RENCONTRE D’EVALUATION DU PROCESSUS ELECTORAL EN RDC : Que peut-on en attendre ?

RENCONTRE D’EVALUATION DU PROCESSUS ELECTORAL EN RDC : Que peut-on en attendre ?

En République démocratique du Congo, l’heure est à l’évaluation du processus électoral. Dans ce cadre, des représentants du gouvernement, de la Commission électorale indépendante (Ceni) et du Conseil national de suivi de l’Accord de la Saint-Sylvestre doivent se réunir dans les tout-prochains jours à Kinshasa pour se pencher sur cette question fondamentale qui devrait faire avancer le processus électoral dans le pays. Particulièrement au Kasaï-Central et au Kasaï où les opérations d’enrôlement des électeurs, dit-on, n’avaient pas commencé, en raison des violences que la région a connues pendant plusieurs mois. Au bout du compte, les travaux de cette rencontre tripartite devraient permettre de voir un peu plus clair dans l’évolution du processus afin de permettre la publication du nouveau calendrier électoral que les Congolais appellent de tous leurs vœux et avec impatience, pour fermer la parenthèse d’une transition qui n’aura que trop duré.

De prime abord, l’on ne peut que saluer la tenue d’une telle cession qui s’inscrit dans le cadre des « évaluations régulières » prévues par l’accord du 31 décembre dernier.

 

La RDC est engagée dans une véritable course contre la montre

 

Mais, cette façon de faire durer le suspense autour de la date de l’élection présidentielle à laquelle le président Joseph Kabila est constitutionnellement disqualifié pour  prendre part, est loin d’être rassurante. Ce, d’autant plus qu’aux termes du même Accord, les élections doivent se tenir avant le 31 décembre prochain alors que jusque-là, à quelque quatre petits mois de la fin de l’année, les opérations d’enrôlement et de révision du fichier électoral sont loin d’être bouclées, le calendrier électoral n’est pas publié, sans oublier que concernant le nerf de la guerre, c’est encore le flou total quant à la disponibilité des fonds nécessaires à la tenue du scrutin dans les délais de l’Accord. C’est pourquoi l’on ne peut s’empêcher de voir quelque part derrière ces travaux qui semblent avancer au gré du pouvoir et à pas de caméléon, de la poudre de perlimpinpin jetée aux yeux des Congolais pour faire croire que les chosent avancent alors que tout cela pue visiblement la ruse à plein nez pour gagner du temps, dans le but de permettre à Joseph Kabila de trouver la formule pour se remettre en selle. Cette hypothèse est d’autant plus plausible que le 21 août dernier, l’opposition a encore donné de la voix lors d’une matinée politique tenue à Lubumbashi, pour exiger « la publication du calendrier électoral et exiger la convocation du corps électoral au mois de septembre », en plus de réclamer la tenue des élections avant le 31 décembre prochain, conformément à l’Accord de la Saint-Sylvestre dont elle continue d’exiger l’application intégrale et dont le couronnement est l’organisation des élections sans Joseph Kabila comme candidat. C’est dire si à l’étape actuelle, la RDC est engagée dans une véritable course contre la montre. Cette montre qui semble aujourd’hui le meilleur allié de Joseph Kabila, et dont il est visiblement en train de se servir pour torpiller un accord qui le met complètement hors-jeu. Chose qu’il n’est manifestement pas disposé à accepter en victime expiatoire. C’est pourquoi il y a lieu de craindre – et l’on n’en serait pas surpris - qu’à l’issue de ces travaux d’évaluation globale, l’on ne ponde un calendrier électoral qui ne réponde pas à l’esprit ni aux délais de l’Accord de la Saint-Sylvestre.

 

Les travaux d’évaluation du processus électoral constituent un pas qui peut susciter l’espoir

 

Peut-être est-ce tout le but de la manœuvre, à l’effet de mettre les représentants de l’opposition au conclave devant des difficultés techniques et pratiques qui ne militent pas en faveur de la tenue des élections dans les délais impartis, afin d’en entériner le report officiel. Auquel cas, c’est Kabila qui aurait partie gagnée. Car, quoi qu’on dise, l’accord de la Saint-Sylvestre dont tout porte quand même à croire que le président Kabila se moque comme d’une guigne, est aujourd’hui pratiquement le seul cadre légal d’organisation des élections qui lie les Congolais. Malheureusement, il est appelé à mourir de sa belle mort à la fin de l’année 2017. Et Kabila en est conscient. C’est pourquoi l’on est porté à croire que Joseph Kabila est en train de manœuvrer habilement à  ce que les élections ne se tiennent pas avant le 31 décembre prochain, à l’effet de contraindre ses compatriotes, à l’expiration du délai,  à renégocier un nouveau contrat qui pourrait lui ouvrir de nouvelles perspectives. Et rien ne dit que même si une nouvelle date est fixée d’ici là, elle sera respectée, tant que Kabila sera maintenu hors du jeu.

En tout état de cause, l’on peut retenir de ces travaux d’évaluation du processus électoral qu’ils constituent un pas qui peut susciter l’espoir. D’autant plus que selon certaines informations, le processus d’enrôlement des électeurs est presque terminé. Mais, la véritable question est ailleurs, à savoir : quand auront lieu les élections, et avec qui sur la ligne de départ, Kabila ou pas Kabila ? Tant que l’on n’aura pas la réponse à cette question, il serait illusoire de croire que l’on pourrait sereinement aller à des élections en RD Congo. C’est malheureusement le triste sort qui semble attendre les Congolais. L’on attend de voir.

 

 « Le Pays »

 

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