REVENDICATIONS DES DEMOBILISES SUR FOND DE MENACES EN RCI : ADO va-t-il encore casser la tirelire ?  

REVENDICATIONS DES DEMOBILISES SUR FOND DE MENACES EN RCI : ADO va-t-il encore casser la tirelire ?   

 

A une semaine seulement de l’ouverture des Jeux de la Francophonie à Abidjan en Côte d’Ivoire, l’atmosphère sociopolitique est en pleine ébullition. En effet, suite au blocage du corridor Nord de la ville de Bouaké, le 9 juillet dernier, par d’anciens rebelles que l’on appelle les « démobilisés », il s’en est suivi une série d’arrestations. Au total, 4 personnes ont été interpellées et incarcérées dans l’attente de leur procès. Il s’agit du président et du porte-parole et deux autres démobilisés à qui le gouvernement promet des sanctions à la hauteur de leurs actes pour ne pas dire de leur insubordination. En tout cas, pour les autorités ivoiriennes, l’heure est venue de siffler la fin de la recréation, si fait qu’elles n’entendent pas élargir les ex-combattants écroués à la prison civile de Bouaké pour éviter, disent-elles, que les mêmes causes produisent les mêmes effets. Morceau choisi : « Nous sommes dans un Etat de droit. Quand une faute est commise, elle est sanctionnée comme dans tous les Etats de droit. Et c’est ça qui évite la répétition de la faute », a martelé le porte-parole du gouvernement en la personne de Bruno Koné. Voilà donc qui risque d’envenimer un tant soit peu la situation en Côte d’Ivoire puisque les démobilisés, eux, n’entendent pas non plus baisser les bras, et menacent même de perturber la tenue des Jeux de la Francophonie qui auront, en principe, lieu du 21 au 30 juillet prochain. Seulement, le hic ici, c’est que les ex-combattants, en abattant ainsi leurs cartes, ont très peu de chances de pouvoir atteindre leur objectif. Car, comme on le sait, les autorités n’hésiteront pas à sortir l’artillerie lourde pour parer à toute éventualité. Cela dit, il faut savoir raison garder.

Les démobilisés semblent bénéficier du soutien de leurs anciens camarades d’armes intégrés dans l’armée

Car les revendications des démobilisés, même si l’on reconnaît qu’elles sont maximalistes (18 millions de F CFA pour chacun pour un nombre estimé à 6 000), sont très loin d’être fantaisistes. C’est pourquoi, plutôt que de faire dans la répression, le président Alassane Dramane Ouattara (ADO) doit user de tact. Car, il faut le dire, c’est lui qui a ouvert la boîte de Pandore, en cassant la tirelire pour répondre aux revendications des soldats mutins et ce, en « un temps deux mouvements », comme aiment à le dire les Ivoiriens. Opposer donc la force aux ex-combattants, c’est courir le risque de voir se constituer une nouvelle rébellion, dans un contexte marqué par une circulation incontrôlée des armes en Côte d’Ivoire ; notamment dans sa partie septentrionale. A preuve, il n’y a pas très longtemps, une cache d’armes avait été découverte au domicile d’un proche de l’actuel président de l’Assemblée nationale, Guillaume Soro. Et qui dit qu’il n’en existe pas d’autres qui, jusque-là, échappent au contrôle des autorités et dont les  ex-combattants pourraient se servir si on les pousse à « la légitime défense ». Cela est d’autant plus probable que les démobilisés, jusque-là, semblent bénéficier du soutien de leurs anciens camarades d’armes intégrés dans l’armée et qui, à ce qu’on dit, se refusent parfois à réprimer le mouvement, en dépit des ordres de la hiérarchie militaire. Alors, attention !

Boundi OUOBA

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