REPRISE DE LA PRESIDENTIELLE KENYANE : Ça coince déjà !  

REPRISE DE LA PRESIDENTIELLE KENYANE  : Ça coince déjà !   

 

Comme si les analystes ne l’avaient pas si bien dit, au Kenya, le plus dur reste à venir après l’invalidation de l’élection présidentielle. Et la sortie médiatique de l’opposant historique, Raïla Odinga, hier mardi 5 septembre, posant des préalables à sa participation à la reprise de la présidentielle ne fait qu’apporter de l’eau au moulin de ceux qui pensent que le pays entrait dans une zone d’incertitudes depuis le coup de tonnerre du 1er septembre 2017. On le sait, depuis la décision dite historique de la Cour suprême d’invalider la présidentielle du 8 août dernier pour des irrégularités suite au recours introduit par Odinga, lui et son principal challenger, le président sortant Uhuru Kenyatta, se sont laissés aller à des invectives et  chacun tient son ‘’coupable’’ ayant conduit à la situation actuelle. Si le président Kenyatta est furieux contre David Maraga, président de la Cour suprême qui a eu le ‘’culot’’ d’invalider une élection à laquelle la Commission électorale (IEBC) l’a donné vainqueur, l’opposant Odinga, lui, ne décolère pas contre ladite Commission électorale et surtout son directeur, Ezra Chiloba. Un état de fait qui commençait à cristalliser les passions, et voilà que Odinga semble en remettre une couche avec sa sortie d’hier pour conditionner sa participation au nouveau scrutin présidentiel programmé le 17 octobre prochain.

Il y a lieu de retenir son souffle pour le Kenya

Une élection ouverte à tous les candidats, la démission de certains agents électoraux dont le premier responsable, Chiloba, un audit complet du système informatique de l’IEBC, un report éventuel de la date de cette nouvelle élection. Ce sont là, entre autres, des conditions que pose Raïla Odinga à sa participation au prochain scrutin. C’est dire si ça coince déjà pour la reprise sereine de cette présidentielle, disons-le, de tous les dangers. Même s’il faut craindre que l’opposant historique ne tire trop sur la corde, il faut reconnaître que ses revendications sont assez légitimes, notamment sur la crédibilité de la Commission électorale et son système informatique. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, il apparaît tout de même inélégant que cette même Commission électorale dont le travail a été jugé irrégulier par les Sages, reste en l’état pour organiser encore la reprise de la présidentielle du 17 octobre prochain, une date qui aurait d’ailleurs été prise sans consulter l’opposition. Mais quand on connaît  la position du président Kenyatta sur cette Commission électorale qu’il n’a de cesse de cajoler,  il y a lieu de retenir son souffle pour le Kenya.

Drissa TRAORE

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