REGION DES CASCADES : Tension entre le PCR et les meuniers

REGION DES CASCADES  :   Tension entre le PCR et les meuniers

 

 

Le 24 février 2018, les travailleurs de la Minoterie du Faso (MINOFA) de Banfora se sont mobilisés au Conseil régional des Cascades avec la ferme intention de signifier leur mécontentement au président de cette institution, N’Gollo Drissa Ouattara. Et cela, suite à une déclaration qu’il aurait faite lors de la visite du ministre de l’Administration territoriale dans la Comoé. Ce jour, le locataire des lieux était absent. Et finalement, c’est le 27 février qu’une rencontre a eu lieu entre le PCR et une délégation de trois meuniers.

 

Le président du Conseil régional des Cascades, N’Gollo Drissa Ouattara, aurait demandé au ministre de l’Administration territoriale, Siméon Sawaodogo, lors de son passage à Banfora, de fermer la MINOFA parce que trop vieille pour être rentable. Sur la question, les meuniers ont voulu entendre le PCR. Après une première tentative ratée le 24 février 2018 parce que le PCR était absent de son bureau, une délégation de trois personnes est allée à la rencontre du PCR le 27 février dernier. Objectif : lui faire part du mécontentement de l’ensemble des meuniers. « Si nous sommes là ce matin, c’est parce que nous avons appris que lors des échanges que le ministre de l’Administration territoriale a eus avec les Forces vives de la région lors de sa dernière visite à Banfora, le Président du conseil régional (PCR) a fait des déclarations sur la MINOFA que nous, travailleurs, estimons contraires aux intérêts de notre outil de travail », a expliqué le meunier Mahamadou Kaboré. Et de poursuivre : « On nous a fait comprendre que le PCR, réagissant à l’interpellation d’un collègue qui a invité le ministre à plaider auprès des autres membres du gouvernement pour qu’une attention plus grande soit accordée à la MINOFA, a dit que nos machines étaient vieilles, donc dépassées et que par conséquent, ça ne vaut pas la peine de faire fonctionner cette entreprise. Le PCR aurait même caricaturé la situation en comparant la MINOFA à la P50 qui, aujourd’hui, ne peut pas se comparer aux Djakarta. Notre collègue qui se trouvait dans la salle, puisqu’il est conseiller municipal, a demandé vainement la parole pour recadrer les choses. Le ministre, sûrement pour éviter la polémique, ne lui a pas permis de s’exprimer. Ce qui n’est pas la réalité, puisque notre usine est de la dernière génération. Dans la sous-région, la MINOFA est même la troisième unité dotée de ce type de système qui est capable de broyer 150 tonnes de blé par jour. Nous sommes venus pour mieux lui faire connaître la MINOFA ; peut-être qu’il pourra mieux nous aider à la faire fonctionner. En tant qu’autorité, ce n’est pas à lui de dire qu’il ne faut pas faire quelque chose pour les industries de la région, puisque c’est leur rôle de défendre et de  protéger ces unités industrielles », a conclu M. Kaboré.

En clair, l’explication entre le PCR et les meuniers n’a pas été du tout facile. Pour le PCR, il ne revient pas à des travailleurs de la MINOFA de l’apostropher sur pareille question, mais plutôt au DG. Pour lui, les travailleurs sont « très petits » pour l’interpeller sur des propos qu’il aurait tenus au cours d’une rencontre qui, qui plus est, était de haut niveau. « Je tolère mal que des travailleurs d’une unité survolent leur DG pour venir à mon cabinet et tenter de me confondre », a martelé N’Gollo Drissa Ouattara. Sur la véracité de ce qui lui est reproché, N’Gollo Drissa a été catégorique. « Je n’ai jamais dit cela. Vous n’étiez pas présents dans la salle. Ce sont donc des accusations gratuites et politiciennes », a-t-il dit avant de questionner les membres de la délégation en ces termes : « En tant que qui puis-je demander au gouvernement de venir fermer une usine ? Croyez-vous que si c’est ce que j’avais dit, j’aurai pu sortir indemne de cette rencontre qui était ouverte au public ?» Lorsque les esprits se sont un peu calmés, le PCR est revenu beaucoup plus en détails pour signifier aux représentants des meuniers qu’il a fait savoir au ministre la nécessité de revoir le système d’approvisionnement de la MINOFA en matières premières de sorte à limiter le nombre et les temps d’arrêt. « J’ai même été ovationné dans la salle. Surtout, sachez que je suis un homme politique, de surcroît président d’une collectivité régionale. Comment vais-je compromettre ma carrière politique en faisant de telles déclarations ? », a-t-il demandé à ses interlocuteurs du jour.

Mamoudou TRAORE

(Correspondant)

 

 

 

Le manque de blé, notre premier souci

 

Lorsque la tension s’est apaisée au cours de la rencontre et que l’esprit du PCR était dans de bonnes dispositions, les représentants des travailleurs  lui ont fait savoir que le véritable problème de la MINOFA reste son approvisionnement en blé en ces termes : « Une importante quantité avait été achetée au moment du montage, mais tout ce blé s’est détérioré en Côte d’Ivoire avant la fin des travaux. Nous avions demandé qu’on fasse venir ce blé à l’usine puisque nous avons des silos de stockage, mais rien n’y fit. Lorsque le montage de l’usine a pris fin, ce blé n’était plus propice à la fabrication de la farine boulangère. Il nous revient qu’une grande partie a même été vendue sur place en Côte d’Ivoire sans que nous, travailleurs, ne sachions où est allé cet argent. Aujourd’hui, nous tournons comme un moulin de quartier et si en tant que PCR vous pouvez nous accompagner dans la résolution de ce problème, l’ensemble des meuniers vous le reconnaîtra ».

 

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