A la uneFocus

SECOND TOUR DE LA PRESIDENTIELLE MALGACHE

 

Le plus dur est à venir

Le second tour de la présidentielle malgache a eu lieu hier, 19 décembre 2018, sans couac ni anicroche. Toute la journée, si l’on en croit les observateurs nationaux et internationaux, aura été calme, puisqu’au aucun incident majeur de nature à « entacher la régularité du scrutin », n’a été enregistré. Il y aura eu plus de peur que de mal. Mais de là à croire que les vieux démons sont assoupis et que tout ira pour le mieux, il y a loin de la coupe aux lèvres car, le plus dur est à venir. Comment faire en sorte que les résultats qui sortiront des urnes, soient acceptés des deux candidats Andry Rajoelina et Marc Ravalomanana connus pour être des ennemis jurés et qui, l’un après l’autre, ont déjà fait leur preuve pour avoir, tour à tour, séjourné au palais d’Iavolocha ?

Pour rappel, Andry Rajoelina a succédé à Marc Ravalomanana à l’issue de ce que la communauté internationale avait qualifié de pronunciamiento. La suite, on la connaît. Les deux hommes ont été écartés de la course à la magistrature suprême en 2013 ; toute chose qui avait permis l’arrivée de Hery Rajonarimampiana au pouvoir, qui, à l’instar des 33 autres candidats, a été battu à plate couture dès le premier tour de la présidentielle du 7 novembre dernier.

Les Malgaches sont profondément déçus

C’est dire si l’affiche du second tour était non seulement un  duel des ex, mais avait aussi un parfum de revanche. On comprend dès lors pourquoi les Malgaches ne se sont pas bousculés devant les bureaux de vote ; beaucoup ayant profité de la journée décrétée fériée par le gouvernement pour s’offrir de petites vacances en campagne, tant et si bien que Antananarivo, en ce jour de vote, avait l’allure d’une ville fantôme. Signe de ce désenchantement qui traduit un malaise profond sur la Grande Ile : «  Les gens sont à bout de souffle, la misère à Madagascar est insoutenable et inacceptable, c’est une honte, ce n’est pas possible. Pourquoi on les fait souffrir ? Ce peuple a manqué de dirigeants  honnêtes, patriotes et humanistes. Celui qui va être choisi, je pense qu’il est conscient qu’il faut faire quelque chose. J’espère… sinon, on fait des élections pourquoi ? », a pesté un habitant du quartier d’Andavamamba. C’est donc clair. Les Malgaches sont profondément déçus si fait qu’ils  n’attendent pas grand- chose de ces deux richissimes pyromanes qu’ils ont déjà vus à l’œuvre et qui, au nom de leurs propres intérêts, sont prêts à dresser un bûcher contre la Grande Ile, comme ils l’ont déjà fait en 2001 – 2002 où la violence post-électorale avait laissé une centaine de cadavres sur le carreau. On croise donc les doigts !

B. O

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Bouton retour en haut de la page
Google+
Fermer