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REFORMES ANNONCEES D’ADAMA BARROW : La nouvelle Gambie en marche

REFORMES ANNONCEES D’ADAMA BARROW : La nouvelle Gambie en marche

 

Restaurer la démocratie et l’Etat de droit, mettre fin aux violations des droits de l’Homme en Gambie, ce sont là, entre autres, des chantiers sur lesquels est attendu le nouveau président gambien, Adama Barrow. La nouvelle Gambie est en marche. Au fait, c’est l’intéressé lui-même qui s’est lancé ces défis au cours de sa première sortie médiatique, le 28 janvier dernier, en sa résidence, à Banjul, en Gambie. « La Gambie va désormais s’appeler la République de la Gambie et non plus la République islamique de Gambie. Nous voulons instaurer la démocratie dans le pays. Nous voulons rétablir l’Etat de droit. Nous allons résoudre les défaillances concernant les droits de l’Homme », a déclaré le président Barrow qui, à l’occasion, a réaffirmé sa ferme volonté de réformer l’Agence nationale du renseignement (NIA) qui, au fil des ans,  était devenue un goulag à ciel ouvert où étaient conduits  et suppliciés tous ceux qui osaient lever le petit doigt contre le dictateur Yahya Jammeh. Adama Barrow a donc vu juste en manifestant l’intention de changer le nom de cette institution tristement célèbre, afin de la rendre plus professionnelle et au service des Gambiens plutôt qu’elle demeure un outil de répression dirigé contre les Gambiens.  Aussi faut-il  saluer la lucidité de cet homme qui a créé la surprise en annonçant qu’il était prêt à travailler avec Ousmane Badjie, du nom de ce  général fantasque commandant en chef des troupes gambiennes, qui, dans un premier temps, avait fait allégeance au nouveau chef de l’Etat avant de retourner sa veste, ou plus tôt son treillis,   dès que Yahya Jammeh avait décidé de remettre en cause le verdict des urnes. En le faisant, Adama Barrow  coupe non seulement l’herbe sous les pieds de  tous ceux qui s’attendaient à une véritable chasse aux sorcières sur fond de purge politique, mais aussi, il préserve un tant soit peu l’unité de l’armée gambienne  ou du moins ce qu’il en reste. C’est dire  si Adama Barrow marche sur des œufs, conscient que la moindre erreur pourrait lui être fatale. Reste seulement à espérer que ce réalisme mâtiné de raison, n’ouvre pas grandement la voie à l’impunité.

On attend de  voir les mesures que prendra le nouveau gouvernement

Certes, pour une Gambie prospère et solidaire, la réconciliation nationale est plus que jamais nécessaire, mais cela ne devrait pas empêcher la Justice de faire son travail, c’est-à-dire faire en sorte que tous ceux qui ont les mains tachées de sang, répondent de leurs actes. C’est le cas peut-être du sieur Badjie dont on sait qu’il était la charpente du régime autoritaire de Yahya Jammeh. En tout cas, la nouvelle Gambie dont parle tant Adama Barrow, ne saurait se construire sans le triptyque vérité-justice et réconciliation. Pour l’heure, on attend de  voir les mesures que prendra le nouveau gouvernement dont la formation est attendue aujourd’hui ou demain, même si, il faut le dire, rien ne filtre encore sur les noms des personnalités. Cela dit, le temps presse et les chantiers sont énormes, tant et si bien que le président Barrow se doit d’aller au charbon. Surtout qu’il répète à l’envi qu’il ne restera seulement que trois ans au pouvoir, comme il s’y  est engagé pendant la campagne et surtout vis-à-vis de la coalition qui l’a porté au pouvoir. Le symbole est très fort, le message aussi : 22 ans  pour Yahya Jammeh et trois ans pour Adama Barrow au moment où la tendance est au long règne sous les tropiques africains.

Boundi OUOBA

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