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REMISE A PLAT DES SALAIRES : Les syndicats des magistrats crient à « l’acharnement »

 

Dans la présente lettre ouverte adressée au ministre de la Fonction publique, du travail et de la protection sociale, les syndicats des magistrats crient à l’acharnement. Pour eux, la remise à plat dont parle le gouvernement ne les concerne aucunement. Lisez !

Monsieur le Ministre,

A travers des correspondances reçues le 24 avril 2019, vous avez invité les syndicats de magistrats à prendre part à la restitution des travaux de mise en œuvre des recommandations de la conférence nationale sur le système de rémunération des agents publics de l'Etat prévue pour avoir lieu à Ouagadougou le 30 avril 2019. Suivant le chronogramme communiqué, les participants auront à se prononcer non seulement sur l'avant-projet de loi organique portant principes fondamentaux de la Fonction publique, mais également sur des projets de décrets relatifs à la situation salariale des agents publics.

En réponse, les syndicats de magistrats voudraient très judicieusement vous communiquer:

- une lettre en date du 13 juin 2018, à vous adressée et par laquelle ils marquaient leur refus ferme et sans équivoque de voir leur situation statutaire et salariale à nouveau discutée en si peu de temps dans un tel cadre après les états généraux sur la justice, tenus à Ouagadougou en 2015 ;

- une lettre en date du 11 octobre 2018 des chefs de juridictions du premier degré du Burkina Faso adressée à leur ministre de tutelle et attirant son attention sur les dangers dont est porteur l'avant-projet de loi organique portant principes fondamentaux de la Fonction publique. Les chefs de Cours d'appel du Burkina Faso ont également écrit au ministre de la Justice pour dénoncer un risque d'atteinte sans précédent contre le pouvoir judiciaire à travers ledit avant-projet de loi organique contraire aux conventions ratifiées par le Burkina Faso.

Au cas où le gouvernement, à travers votre département, estimerait être fondé à continuer à ignorer toutes ces interpellations constructives, les magistrats ne pourront qu'en prendre acte pour les suites que leur imposera ce qu’ils reçoivent de plus en plus comme un mépris et un acharnement du gouvernement à leur endroit.

Monsieur le Ministre,

Pour tenir compte de la préciosité de votre temps, vous accepterez qu'après cette lettre et pour tout ce qui concerne la remise à plat des rémunérations, les responsables syndicaux de magistrats s'interdisent désormais de vous occuper avec le rappel d'éléments que nos capacités d'analyse respectives rattachent nécessairement à l'évidence.

Ils vous souhaitent bonne réception de la présente et vous prient d'agréer, monsieur le Ministre, l'expression de leur parfaite considération.

Ouagadougou, le 25 avril 2019

Le Secrétaire général du Syndicat des Magistrats du Burkina (SMB)
Christophe COMPAORE

Le Secrétaire général du Syndicat autonome des Magistrats du Burkina (SAMB)
Emmanuel OUEDRAOGO

Le Secrétaire général du Syndicat burkinabè des Magistrats (SBM)
Moriba TRAORE

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