Ombre et lumière

RECRUTEMENT DE 4 200 ENSEIGNANTS : « Non à la promotion de la précarité »

Dans la déclaration ci-dessous, le comité des jeunes unis pour la reprise des concours directs concernés par la fraude appelle les jeunes à la mobilisation pour exiger du gouvernement la création d’emplois décents et la revalorisation conséquente des conditions de formation, de travail et du traitement salarial des 4 200 enseignants qui seront recrutés pour le compte de l’enseignement post-primaire. Lisez plutôt !

 

 

Le 17 mars 2016, le gouvernement a officialisé les conditions de recrutement des 4200 enseignants  du post-primaire. Les nouvelles recrues qui doivent avoir au moins le niveau Bac +2, seront formées pendant six mois. Sur le plan financier, chacun percevra un pécule mensuel de 30 000 F CFA durant la formation et une allocation mensuelle de 100 000 F CFA lorsqu’ils seront à leur poste d’enseignement.

Selon le communiqué officiel, «ce programme, essentiellement axé sur le recrutement d’enseignants du post-primaire de l’enseignement général et de la formation technique et professionnelle, vise à offrir des emplois à au moins 16 000 jeunes diplômés de l’enseignement supérieur au bout de cinq (05) ans». En clair, le nouveau régime du président Roch Marc Christian Kaboré qui a inscrit les questions de la qualité de la formation et de l’emploi des jeunes comme axes prioritaires de son programme espère

résoudre ces deux questions centrales de développement à travers le recrutement d’enseignants « bon marché ». Au regard de la paupérisation généralisée des populations et de la massification appliquée dans le secteur de l’éducation nationale au mépris de la qualité de la formation- injonction et effets pervers du programme d’ajustement structurel (PAS), des milliers de jeunes désespérés vont déposer leurs dossiers dans l’espoir de pouvoir avoir un emploi, aussi précaire soit-il. Le gouvernement va ainsi créer un corps d’enseignants qui auront les mêmes attributions que les enseignants permanents, sans pour autant pouvoir bénéficier des droits relatifs à leur emploi.

Ce programme gouvernemental représente une menace grave pour les droits socioprofessionnels garantis par la législation du travail. Il va ainsi contribuer à créer des enseignants de «seconde zone», hâtivement formés, sous-payés, non couverts par la sécurité sociale, donc peu motivés pour l’accomplissement de leur travail d’enseignant. Cette situation va indubitablement entraîner la dégradation continue de la qualité de l’enseignement secondaire au Burkina Faso.

 Cependant, en se mobilisant massivement et en acceptant le sacrifice suprême lors de l’insurrection populaire d’octobre 2014 et de la résistance victorieuse contre le putsch du Régiment de sécurité présidentielle (RSP) de septembre 2015, la jeunesse burkinabè a voulu mettre fin au rêve de pouvoir à vie de Blaise Compaoré et de son clan maffieux, dénoncer  les crimes économiques et de sang, et exiger de meilleures conditions de vie et de travail. Plus d’une année après ces luttes héroïques du peuple et de la jeunesse burkinabè et après les élections couplées présidentielles et législatives de novembre 2015, les espoirs de la jeunesse burkinabé à des lendemains meilleurs semblent se transformer progressivement en chimères. Les leaders du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP), parti au pouvoir, avaient pourtant affirmé lors de la précédente campagne électorale qu’ils ont une grande expérience de la gestion du pouvoir d’Etat, connaissent bien les « maux» de la société burkinabé et disposent de solutions idoines.

 

Aussi, au regard des informations officielles relatives à des opérations de blanchiment d’argent portant sur près de 86 milliards de F CFA, des bonus de millions octroyés aux membres du gouvernement, des tonnes d’or annuellement vendues, etc., on peut soutenir que ce n’est certainement pas l’argent qui manque.

 

Camarades membres du Comité, jeunes diplômés au chômage,

jeunes épris de justice sociale,

 

au regard de la crise de l’emploi et des tentatives du gouvernement à la précarisation des emplois publics destinés aux jeunes, nous invitons l’ensemble de la jeunesse burkinabè éprise de justice sociale et l’ensemble des organisations démocratiques de jeunes à se lever contre cette mesure qui bafoue les droits de la jeunesse à des emplois décents et pérennes. Nous vous invitons à vous mobiliser et à renforcer le comité pour dénoncer le caractère inique de ce programme gouvernemental et exiger du gouvernement l’adoption et l’application de programmes conséquents de promotion d’emplois décents pour la jeunesse. C’est pourquoi, nous appelons l’ensemble des jeunes à se mobiliser massivement pour les activités à venir, pour exiger des autorités:

 

– la création d’emplois décents et pérennes pour les jeunes;

– le non bâclage de la formation de la jeunesse;

– la revalorisation conséquente des conditions de formation, de travail et du traitement salarial des 4 200 enseignants qui seront recrutés pour le compte de l’enseignement post-primaire.

 

Vive la jeunesse combattante!

 

Ouagadougou, le 20 avril 2016

 

Le Comité

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