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RENCONTRE ENTRE LE CHEF DE L’ETAT ET LES FORCES POLITIQUES ET SOCIALES EN RDC : Kabila peut-il réussir là où les évêques ont échoué ?

RENCONTRE ENTRE LE CHEF DE L’ETAT ET LES FORCES POLITIQUES ET SOCIALES EN RDC : Kabila peut-il réussir là où les évêques ont échoué ?

Une semaine après que les Evêques de la CENCO (Conférence épiscopale nationale du Congo) eurent jeté la soutane, entendez par là qu’ils ont mis fin à leur médiation, toute la République démocratique du Congo (RDC) est suspendue aux lèvres du président Joseph Kabila. C’est à lui donc que revient la lourde responsabilité de trouver une solution à la crise née de sa volonté de rester au pouvoir à l’issue de son deuxième et dernier mandat constitutionnel. Alors, deux scénarii sont envisageables. Soit Kabila épargne la RDC du chaos qui la guette à travers un sursaut patriotique inattendu, soit il dresse le bûcher contre son pays déjà en proie à toutes sortes de violences, en restant sourd à la clameur qui monte. On attend de voir puisque le chef de l’Etat, après sa rencontre avec les prélats, le 28 mars dernier, avait promis de s’adresser incessamment aux Congolais par le truchement des deux chambres du Parlement réunies en Congrès. Mais avant, il a initié une série de rencontres avec les différentes forces politiques et sociales. Hier, 3 avril, il a reçu, en effet, la majorité présidentielle. Pendant ce temps, l’opposition, réunie au sein du Rassemblement, annonce une série d’actions de rue afin d’exiger l’application de l’accord politique du 31 décembre 2016. Du reste, en attendant les manifestations publiques prévues du 10 au 24 avril prochain, l’opposition a annoncé la couleur avec la Journée ville morte d’hier qui a été très largement suivie. Car, à Kinshasa la capitale, tout comme à Lubumbashi la ville minière, il n’y avait pas d’embouteillages comme à l’accoutumée. En tout cas, même si le président Kabila s’est voulu rassurant en affirmant que le blocage actuel dans la mise en œuvre de l’accord politique de la Saint-Sylvestre, ne signifiait « aucunement une rupture définitive et que les échanges allaient se poursuivre », le risque est grand de voir la RDC aller à vau-l’eau, tant les positions sont très tranchées. En témoignent les incidents qui ont émaillé la journée ville morte.

Les dictateurs ne savent pas lire les signes des temps

Cela dit, on imagine difficilement, Kabila en tant que juge et partie, réussir là où les évêques ont échoué. A moins qu’il ne s’agisse là d’une démarche visant à gagner du temps pour in fine avoir tout le monde à l’usure. C’est du déjà vu en Afrique. Car, avant Joseph Kabila, ce fut le cas au Burkina Faso, où Blaise Compaoré alors président, qui tenait à modifier l’article 37 de la Constitution pour s’ouvrir un boulevard à vie, s’était, entre-temps, érigé en médiateur entre l’opposition et la majorité et cela, après le constat d’échec fait par les médiateurs essentiellement composés de sages (un ancien chef d’Etat et des religieux). La suite, on la connaît. De meetings en meetings et de marches en contre-marches, Blaise Compaoré qui se croyait indéboulonnable a été chassé en plein midi par une rue en colère. Kabila est aussi dans la même logique. Il ne quittera pas le palais de Kinshasa, s’il n’y est pas contraint. C’est le destin de tous les dictateurs. Ils ne savent pas lire les signes des temps. Et même quand ils les lisent, ils les interprètent en leur faveur jusqu’au jour où ils se retrouveront groggy à cause de leurs propres turpitudes.

B.O

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