RESULTATS DU 1ER TOUR DES LEGISLATIVES EN MAURITANIE

 RESULTATS DU 1ER TOUR DES LEGISLATIVES EN MAURITANIE

Abdel Aziz s’ouvre un boulevard pour un 3e mandat

Sauf cataclysme électoral au second tour, l’on s’achemine vers une Assemblée nationale mauritanienne dominée par le parti présidentiel, l’Union pour la république (UPR). En tout cas, les résultats du 1er tour des législatives livrés le samedi 8 septembre dernier, indiquent clairement que l’hémicycle aura la dominante coloration bleue (couleur de l’UPR) eu égard au nombre de sièges (67 sur 157) remportés par le parti au pouvoir, dès le premier tour. Ainsi, l’UPR distance de très loin l’opposition qui ne remporte que 31 sièges dont 14 pour les islamistes du parti Rallye national pour la réforme et le développement (Tawassoul). Même si ce n’est pas encore la majorité confortable pour le parti présidentiel, ce dernier part encore favori pour l’entre-deux-tours, d’autant que ses candidats sont majoritairement en ballotage favorable. Il reste une soixantaine de sièges à conquérir pour le second tour qui se tient le 15 septembre prochain. Et l’opposition radicale qui a commencé à ruer dans les brancards depuis l’annonce des résultats du premier tour, en dénonçant « une mascarade électorale », n’entend pas, pour autant, être un laissé-pour-compte. Ainsi, l’opposition radicale veut fricoter avec les islamistes de Tawassoul, bien positionnés dans certaines circonscriptions électorales, pour tenter de réduire l’écart avec la majorité présidentielle.

En attendant la tenue du second tour pour avoir une idée nette de la redistribution des cartes, on peut dire que pour l’heure, c’est le chef de l’Etat, Mohamed Ould Abdel Aziz, qui se frotte les mains ; lui qui, depuis un certain temps, affichait des velléités de tripatouillage de la Constitution avant de tomber le masque en faisant savoir à ses compatriotes qu’il briguera un troisième mandat, à condition que ses compatriotes donnent la majorité parlementaire à son parti.

Abdel Aziz usera de tous les moyens pour assouvir sa forfaiture

La cause semble entendue, eu égard aux résultats de ce premier tour. On le voyait venir avec cette histoire de réformes institutionnelles tous azimuts, qui avaient fini par convaincre les plus avisés de ses intentions inavouées. Pour le moins, le président Abdel Aziz usera de tous les moyens pour assouvir sa forfaiture. Il appartenait à l’opposition de profiter de ces législatives pour briser le rêve du dictateur. Mais elle semble avoir raté le coche. Abdel Aziz s’ouvre donc un boulevard pour un 3e  mandat. Rien ne pourrait encore l’arrêter. Il ne faut surtout pas que cette opposition qui a longtemps louvoyé avant de se décider à participer à ces élections, compte sur la communauté internationale, notamment la France et les Etats-Unis d’Amérique, pour faire partir le président Aziz. Car, ce qui a été possible au Burundi, au Rwanda, au Tchad, en Ouganda-et qui est en passe de l’être dans d’autres pays-se fera aussi sans coup férir en Mauritanie. Surtout qu’Ould Abdel Aziz s’est rendu utile à la France et aux USA en se portant à l’avant-garde de la guerre contre le terrorisme au Sahel. Même s’il n’a jamais daigné envoyer au Mali voisin de militaires mauritaniens dans le cadre de la force Serval (devenue Barkhane), il est considéré comme l’un des initiateurs du G5 Sahel sur lequel Paris fonde ses espoirs de se retirer, avec dignité, de la « guerre des tranchées » qu’elle mène au nord du Mali depuis 2012.

Drissa TRAORE  

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