RENONCEMENT DE PAUL BIYA A BATTRE CAMPAGNE EN AMBAZONIE

RENONCEMENT DE PAUL BIYA A BATTRE CAMPAGNE EN AMBAZONIE

 Une faute morale !

La campagne électorale pour la présidentielle camerounaise, prévue le dimanche 7 octobre prochain, a pris fin hier mercredi. S’il faut s’attendre à une réélection certaine du président candidat, Paul Biya, ce qui surprend, c’est que ce dernier a renoncé à battre campagne dans la région anglophone, notamment en Ambazonie, du nom de l’Etat que les séparatistes armés entendent créer. Attendu le mardi 2 octobre dans cette partie du Cameroun plutôt en proie aux velléités sécessionnistes, il n’y est pas allé. Aucun des candidats, d’ailleurs, n’a fait le déplacement de l’Ambazonie durant toute la campagne. Ce qui donne l’impression que cette partie anglophone est un no man's land. Mais à la différence des autres prétendants au fauteuil présidentiel, Paul Biya est avant tout le président du pays, et à ce titre, il est l’incarnation de l’Etat et de l’unité du Cameroun. Si l’excuse peut être trouvée pour les autres challengers qui ont peut-être craint pour leur sécurité en allant vendre leurs projets de société à ces Anglophones du Cameroun qui vivent plutôt dans la terreur depuis un certain temps, le président candidat, lui, il devrait s’y contraindre de le faire. Non pas pour la pêche des voix, mais plutôt pour rassurer ses compatriotes vivant dans cette partie du pays de la présence de l’Etat à leurs côtés. Cela dit, en renonçant à aller à la rencontre de cette population anglophone, Paul Biya commet une faute morale.

Pouvait-il en être autrement quand on sait qu’il est le principal responsable de la dégradation sécuritaire dans cette anglophone ? De sa trentaine d’années au pouvoir, c’est peu de dire que l’octogénaire camerounais a définitivement frappé  d’ostracisme cette zone anglophone. Cette mise en quarantaine qui ne dit pas son nom, n’a fait qu’exacerber et renforcer les velléités indépendantistes de la population de cette zone. En tous les cas, l’on peut se demander à quoi sert d’organiser une présidentielle en ignorant une partie de la population ? C’est dire si le scrutin du 7 octobre est potentiellement lourd de conséquences pour le Cameroun. Le renoncement de Biya à se rendre en Ambazonie ne va certainement manquer d’apporter de l’eau au moulin des séparatistes qui risquent d’ailleurs d’interdire la présence de bureaux de vote dans cette zone.

Drissa TRAORE

 

 

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