RDC : Quand Kabila joue la carte du pourrissement et de la division

RDC : Quand Kabila joue la carte du pourrissement et de la division

En l’espace de trois jours, soit le lundi 26 février et le jeudi 1er mars 2018, la République démocratique du Congo (RDC) a été troublée, respectivement par des affrontements armés au Kasaï central, entre les miliciens de Kamuina Nsapu et l’armée régulière, faisant une quinzaine de morts et par des conflits intercommunautaires qui ont opposé les Hema et Lendu à Djugu en Ituri au Nord-Est du pays avec une cinquantaine de morts. Et quelques jours avant ces deux événements douloureux, précisément le 13 février, il y a eu des escarmouches entre les Forces armées de la RDC (FARDC) et l’armée rwandaise au long de la frontière entre les deux Etats, dans la zone d’Isoke. C’est dire si la RDC est dans une certaine instabilité chronique. Puisque depuis fin 2016, qui coïncidait avec la fin du mandat de Kabila, la RDC connaît régulièrement des conflits. Et si certains pays comme le Botswana, voient en tout cela l’incapacité même de Kabila à sécuriser le pays, et l’appellent, de ce fait, à débarrasser le plancher ;  pour d’autres, il ne s’agit que d’une stratégie de pourrissement adoptée par le locataire du Palais de la Nation pour mieux s’agripper à son fauteuil présidentiel. En tout cas, à en croire l'évêque du diocèse de Bunia, Mgr  Dieudonné Uringi, le caractère ethnique attribué aux affrontements du jeudi dernier ne sont qu’un leurre. « Chez nous en Ituri, il n'est pas question de conflit ou de guerre ethnique ou interethnique », dit-il avant de parler de « mains invisibles » derrière ceux-ci, pour des raisons plus ou moins politiciennes.

Le régime congolais est,visiblement à la manœuvre pour que la date des élections se transforme en un serpent de mer

En effet, depuis que le président Joseph Kabila a pu se jouer de l’Accord politique de la Saint-Sylvestre pour se maintenir au pouvoir alors que son mandat, constitutionnellement, est arrivé à terme en fin décembre 2016, il semble tout mettre en œuvre, maintenant, pour ne pas ouvrir sa succession, autrement dit pour s’éterniser au pouvoir. En effet, depuis que la date des élections générales a été fixée au 23 décembre 2018, le régime congolais est visiblement à la manœuvre pour que cette date se transforme en un serpent de mer. La fin justifiant les moyens, le régime, en plus de jouer la carte du pourrissement pour pouvoir justifier son incapacité à organiser des élections à bonne date et espérer un nouveau renvoi, fait dans la division des chrétiens congolais en tentant de vouer aux gémonies le Cardinal  métropolitain de Kinshasa, Laurent Monsengwo Pasinya, qui a pris fait et cause pour le Comité laïc de coordination qui est vent debout contre une éventuelle nouvelle candidature de Kabila. En tout cas, depuis la nomination, le 6 février dernier, de Mgr Fridolin Ambongo comme archevêque «coadjuteur » par le pape, les sbires à la solde du président congolais font croire au peuple qu’il s’agit d’une manière, pour le Saint-Siège, de désapprouver les prises de position de l’archevêque de Kinshasa. De la pure diversion de la part du pouvoir en place, est-on tenté de dire.

Drissa TRAORE

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