RENFORCEMENT DE LA LEGISLATION PUNISSANT LES RELATIONS COUPABLES ENSEIGNANT / APPRENANTE MINEURE

RENFORCEMENT DE LA LEGISLATION PUNISSANT LES RELATIONS COUPABLES ENSEIGNANT / APPRENANTE MINEURE

Un durcissement en phase avec les idéaux de l’éducation

L’Assemblée nationale vient de toiletter le Code pénal en vigueur au Burkina Faso. Outre la suppression de la peine de mort qui y a été adoptée, et à propos de laquelle chacun y va de son commentaire, l’on peut retenir un durcissement de la législation punissant les relations coupables enseignant/apprenante mineure. Il faut dire qu’avant ce tour de vis, une loi existait qui punissait d’un d’emprisonnement de 5 à 10 ans, toute personne reconnue coupable de viol sur une autre placée sous son autorité. Sans le dire de manière explicite, cette loi prenait en compte la situation des élèves sexuellement abusées par les enseignants indélicats. Mais cette fois-ci, la loi a pris en compte, de façon spécifique, les cas d’abus sexuels en milieu scolaire. Ainsi, les enseignants qui s’autoriseront désormais des droits de cuissage sur des élèves mineures, s’exposent à de graves sanctions. A cela, il faut ajouter des peines d’emprisonnement à la hauteur du forfait et une condamnation à payer une amende. Si à propos de la suppression de la peine de mort, certains Burkinabè, à tort ou à raison, ont pointé du doigt une mesure taillée sur mesure, il est difficile, voire indécent d’en dire autant en ce qui concerne le renforcement de la législation punissant les relations
coupables enseignant/apprenante mineure.
Car, comme le dit un adage de chez nous, « quand quelque chose est juste, la tête acquiesce d’elle-même ». Personne ne peut douter que c’est le cas de cette mesure. Et les faits parlent d’eux-mêmes. En effet, le nombre d’enseignants qui s’adonnent à de telles bassesses, croît de manière exponentielle. Et les médias, chaque année que Dieu fait, relaient des informations dans ce sens. Le cas le plus récent fait état d’un professeur qui a réussi le tour de force d’enceinter plusieurs élèves de la même localité. Pour un acte bestial, c’en est véritablement un. Et ces genres de cas ne sont pas rarissimes. Seulement, certains d’entre eux se passent dans l’anonymat.

Les syndicats des enseignants ont leur partition à jouer

La honte du charognard étant la honte de toute la gent ailée, certains chefs d’établissement peuvent, en effet, être tentés de gérer en interne des cas d’abus sexuels sur mineures, de professeurs de leur établissement. Et dans le contexte culturel de notre pays, bien des parents dont les enfants ont été victimes de cette irresponsabilité, peuvent être disposés à ruminer leur peine dans la discrétion. Résultat, les personnes qui paient un lourd tribut à ces actes bestiaux, sont les victimes. Dans le meilleur des cas, elles s’en tirent avec une scolarité brisée à jamais. Dans le pire, elles s’en tirent avec une vie brisée, puisque certaines d’entre elles sont chassées de leurs familles respectives comme des pestiférées. Et pourtant, elles sont innocentes. S’il y a quelqu’un qui doit payer, c’est la personne adulte qui s’est assise sur l’éthique de la profession d’enseignant pour donner libre cours à ses pulsions sexuelles. Il doit d’autant plus le faire qu’en plus de son rôle de transmettre le savoir et le savoir-faire, la société lui a donné mandat, peut-on dire, de façonner ses apprenants, selon un savoir-être. C’est pourquoi d’ailleurs, le métier d’enseignant est perçu comme la plus noble des professions. De ce point de vue, l’Assemblée nationale peut être félicitée pour avoir posé un acte en phase avec les idéaux de l’Education. Pédagogiquement d’ailleurs, cette mesure se justifie. Car, aimer les enfants, comme le professent les tenants de la pédagogie moderne et de l’Ecole nouvelle, ne signifie nullement les aimer au point de verser dans la pédophilie. C’est un crime qui doit être puni comme tel. Il revient à chaque Burkinabè d’aider à l’enracinement de cette mesure. Tout le monde est donc interpellé. De ce point de vue, les syndicats des enseignants, qu’ils soient du primaire ou du post-primaire, ont leur partition à jouer pour aider l’Etat à traquer les partisans de l’adage selon lequel « le mouton broute là où il est attaché ». Au nom de cet adage, qui ne peut pas s’appliquer aux hommes parce que ceux-ci sont dotés de conscience, des enseignants se sont érigés en redoutables prédateurs.
Malheureusement, leurs proies sont des êtres vulnérables et immatures, donc incapables de leur opposer une résistance. Moralement et pédagogiquement, c’est tout simplement un acte répugnant, qui doit être châtié comme tel. Du reste, celui qui aime bien, comme le dit le poète, doit également bien châtier.

Sidzabda

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