a-t-il dit. A en croire le premier flic, Simon Compaoré, des copies du rapport ont été transmises à plusieurs responsables d’institutions du pays. Il s’agit du Président du Faso, du Premier ministre, du président de l’Assemblée nationale, du procureur du Faso,  du ministre en charge des finances. Toute chose qui permettra à ces derniers, selon Simon Compaoré, de faire des recommandations allant dans le sens d’une meilleure gestion du compte. Mais qu’à cela ne tienne, c’est un bon boulot qui a été réalisé par ceux-là qui ont été commis à cette tâche. « L’exercice a été un très bon travail qui montre que tous ceux qui ont géré, qu’ils sachent qu’ils ont un devoir de redevabilité », s’est-il réjoui, avant de proposer que tout soit remis à plat. «  Je suis de ceux-là qui disent de remettre tout à plat et de faire les retouches nécessaires ; sinon on va tout droit dans le mûr », a prévenu Simon Compoaré. Si les premiers responsables estiment, au regard du rapport, qu’il n’y a pas de malversations liées audit compte, ce n’est pas le cas de l’UNAPOL. Pour Wakilou Senou, SG de l’UNAPOL, il faut faire la lumière sur la gestion du compte, depuis sa création jusqu’à nos jours. « Nous restons sur notre faim, car la période de 3 ans ciblée par le rapport, est largement insuffisante du moment que ce compte existe depuis 1979 ». Ce fonds est fait pour combler le déficit que le budget de l’Etat n’arrive pas à couvrir au niveau de la Police nationale. Mais chaque année, on remarque qu’il y a des reliquats à hauteur de plusieurs millions de F CFA. Le montant qui est actuellement dans le compte, ne nous a pas été montré. Nous pensons donc que c’est un manque de transparence. On repart insatisfait, car il n’y a pas de transparence. Nous voulons la transparence totale, de 1979 à 2016 », a-t-il martelé.
Quant à Saïdou Zetiyenga, Inspecteur général des services du ministère de la Sécurité, il faut une meilleure répartition de ce fonds. « C’est la disparité qu’on a constatée dans la répartition des ressources allouées à ce fonds d’équipement ; la plus grande partie est allouée aux directions centrales et une très faible partie, un peu moins de 15%, aux services déconcentrés. On ne demande pas qu’il y ait égalité, mais au moins équité, car c’est toute la Police qui contribue à l’alimentation de ce fonds qui est constitué d’amendes forfaitaires dont 80% vont dans le budget de l’Etat et 20% reviennent à la Direction générale de la Police. Il en est de même des taxes des péages dont 1,5% des montants collectés contribue à l’alimentation de ce fonds. Il faut que tous les agents se sentent concernés ; cela motivera les agents et aidera à combattre même l’incivisme et la corruption », a t-il relevé.

 

Issa SIGUIRE

 

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2 Commentaires

  1. Commissaire

    Le SG de l’UNAPOL doit faire attention à ses propos et agissements qui frisent la recherche du sensationnel et de l’exhibition médiatique au détriment des règles de droit dans une démocratie. Des irrégularités ont été constatées dans le fonctionnement des services payés de la police et les audits ont permis de déceler les failles avec la prise de mesures pour un usage optimal des fonds au profit de l’Etat et de la police dans son ensemble. Si le SG de l’UNAPOL,Wakilou Sénou pense qu’il détient des preuves concrètes contre tel ou tel responsable de la police pour malversations sur les services payés, il peut ester en justice. Mais, il ne devrait pas continuer d’exiger de quiconque de traduire des gens en justice sur des infractions visiblement non constituées. Qu’il sache raison garder sinon il risque de se compromettre dans certains propos et comportements contraires aux règles juridiques.

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  2. RADAR

    La situation politique actuelle au Burkina Faso est similaire à celle de la Côte d’Ivoire. Des gens austères et anti démocrates se refugient derrière des immunités pour créer des troubles au sein des forces armées (policiers, gendarmes, militaires) dans l’optique d’une déstabilisation des pouvoirs en place pour espérer accéder à la présidence où ils se prévaudront des intérims constitutionnels. Or, tout le monde sait dans ces deux pays que ces hommes politiques masqués, n’ont pas un tempérament d’hommes d’Etat pour gouverner. Ce sont des anarchistes et des hommes de la dictature. Il appartient aux peuples de ces deux pays de faire preuve de discernement et de vigilance pour éviter que ces anarchistes incorrigibles ne sèment le chaos dans ces pays, qui souffrent déjà de difficultés économiques. La communauté internationale est interpellée sur cette situation .L’ONU, les présidents TRUMP et MACRON devront être fermes contre toute prise de pouvoir par les armes en Afrique, un contingent qui traine abusivement les pas pour entrer dans les démocraties républicaines.

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