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REHABILITATION DU TRONÇON SEGUENEGA RAMSA-ZANNA ROBENA SUR LA RN 15 : Séguénéga proteste contre la déviation

REHABILITATION DU TRONÇON SEGUENEGA RAMSA-ZANNA ROBENA SUR LA RN 15 : Séguénéga proteste contre la déviation

Située à environ 55 km de Ouahigouya, la commune rurale de Séguénéga a connu une journée mouvementée le lundi 10 avril 2017. Et pour cause, c’est la réhabilitation du tronçon Séguénéga-Ramsa-Zanna-Robena sur la route nationale n°15 (RN15) reliant Ouahigouya à Kongoussi, qui est à l’origine de la marche organisée par les populations des villages traversés par ledit tronçon. Un mémorandum a été remis à cet effet, à Rasmané Zoungrana, préfet de ladite commune.
« La route du développement passe par le développement de la route », dit-on souvent. Cette réalité, les populations des villages traversés par la route nationale n°15 reliant Ouahigouya à Kongoussi et principalement celles du tronçon Ouahigouya-Séguénéga en sont conscientes ; elles, qui ont organisé dans la matinée du 10 avril 2017, une marche pour réclamer, non seulement le maintien du tracé initial du tronçon Séguénéga-Ramsa-Zanna-Robena, mais également sa réhabilitation. « Mort du tronçon Séguénéga-Ramsa-Zanna-Robena = mort économique de Séguénéga. Essuyer nos larmes en rétablissant le tronçon.  Oui pour la mise en eau du barrage de Guiti, non à la destruction du tronçon Séguénéga-Ramsa-Zanna-Robena. Tels sont, entre autres, les slogans que l’on pouvait lire sur quelques pancartes tenues par des manifestants.
Pour les organisateurs de cette marche, tout serait parti de la réfection de ladite route nationale jusqu’à Robena, village situé à environ 35 km de Ouahigouya où elle a connu une bifurcation pour passer par Guiti, village qui a donné son nom au barrage qu’on y a réalisé pour alimenter la ville de Ouahigouya en eau potable et dont la mise en eau serait pour bientôt. A ce sujet, Rasmané Bélem, porte-parole des marcheurs, par ailleurs président du Comité villageois de développement (CVD) de Séguénéga se veut clair : « Si on met en eau le barrage de Guiti, sans prendre en compte l’aménagement du tronçon pour lequel nous manifestons, il sera englouti par les eaux. Pour ce faire, nous ne pouvons pas rester les bras croisés. En plus, ce tronçon a été construit avant les indépendances par nos ancêtres sous le joug des travaux forcés à l’aide des outils traditionnels et de matériaux locaux. Nous n’allons pas permettre ni tolérer la disparition de ce tronçon qui, pour nous, est un patrimoine ». Et Sid Oumar Ouédraogo, habitant de Séguénéga de rappeler que «des démarches ont été entreprises depuis 2009 avec Mamadou Beloum, maire de Séguénéga de l’époque et la population, pour nous faire entendre auprès des autorités provinciales et régionales par rapport aux conséquences liées à l’installation du barrage de Guiti. Ces démarches sont restées sans suite jusqu’à ce que nous apprenions à travers le compte rendu du Conseil des ministres, que la mise en eau du barrage est pour bientôt. Nous serons alors isolés du fait que l’eau va engloutir l’ancienne voie. Et sans voie pas de développement. C’est donc un cri du cœur que nous lançons à l’endroit des autorités pour que nos recommandations soient prises en compte, notamment le maintien du tronçon initial Séguénéga-Ramsa-Zanna-Robena de la RN15 et sa réhabilitation; l’indemnisation des personnes affectées par le projet et la mise en place d’un cadre de dialogue avec les populations sur les différents problèmes liés au barrage ».
La représentante des femmes, Félicité Bélem/Yampa, quant à elle, aborde le sujet dans le même sens en ces termes : « Ce tronçon nous pose beaucoup de problèmes et nous invitons le gouvernement à y penser. L’évacuation d’une femme à terme en cas de complication sur une telle voie, vous imaginez les conséquences que cela peut produire, d’où notre cri du cœur ».
C’est Rasmané Zoungrana, préfet de la commune de Séguénéga qui a reçu les marcheurs et à qui ils ont remis leur mémorandum. Celui-ci les a salués pour le caractère pacifique de leur mouvement avant de les rassurer que ce mémorandum sera transmis aux plus hautes autorités et le plus tôt possible. Après quoi les marcheurs ont regagné leurs domiciles qu’ils avaient abandonnés dès 7 heures, pour se retrouver au point de ralliement pour leur mouvement d’humeur.
Mahamoudou ZONGO

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