RESOLUTION DES CONFLITS : BLM sème la graine de la paix

RESOLUTION DES CONFLITS :  BLM sème la graine de la paix

Du 9 au 11 juin 2017, la structure « International négoce » devenue le « Groupe BLM », a organisé une conférence internationale sur le thème : « Tolérance religieuse, management de conflit et paix ». Ladite conférence s’est déroulée à Bamako au Mali, où des leaders religieux, des acteurs de la société civile se sont retrouvés pour aborder des sujets relatifs au processus de paix au Mali, la montée de l’extrémisme et les conséquences humanitaires de la crise malienne. Des modules  portant sur comment parvenir à la paix ou comment mener une conversation difficile, ont aussi été servis aux participants. 

Les conflits ne naissent pas du néant et quand ils éclosent, il faut trouver les voies et moyens pour les éteindre  dans les cœurs des protagonistes. Et BLM en a fait son cheval de bataille. C’est la raison pour laquelle la structure a organisé une conférence internationale au Mali, qui a permis aux participants de suivre des modules qui ont pour objectif de les engager dans une dynamique de paix et de tolérance religieuse. Comme il fallait s’y attendre, le conflit au Nord-Mali a été au cœur des débats. En effet, le Professeur (Pr)  Mamadou Samaké, analyste politique, s’est étendu sur le thème « Processus de paix au Mali : difficultés et perspectives ». Pr  Samaké a affirmé que « deux ans après la signature de l’Accord d’Alger, ( mai et juin 2015),  le processus de mise en  œuvre de l’Accord  connaît certes des avancées, mais est confronté à des difficultés », compte tenu du fait qu’en signant l’Accord d’Alger, chacune des trois parties signataires a émis des réserves. Il explique : « Le Gouvernement souhaitait que le processus de mise en œuvre de l’Accord commence par le désarmement et le cantonnement des groupes rebelles. Les deux autres parties signataires (la Plateforme et la Coordination des Mouvements de l’Azawad (CMA)  voulaient que les mesures politiques et institutionnelles nécessaires à la mise en œuvre de l’Accord soient d’abord prises ». Toute chose qui a retardé la mise en œuvre de l’Accord. Chose aggravante, Pr Mamadou Samaké a souligné, au cours de sa communication, que  la situation sécuritaire s’est dégradée d’une manière générale par la multiplication des attaques et des attentats aussi bien sur le territoire malien que sur la frontière Burkina – Mali. En termes de perspectives, Pr Mamadou Samaké a fait comprendre que  les défis se résument à l’amélioration de la situation sécuritaire au plan national. Pour ce faire, « avec la mise en place prochaine des autorités intérimaires dans les régions nord, l’Etat doit accélérer le processus de retour des FAMAS, de l’administration et des services sociaux de base  sur l’ensemble du territoire ». Et  Pr Samaké d’ajouter que le 9 juillet prochain, date du référendum constitutionnel, sera l’occasion de tester la sincérité de la CMA quant à la mise en œuvre du mécanisme opérationnel conjoint à Kidal, pour assurer la sécurité des autorités intérimaires et le retour de l’Administration et des services sociaux de base à Kidal.

La Conférence internationale de Bamako qui s’est tenue les 9, 10 et 11 juin derniers a permis aux participants de connaître les « conséquences humanitaires de la crise malienne, impact sur le développement, l’éducation et l’autosuffisance alimentaire », thème traité par Pr Samaké. Docteur Mahamoudou Ouédraogo, quant à lui, a fait une communication sur le thème : « Place de la communication dans la survenue et la gestion de crise ». Sa seconde intervention a porté sur « origine et évolution de la crise touareg ».  « La communauté musulmane malienne face à la montée de l’extrémisme » et « la communauté chrétienne face à la montée de l’extrémisme » sont des thèmes qui ont  été respectivement traités par Mamadou Sidibé et le Pasteur Noug Ag Infa Yattara. Mamadou Kimbri a aussi fait une communication sur : « islam et terrorisme : que dit le Coran ? ». « L’identité Touareg » a été abordée par Almougamar Ag Agaly.  Ouézen Louis Oulon, Directeur général de BLM, quant à lui, a aussi fait deux communications portant sur comment « parvenir à la paix » et les « conversations difficiles ».

Après 72 heures de travaux, les participants ont apprécié tous les modules qui ont été dispensés. Et chaque participant a eu droit à une attestation. De concert, les participants ont remercié le groupe BLM et ont invité son Directeur général à élargir la formation à un plus grand nombre d’acteurs. Des doléances que Ouézen Louis Oulon a notées. Tout compte fait, il a mentionné que « la question du conflit au Mali n’est plus l’apanage du Mali, parce que toute la sous-région est interpellée par cette situation. C’est pour cette raison que depuis un certain temps, nous mobilisons des leaders qui peuvent ou qui ont un point de vue à donner ou des actions à entreprendre, pour qu’ils viennent s’asseoir à l’école de la diplomatie publique ». En termes de perspectives, Ouézen Louis Oulon compte mettre le cap sur la Mauritanie pour « essayer de mettre une fleur au bout du canon ».

Françoise DEMBELE, de retour de Bamako

 

Dr Mahamoudou Ouédraogo

« Les frontières héritées de la colonisation ne sont pas un rempart contre les phénomènes terroristes »

« Lorsque Monsieur Louis Oulon a décidé de faire ces séries de conférences dans plusieurs pays dont le Niger et le Mali, il a souhaité mon accompagnement et j’ai accepté parce que c’est positif. Le développement ne peut pas se faire sans formation et les pays les plus développés sont les pays où les gens sont les mieux formés au monde. Les questions qui sont traitées lors de ces séminaires, sont des questions essentielles parce que ce sont des questions de stabilité et il n’y a pas de paix sans stabilité. Personnellement, je fais partie de ceux qui pensent que les frontières héritées de la colonisation ne sont pas un rempart contre les phénomènes terroristes. La preuve, nous voyons ce que le Nord du Burkina vit. Qui aurait pensé à cela, il y a dix ans. Cela veut dire que l’on peut connaître pire. Si le Mali tombe, comme la théorie des dominos, d’autres pays vont suivre. Si l’on résoud  la question Touareg au Mali, c’est une bonification pour la résolution totale du problème dans toute la sous-région. »

 

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