RENCONTRE D’OBAMA AVEC LES JEUNES EN PRELUDE AU SOMMET USA-AFRIQUE :Les tripatouilleurs entendront-ils raison ?

RENCONTRE D’OBAMA AVEC LES JEUNES EN PRELUDE AU SOMMET USA-AFRIQUE   :Les tripatouilleurs entendront-ils raison ?

 

D’ici à 2016, un millier de jeunes entrepreneurs africains pourront se rendre chaque année aux USA, pour se perfectionner dans les universités américaines. C’est une promesse du président Barack Obama himself, à l’occasion de ses échanges, dimanche dernier à Washington, avec 500 jeunes promoteurs africains d’entreprises.

 

Pour aller de l’avant, il faut combattre les mauvaises pratiques

 

Le président américain rencontrait ses jeunes hôtes, en prélude au tout prochain sommet Etats-Unis - Afrique. Le langage de vérité a prévalu durant ces échanges avec les futurs entrepreneurs africains. Pendant près de 80 minutes, il aura été question de la mal gouvernance en Afrique, de chefs d’Etat accrochés au pouvoir, de corruption et de pratiques culturelles rétrogrades dont l’excision. Les interventions de Barack Obama touchent les plaies béantes de l’Afrique. Pour aller de l’avant, il faut combattre les mauvaises pratiques et certaines formes de gouvernance. L’homme reste conforme à lui-même, depuis sa déclaration du Ghana.

Sa franchise correspond somme toute à la logique du personnage. La démocratie ? Barack Obama trouve qu’aucun pays ne peut réussir sur le long terme sans des règles claires et respectées par tous. Selon lui, l’argument « en Afrique, c’est différent », ne doit pas prospérer. Pour le chef de l’exécutif américain, tout peut être remis en cause, et c’est là un privilège de la jeunesse. A titre d’exemple, il préconise de rejeter les mutilations sexuelles, pratique qualifiée de « barbare et inacceptable ».

S’agissant d’alternance, le président des Etats-Unis soutient qu’aucun dirigeant n’a vocation à rester au pouvoir. Et d’inciter alors la nouvelle génération à faire entendre sa voix. Les chefs d’Etat qui tripatouillent la constitution sont donc prévenus ! A Washington, la position américaine sur les révisions constitutionnelles pour permettre à un président sortant de briguer un mandat supplémentaire, n'a point varié depuis les déclarations de John Kerry à Kinshasa en mai dernier. « Nous avons découragé tous les dirigeants des pays où de tels amendements sont envisagés ; notre position sur ce dossier est très claire », soutient Linda Thomas Greenfield, Vice-secrétaire d'Etat pour les affaires africaines.

Barack Obama que d’aucuns ont d’abord encensé puis enfoncé, vient de se réhabiliter aux yeux des critiques.

La table est donc mise pour le sommet prévu à Washington, les 5 et 6 août prochains. Une cinquantaine de chefs d’Etats africains iront discuter, à leur tour, avec le président américain. Cependant, trois dirigeants mal vus des Etats-Unis, n'y assisteront pas : les chefs d'Etat du Zimbabwe, du Soudan et de l'Erythrée. Aucun doute : Barack Obama s’adressera aux dirigeants africains avec la même franchise que lors de sa rencontre du week-end dernier avec les jeunes promoteurs africains d’entreprises. Probablement, il se fera plus incisif et perspicace. En somme, c’est le meilleur des services rendus à l’Afrique au soir de son second mandat. Outre les jeunes et les organisations de la société civile, il devrait s’intéresser davantage aux organisations paysannes. Celles-ci se trouvent au cœur de la production, et donc du développement.

 

Obama se fait réellement du souci pour l’Afrique

 

Aucune réunion bilatérale n’a été prévue durant le sommet. La cinquantaine de dirigeants africains auront un échange maximum avec le président américain. Pas question d’apartés avec le président américain pour expliquer le bien-fondé d’un désir de maintien au pouvoir. Du reste, ce ne sont pas les raisons qui manquent, même pour justifier une forfaiture constitutionnelle. Obama dira donc ses vérités, puis tout le monde devra circuler. Ce sommet tant attendu doit faire mieux que la Baule, au regard de l’urgence du moment. Pour ce faire, Obama devra se montrer ferme et sans équivoque ; et mieux, brandir des menaces. A Washington, certains recevront sans doute la claque de leur vie. Mais, parmi les chefs d’Etats africains actuels, combien seront-ils réceptifs aux propos de leur hôte américain ?

Aux Etats-Unis, le président Bush s’est illustré par le MCA (Millenium Challenge Account) et la lutte contre le SIDA. Il nous a donné le poisson. Après lui, Barack Obama a opté de nous donner la ligne de pêche. Afin qu’on puisse pêcher nous-mêmes le poisson. Pour toujours. Si Obama parvient à donner le filet de pêche (l’alternance) à la génération montante, il se sera totalement réhabilité, montrant aussi qu’il est un Africain digne. Pour l’heure, face à l’histoire, il se rachète. L’homme se fait réellement du souci pour l’Afrique. Il caresse aussi de grands projets à son endroit. Car ce continent ne doit pas reposer sur ses immenses richesses, mais surtout sur sa gouvernance. Aujourd’hui, à deux pas des capitales africaines, on meurt de faim, de soif et de maladies à cause de la mal gouvernance. Il est temps que les choses changent au profit des populations.

Dans cette optique, le futur sommet de Washington ne devra pas se transformer en une tempête dans un verre d’eau. Des chefs d’Etat se croyant invulnérables, pourraient prendre la rencontre à la légère, et persister dans l’irresponsabilité. Il faudra donc savoir aller au-delà du verbe, afin que chacun se le tienne pour dit. Au besoin, sévir, menacer tous ceux qui méprisent les droits humains et la démocratie qui vise à sortir un pays de l’impasse par la mobilisation de compétences avérées, et non à améliorer le sort de ses proches.

A l’évidence, face à la boulimie du pouvoir, à l’incurie, seuls des actes forts pourront aider l’Afrique à s’en sortir.

 

« Le Pays »

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