RESULTATS PROVISOIRES DU SECOND TOUR DE LA PRESIDENTIELLE AU MALI

RESULTATS PROVISOIRES DU SECOND TOUR DE LA PRESIDENTIELLE AU MALI

 Le grand chef des Blancs a déjà validé !

C’est, en principe aujourd’hui, 20 août 2018,  que la Cour constitutionnelle annoncera les résultats définitifs du second tour de la présidentielle malienne. Sauf tremblement de terre, elle devra confirmer la victoire du président sortant, Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), qui, du reste, reçoit, de toutes parts, les félicitations de ses pairs du continent et d’ailleurs. A preuve, même le grand chef des Blancs, en l’occurrence Emmanuel Macron, s’est empressé de féliciter le nouvel ancien président, dès l’annonce des résultats provisoires par le ministère malien de l’Administration territoriale. Ce qui n’est pas rien, quand on sait l’ascendant que la France a sur ses anciennes colonies en Afrique. En tout cas, pour certains observateurs, s’empresser de féliciter un chef d’Etat élu ou réélu sur la base de résultats provisoires qui, au demeurant, font l’objet de contestations, n’est ni plus ni moins qu’une manière de lui apporter sa caution. En clair, avant même la proclamation officielle des résultats définitifs par la Cour constitutionnelle, Emmanuel Macron les avait déjà validés au grand dam de Soumaïla Cissé qui continue de ruer dans les brancards. Franchement, on ne le  dira jamais assez, cette manière de faire, paraît pour le moins déplacée, tant  elle manque d’élégance. Certes, comparaison n’est pas raison, mais qu’adviendra-t-il si, par extraordinaire, la Cour constitutionnelle venait à invalider les résultats provisoires proclamés par le ministère malien de l’Intérieur comme ce fut le cas au Kenya où les grands juges avaient pris leurs responsabilités en prononçant l’annulation et ordonnant la reprise, dans les délais impartis, du scrutin présidentiel du 7 août 2017 ?

La communauté internationale gagnerait à attirer l’attention de IBK sur les risques que pourrait encourir le Mali

Sans doute Macron et ses homologues africains qui lui ont emboité le pas seront-ils gênés aux entournures, pour ne pas dire coincés dans leurs petits souliers. Or, la prudence, dans le cas d’espèce, aurait voulu qu’ils attendissent le verdict ou le dernier mot des institutions habilitées à le faire, pour se prononcer. Les choses n’ayant pas été faites dans les règles de l’art, on ne peut que comprendre l’amertume des partisans de Soumaïla Cissé qui, visiblement très remontés, n’ont pas manqué de lancer cette phrase sarcastique : «Ceux qui acceptent de féliciter les voleurs sont aussi de gros voleurs ». Vrai ou faux ? Difficile pour un non voleur de répondre à cette question. En tout cas, plutôt que de se contenter de congratuler IBK pour sa victoire, la communauté internationale gagnerait à attirer l’attention de celui-ci sur les risques que pourrait encourir le Mali si ce qui ressemble déjà à une crise post-électorale, venait à s’inscrire dans la durée. On a vu déjà la foule immense que le candidat malheureux a mobilisée, le 18 août dernier à Bamako, à l’effet de dénoncer des résultats issus du « bourrages d’urnes » pour reprendre l’expression de Soumaïla Cissé. En tout état de cause, il faut souhaiter que les dieux africains des scrutins électoraux, fassent faire au Mali l’économie du drame kényan.

Boundi OUOBA

 

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