HomeA la uneRevirement de Yahya Jammeh : La Gambie n’est pas sortie de l’auberge

Revirement de Yahya Jammeh : La Gambie n’est pas sortie de l’auberge


 

 

Spectaculaire et abracadabrantesque ! C’est en ces termes que l’on peut qualifier l’attitude de celui-là que tout le monde considérait comme le futur ex-président de la Gambie. En effet, après avoir, à la surprise générale d’ailleurs, reconnu sa défaite à la présidentielle du 1er décembre dernier face à son adversaire Adama Barrow, Yahya Jammeh vient de jeter un pavé dans la mare.  Imprévisible et unique en son genre, Jammeh a décidé de rejeter les résultats qui le déclarent perdant et exige l’organisation de nouvelle élections dans des délais raisonnables. Cerise sur le gâteau, il va jusqu’à remettre en cause la neutralité de la Commission électorale qu’il a lui-même mise en place. C’est du Jammeh tout craché ! Car pour qui connait l’homme, savait qu’il n’accepterait pas aussi facilement son éviction du pouvoir. C’était trop beau pour être vrai. C’est à peine si Jammeh ne crie pas à la trahison de la part du président de la Commission électorale qui pourtant, lui avait promis son devoir d’ingratitude dès le lendemain de sa nomination. En tout cas, la Gambie n’est pas sortie de l’auberge. Et tous ceux qui avaient applaudi à l’avènement d’une alternance pacifique  dans ce pays doivent déchanter. Jammeh n’avait encore pas dit son dernier mot ; tant il est connu pour ses pantalonnades. Reste maintenant à savoir ce que compte faire la communauté internationale. Va-t-elle assister impuissante à la forfaiture de Jammeh ? On attend de voir. D’ores et déjà, le Sénégal a donné de la voix, refusant toute remise en cause de la victoire du sieur Adama Barrow. Toujours est-il qu’il faut prendre le maître de Banjul au sérieux. Il est capable de tout. C’est pourquoi il faut même craindre pour la sécurité du président élu dans un pays ou les lubies du satrape valent loi. De toute évidence, ce serait un grave précèdent si après le cas des burundais, la communauté internationale assiste impuissante à la forfaiture de Yahya Jammeh. Car plus que jamais, aucun satrape du continent, même battu dans les urnes, n’accepterait de quitter le pouvoir, Jammeh ayant montré la voie à suivre. Ainsi se comportent les dictateurs. Ils aiment s’inspirer des mauvais exemples.

B.O


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