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RISQUES D’AFFRONTEMENTS ENTRE MUTINS ET FORCES SPECIALES EN RCI :  Vers la solution du pire ?

RISQUES D’AFFRONTEMENTS ENTRE MUTINS ET FORCES SPECIALES EN RCI :  Vers la solution du pire ?

En Côte d’Ivoire, la grogne des mutins qui ne veulent pas renoncer à leurs primes, n’est pas prête de connaître son épilogue. En effet, le 15 mai dernier, ils se sont encore fait entendre par des tirs dans plusieurs camps militaires de la capitale économique, Abidjan, mais aussi à l’intérieur du pays, notamment à Bouaké et à Daloa.  Mais ce qui fait nourrir le plus de craintes, c’est l’option de la fermeté que semblent avoir adoptée les autorités, en demandant à l’armée de rétablir l’ordre.  C’est dans ce cadre que l’on signale des mouvements des forces spéciales, de la police et de la gendarmerie pour aller au devant des militaires mécontents. Mais, comment rétablir l’ordre sans qu’il n’y ait des étincelles ou que la situation ne dégénère en affrontements entre frères d’armes ? Là est toute la question. D’autant plus que les mutins ne démordent pas de leurs revendications et tiennent à leurs primes comme à la prunelle de leurs yeux, alors que leurs mouvements ont déjà fait au moins un mort et de nombreux blessés dont une demi-douzaine par balles. Comment la situation va-t-elle donc évoluer ? Bien malin qui saurait répondre à cette question tant les positions semblent tranchées.

Il faut éviter que la situation ne se transforme en règlement de comptes

Pour le moment, l’on semble privilégier la voie du dialogue pour essayer de faire entendre raison aux mutins, mais qu’en sera-t-il si de part et d’autre, l’on venait à durcir le ton ? Quoi qu’il en soit, que ce soit par la négociation ou par la force, l’armée ivoirienne risque de sortir divisée de cette crise qui ne dit pas son nom. Car, à supposer même que les mutins acceptent du bout des lèvres de rentrer dans les rangs, rien ne dit qu’à la moindre occasion, ils ne chercheront pas à avoir réparation de ce qu’ils considèrent comme un tort qu’on leur aura fait. En effet, à la lumière des événements, il est maintenant certain que  les mutins sont en désaccord total avec leurs camarades qui se sont fait passer pour leurs représentants et qui ont présenté leurs excuses au chef de l’Etat et annoncé la fin des revendications financières. Certains ne sont même pas loin de voir en l’attitude de leurs camarades une trahison, en collusion avec  les autorités pour leur ôter la nourriture de la bouche. Cela dit, avec ces nouveaux remous, l’armée ivoirienne se retrouve aujourd’hui encore à la croisée des chemins. Et il faut espérer que l’on n’en arrivera pas à la solution du pire, avec des affrontements entre frères d’armes, qui pourraient se transformer en guérilla ou même donner naissance à une sorte de rébellion larvée, avec toutes les conséquences d’instabilité que cela pourrait entraîner. Le pays d’Houphouët Boigny n’a pas besoin de cela et son armée n’a pas besoin de ces déchirures qui ne pourraient que la fragiliser, au risque de prêter le flanc aux djihadistes, au moment où toute la sous-région fait face à la menace terroriste.  En tout état de cause, il faut éviter que cette situation ne se transforme en règlement de comptes entre soldats loyalistes et ex-rebelles, car la crise de 2010 qui est encore fraîche dans les mémoires, a aussi et surtout son penchant militaire qui a laissé des stigmates profondes au sein de la Grande muette. Et si les Ivoiriens peinent tant à aller à la réconciliation, c’est que les cœurs et les esprits sont encore loin d’être apaisés. Et les risques de récupération politique de la situation, ne sont pas non plus à écarter. Surtout si le bras de fer devait se prolonger outre mesure ; ce qui pourrait entraîner un pourrissement de la situation.

L’Etat ne va-t-il pas casser la tirelire pour sauver les meubles ?

A ce propos, l’on ne peut que s’interroger sur l’opportunité de la sortie médiatique des militaires, qui a pratiquement mis le feu aux poudres. D’autant plus qu’il ne fait plus maintenant l’ombre d’un doute que cela n’a pas fait l’objet d’un consensus au sein des mutins ni même d’une consultation à la base. A quoi répondait donc un tel folklore ?  Seules les autorités ivoiriennes pourraient répondre à cette question. Mais en attendant, il faut éteindre l’incendie. Comment ? Là est la véritable question. En tout cas, le plus tôt serait le mieux. Car, en plus d’avoir un impact négatif sur l’économie et l’image du pays, cette situation crée de nombreux désagréments aux populations civiles qui ne sont pas loin d’en payer le prix fort.  En témoignent les exactions dont certaines sont victimes de la part de certains mutins qui ont sans doute franchi la ligne rouge en s’en prenant aux populations.

En tout état de cause, la Côte d’Ivoire a besoin de sortir au plus vite de cette situation, car le pays tout entier retient son souffle et semble suspendu à l’épilogue de ces mutineries qui n’en finissent pas. Et  l’on est  dans une telle situation de clair-obscur que l’on ne sait pas de quel côté va pencher la balance. L’Etat ne va-t-il pas au finish casser la tirelire pour sauver les meubles ? L’on attend de voir.

 

« Le Pays »

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