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RAPPROCHEMENT ENTRE ABUJA ET PRETORIA A PROPOS DES VIOLENCES XENOPHOBES EN AFRIQUE DU SUD : Aller au-delà des mesures cosmétiques

RAPPROCHEMENT ENTRE ABUJA ET PRETORIA A PROPOS DES VIOLENCES XENOPHOBES EN AFRIQUE DU SUD : Aller au-delà des mesures cosmétiques

Le 13 mars dernier, le ministre nigérian des Affaires étrangères, Geoffrey Onyeama, a effectué le déplacement de Prétoria pour aborder avec son homologue sud-africain, le problème des violences xénophobes qui ont connu une résurgence au pays de Nelson Mandela, et dont ses compatriotes sont en train de payer le prix fort. Toutefois, malgré le triste sort qui est actuellement celui de ses ressortissants qui sont attaqués, traqués, malmenés et pillés au pays de Madiba, le géant ouest-africain compte préserver l’excellence de ses relations avec son alter ego du Sud du continent. C’est ce qui justifie le déplacement du diplomate nigérian dans la capitale sud-africaine, pour crever l’abcès du problème et trouver les voies et moyens de prévenir désormais le mal. Et il ne manque pas d’arguments. Morceaux choisis : « Tous les Nigérians, en Afrique du sud, ne sont pas des criminels. Nous avons des professeurs, des docteurs, des ingénieurs. Dans tous les secteurs d’activité, il y a des Nigérians et nous n’allons pas compromettre cette contribution à cause de l’activité criminelle d’un petit nombre ». Si ce n’est pas une façon d’assumer une triste renommée, cela y ressemble fort et les Nigérians gagneraient à se départir de cette image de criminels de tout acabit qui a tendance à leur coller un peu trop à la peau et dont les échos ont largement dépassé les frontières de leur pays. Cela dit, c’est déjà une bonne initiative que les politiques puissent se rencontrer pour poser le problème sur la table. Et l’on peut se féliciter de l’attitude des Nigérians qui, malgré la gravité de l’heure, n’ont jamais été dans une logique revancharde en n’entreprenant pas des actions de représailles contre des Sud-africains dans leur pays, en réponse aux exactions que subissent les leurs au pays de Jacob Zuma.

Il est impératif de tenir un langage de vérité et que la bonne foi prévale

Il est même à l’honneur des autorités d’Abuja d’avoir donné de la voix et pris le problème à bras-le-corps pour essayer d’y trouver un remède car, en pareille circonstance, certains Etats se seraient tout simplement réfugiés derrière un silence assourdissant, sans lever le petit doigt. Maintenant que le rapprochement entre les deux capitales a eu lieu, le plus important reste les mesures qui seront prises pour endiguer le phénomène. A ce niveau, il faudra aller au-delà des mesures cosmétiques, parce que le mal semble profond. D’autant plus qu’au sommet même de l’Etat sud-africain, l’on a tendance à réduire le problème à une simple question d’insécurité alors qu’il y a manifestement une communauté étrangère qui semble particulièrement visée. C’est pourquoi il est impératif de tenir un langage de vérité et que la bonne foi prévale, pour ne pas que les mêmes causes produisent les mêmes effets. En tout cas,  la balle est dans le camp de l’Afrique du sud à qui il appartient de prendre des mesures énergiques pour faire face à la situation. Il y va de sa crédibilité et de son image, en tant que nation qui se veut la locomotive du continent.  Et l’on attend de voir ce que cela va donner, et  surtout si la nation arc-en-ciel, qui doit une fière chandelle à tous ces pays dont le Nigeria, qui se sont mobilisés en son temps contre le régime de l’apartheid pour lui permettre d’être ce qu’elle est aujourd’hui, saura renvoyer l’ascenseur pour les sacrifices consentis. Mais à voir la façon dont les autorités sud-africaines appréhendent le problème, l’on peut être gagné par le pessimisme.  D’autant plus que dans les plus hautes sphères de l’Etat, l’on semblait encore privilégier, pas plus tard que la semaine dernière, la terminologie « criminalité », ce qui a eu le don d’offusquer plusieurs ambassadeurs en poste dans le pays.  En outre, l’initiative du déplacement vient du Nigeria qui est pourtant supposé être la victime. En effet, si c’est le ministre sud-africain qui avait fait le déplacement d’Abuja, l’on aurait pu y voir une volonté réelle de Prétoria de prendre ses responsabilités. Mais là, l’on est plutôt porté à croire que si le Nigeria n’avait rien entrepris, le problème serait resté en l’état.

Outélé KEITA

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