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RENONCEMENT DE LA GAMBIE A QUITTER LA CPI : Un camouflet pour Yahya Jammeh

RENONCEMENT DE LA GAMBIE A QUITTER LA CPI : Un camouflet pour Yahya Jammeh

La Gambie ne quittera pas la Cour pénale internationale (CPI). Elle se considère comme un Etat-partie du traité de Rome et continuera à remplir ses obligations en tant que nouveau gouvernement engagé dans la promotion des droits humains, la démocratie, la bonne gouvernance et le respect de l’Etat de droit. Ainsi en ont décidé les nouvelles autorités gambiennes qui entendent ainsi mettre fin à la procédure de retrait de leur pays de la juridiction internationale initiée par l’ex-président, Yahya Jammeh. « Le gouvernement gambien a informé le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, en sa qualité de dépositaire du statut de Rome (instituant la CPI) de sa décision d’interrompre le processus de retrait de cette organisation initié en novembre 2016 », indique un communiqué lu sur les antennes de la Télévision gambienne. Pour un camouflet, c’en est pour l’ex-président gambien qui, après avoir tenté en vain d’amener la CPI à poursuivre les pays européens pour la mort de nombreux migrants africains, en Méditerranée, l’accusait « de persécution envers les Africains en général et leurs dirigeants en particulier ». La suite, on la connaît. Car, à l’instar du Burundi et de l’Afrique du Sud, Jammeh avait acté la procédure de retrait de son pays de ladite juridiction internationale pourtant dirigée par sa compatriote, en la personne de Fatou Bensouda, par ailleurs ex-ministre de la Justice de la Gambie. L’indignation, on se rappelle, était à son comble ; tant cette décision a donné le tournis à plus d’un. Mais comment pouvait-il en être autrement, quand on sait que l’ego surdimensionné de Jammeh n’avait d’égale que sa satrapie dont il s’en délectait d’ailleurs avec suffisance à chaque sortie médiatique ?

Le grand exilé de Malabo n’est pas encore sorti de l’auberge

Alors, maintenant que la Gambie a décidé de réintégrer la CPI, quelles peuvent en être les conséquences ? Cela suppose-t-il que l’ex-dictateur pourrait, tôt ou tard, y répondre des faits de violation massive des droits de l’Homme à lui reprochés ? Rien n’est moins sûr. Ce d’autant plus que des voix s’élèvent, de plus en plus, pour dire que l’accord ayant permis d’obtenir le départ de Jammeh du pouvoir ne saurait lui consacrer l’impunité. C’est dire que le grand exilé de Malabo n’est pas encore sorti de l’auberge. Après les lambris et les délices du pouvoir, il pourrait, sait-on jamais, subir le même sort que Charles Taylor, Hissène Habré et Laurent Gbagbo, tous aujourd’hui rattrapés par leur passé. Certes, pour l’heure, Jammeh peut se gargariser du soutien des autorités équato-guinéennes qui lui ont offert gîte et couvert, mais la roue de l’histoire tourne parfois si vite que l’on ne peut jurer de rien. Si fait que ce qui n’est pas possible ou envisageable aujourd’hui, pourrait l’être demain. Jammeh est donc prévenu. Il doit savoir choisir ses destinations, au risque de se faire alpaguer comme un galapiat. Quant au président Adama Barrow, en décidant d’intégrer à nouveau la CPI, il aura tenu une promesse de campagne, marquant ainsi sa volonté de rompre avec l’ordre ancien caractérisé par 22 années de dictature. C’est tout à son honneur !

B.O

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