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REACTION DE MACRON AU 3e MANDAT D’ADO  

Les conseils d’un fiston à son père

De sources médiatiques crédibles, il aura sué sang et eau pour se voir entrouvrir les portes de l’Elysée. Rien de surprenant à cela, d’autant que son actuel locataire n’y était pas vraiment favorable. Après deux reports et quelques atermoiements du président français, il finit par obtenir gain de cause le 4 septembre dernier, même s’il est reçu avec le strict minimum protocolaire. Pas de tapis rouge, pas d’officiels, aucune déclaration à la sortie, aucun communiqué final.  Reste que, pour Alassane Dramane Ouattara (ADO), car c’est de lui qu’il s’agit, le jeu en valait la chandelle :  recevoir l’approbation de l’Elysée dans son projet périlleux de 3e mandat à la tête de la Côte d’Ivoire. Et, pour ainsi dire, rallier Emmanuel Macron à sa cause. Mais voilà : les choses ne se sont pas passées comme le dirigeant ivoirien l’espérait.  Car, Paris ne semble pas du tout favorable à ce projet de 3e mandat et se garde donc de cautionner cette ambition. Avec le tranchant qu’on lui connaît, Emmanuel Macron qui n’entend pas fléchir, réitère clairement ses positions lors de l’audience avec son pair ivoirien. Et c’est finalement sur un constat de grave désaccord voire d’échec, que les deux chefs d’Etat se séparent. Le fait que l’audience n’ait été sanctionnée ni par un communiqué, ni par une déclaration finale, encore moins par une photo officielle, en dit long sur le climat qui a prévalu lors de ce tête-à-tête. C’est dire si ADO sait désormais qu’il ne devra pas compter sur l’engagement de Paris à ses côtés dans son projet de se relancer dans la course à la présidentielle de fin octobre prochain. On ne pourra pas reprocher au président Macron, de rouler pour son homologue ivoirien et mieux, de ne l’avoir pas prévenu, par ses conseils, si l’aventure venait à tourner court.

 

Paris semble vouloir s’inscrire dans une logique d’anticipation et de prévention

 

Contrairement à un communiqué publié unilatéralement sur la rencontre de Paris, qui voudrait laisser croire aux Ivoiriens, qu’ADO a eu l’aval de la France pour sa candidature, l’opération de charme de ce dernier à l’Elysée, aura plutôt été un fiasco ! Ce qui, soit dit en passant, n’est pas pour déplaire à l’opposition ivoirienne qui avait, du reste, appelé le président français à clarifier sa position sur cette 3e candidature contestée. En tout cas, sur la base de ce que rapportent ces médias jugés globalement crédibles, on peut se féliciter de la position du président Macron dont on peut comprendre la gêne aujourd’hui, après le parjure d’ADO qui s’était, on s’en souvient, engagé publiquement à ne pas briguer un mandat supplémentaire. On peut d’autant plus s’en réjouir, que Paris semble vouloir s’inscrire dans une logique d’anticipation et de prévention face au caractère conflictogène que présente cette 3e candidature.  Pas besoin, en effet, de disposer du 3e œil du sorcier en pays akan, pour percevoir les gros périls qui guettent la Côte d’Ivoire depuis que le président ADO a annoncé son intention de se remettre dans la course. Comment prémunir la Côte d’Ivoire contre ces graves dangers ?  Pour lui et pour son pays, ADO gagnerait à se pencher sérieusement sur l’idée que lui aurait suggérée Paris, à savoir obtenir le report du scrutin, le temps pour lui de se trouver un nouveau poulain. Puisque son renoncement à passer la main, avait été dicté par « un cas de force majeure », et le temps qui jouait contre lui, il pourrait conditionner le retrait de sa candidature, à ce report, le temps pour lui de se trouver un autre candidat.   Ce qui pourrait être un compromis acceptable par l’opposition toujours vent debout contre son projet de 3e bail. Gbagbo sous le coup de poursuites judiciaires, reste à obtenir l’accord de Henri Konan Bédié de s’éclipser lui aussi en faveur de la jeune génération. Or, on voit mal ce dernier renoncer à son rêve de présider à nouveau aux destinées de la Côte d’Ivoire. S’il acceptait de reconsidérer les propositions de l’Elysée, ADO donnerait la preuve qu’il n’est pas un assoiffé du pouvoir. Cet homme est sans doute habité par la crainte de ne pas se laisser flouer par les vieux briscards de la politique ivoirienne, qui pour certains d’entre eux, tiennent à prendre leur revanche. Peut-être lui faut-il des gages.  Une chose est sûre : tant qu’il nourrira des craintes pour son propre avenir et celui de sa famille politique, ADO ne s’arrêtera pas dans sa course effrénée vers ce 3e mandat qu’une bonne partie des Ivoiriens lui contestent avec hargne et véhémence.

 

CBS

 

 

 

 

 

 

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