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REOUVERTURE DES FRONTIERES ENTRE LA GAMBIE ET LE SENEGAL : Jammeh peut enfin respirer  

REOUVERTURE DES FRONTIERES ENTRE LA GAMBIE ET LE SENEGAL : Jammeh peut enfin respirer   

 

S’achemine-t-on vers une normalisation des relations entre le Sénégal et la Gambie ? C’est la question que plus d’un se pose après la réouverture, hier, 23 mai 2016, de la frontière entre les deux pays liés par l’histoire et la géographie. En effet, la décision unilatérale de Banjul d’augmenter le prix de la traversée des gros camions de 4 000 à 400 000 F CFA, avait provoqué l’ire de Dakar qui avait imposé un blocus à ses frontières. Après près de trois mois de blocage avec toutes les conséquences qui en ont découlé, les autorités des deux pays avaient décidé de négocier. Cette réouverture des frontières est sans doute le fruit de ces négociations entamées depuis dix jours à Dakar, non sans garanties. Car, on le sait, en réaction à la volonté de Banjul de voir rouvertes rapidement les frontières, le Sénégal, qui était d’ailleurs en position de force, avait imposé une feuille de route à son vis-à-vis, portant, entre autres, sur la construction du pont sur le fleuve Gambie et la coopération judiciaire ou encore la pêche. Comme quoi, à quelque chose, malheur est bon. Yaya Jammeh a joué et il a perdu. C’est le moins que l’on puisse dire. Ce d’autant plus que ce Jammeh, connu pour ses lubies et ses rodomontades, n’allait jamais reculer s’il n’était pas à l’étroit. A bon chat, bon rat. Car il a fallu un blocage de quelques mois seulement pour que le dictateur commence à crier à l’asphyxie économique, au point de porter plainte contre son voisin auprès de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).

Macky Sall doit se montrer ferme, en allant jusqu’au bout de sa logique

Les conséquences instruisant mieux que les conseils, on imagine bien que pour rien au monde, Jammeh ne se permettra encore pareille désinvolture qui, dans le cas d’espèce, allait même à l’encontre des règles qui régissent le commerce international.  En tout cas, Macky Sall doit se montrer ferme, en allant jusqu’au bout de sa logique, quand on sait que le maître de Banjul est loin d’être un enfant de chœur. Pour ce faire, il devra exiger des accords clairs et acceptés de tous lors des prochaines négociations prévues pour se tenir en juillet prochain, étant donné qu’il s’agit là désormais d’une question d’intérêts. C’est à ce prix qu’il pourra ramollir Yaya Jammeh qui en fait parfois tout à sa tête. En fait, voilà deux hommes que tout oppose. D’un côté, on a un bidasse  parvenu au pouvoir à la faveur d’un coup d’Etat et qui, au fil des ans, s’est mué en un dictateur redoutable dont les désirs valent lois. Yaya Jammeh totalise 20 ans au pouvoir et n’est toujours pas prêt à larguer les amarres. De l’autre côté, il y a Macky Sall,  un intello issu des grandes écoles sénégalaises bien au fait des fondamentaux des relations internationales et qui, cerise sur le gâteau, est arrivé au pouvoir par les urnes. Démocrate bon teint, Macky Sall, n’eût été le refus du peuple sénégalais, avait même provoqué l’étonnement en cherchant à réduire la durée de son mandat présidentiel de 7 à 5 ans et ce, au moment même où bien des chefs d’Etat du continent cherchent à tout prix à s’accrocher à jamais au pouvoir.

B.O.

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