SEJOUR DE JOURNALISTES ET COMMUNICATEURS BURKINABE EN CHINE : Beijing et la Grande muraille telles qu’elles s’offrent à nos yeux

SEJOUR DE JOURNALISTES ET COMMUNICATEURS BURKINABE EN CHINE :  Beijing et la Grande muraille telles qu’elles s’offrent à nos yeux

Du 27 novembre au 16 décembre 2018 à Pékin, la capitale de la République populaire de Chine (RPC), une trentaine de fonctionnaires burkinabè chargés de la communication et des journalistes du privé et du public du Burkina Faso, prennent part à un séminaire de formation sur la communication et les médias. Organisé dans le cadre du renforcement des échanges et de la coopération sino-burkinabè dans le secteur des médias, ce séminaire vise à « permettre aux participants, de mieux connaître la Chine moderne et d’avoir une vision assez complète, du développement de la radio et de la télévision de Chine, dans l’époque de la fusion des médias multiples ». Plusieurs communications ont meublé l’agenda de la première semaine du séjour qui s’est achevée le samedi 1er décembre, par une visite culturelle à la Grande Muraille de Chine, à quelque 60 km de Pékin. Récit de ce qui aura marqué notre attention sur le trajet qui nous aura menés à ce patrimoine précieux de la nation chinoise et classé, depuis 1987, au Patrimoine mondial de l’Unesco, sous le numéro 438.

Sa réputation a franchi les frontières de la Chine. Et ce n’est pas un hasard si ce riche et impressionnant patrimoine culturel chinois, est classé, depuis 1987, au Patrimoine mondial de l’Unesco, sous le numéro 438. La Grande Muraille (GM) de Chine vaut bien un détour pour l’étranger qui débarque nouvellement au pays de Mao Zedong, ancien président et fondateur en 1949 de la République populaire de Chine. La Grande Muraille, une destination à ne rater sous aucun prétexte, comme le fait remarquer M. Zhixing Jiang (François pour faire plus simple, tel qu’il nous recommande de l’appeler), selon qui «si vous arrivez en Chine et que vous ne vous rendez pas sur la Grande Muraille, c’est comme si vous n’aviez pas encore mis les pieds en Chine ».  Le jeune François à la silhouette athlétique, tout comme la jeune Marion, de son vrai nom, Jiarui Cao, les deux responsables à la formation, sont ceux qui, tout au long de notre séjour, auront été d’un précieux secours pour nous, dans la facilitation de notre séjour de francophones ne comprenant pas un traître mot du chinois mandarin. Ce jour, 1er décembre 2018, dans le bus qui embarque notre délégation avec à sa tête le Directeur de cabinet du ministre burkinabè en charge de la Communication, Adama Coulibaly, à destination de la GM, notre guide chinois du jour, qui, lui, a pour nom d’emprunt, Thomas, est debout, micro en main. Ce dernier nous raconte l’histoire de la Grande Muraille, un ensemble de fortifications militaires chinoises construites, détruites et reconstruites plusieurs fois et à plusieurs endroits entre le IIIe siècle av. J.-C et le XVIIe siècle, pour marquer et défendre la frontière nord de la Chine.

La structure architecturale la plus importante jamais construite par l’Homme

C’est, à ce qu’on dit, la structure architecturale la plus importante jamais construite par l’Homme à la fois en longueur, en surface et en masse. De la base de l’Institut de recherches et de formations de l’Administration d’Etat de la Radio et de la Télévision de la République populaire de Chine, notre pied-à-terre, à notre destination finale, il nous indique que nous aurons à parcourir quelque 55 kilomètres pour une durée de parcours d’une heure environ. A peine le bus a-t-il franchi les portes de l’établissement où nous avons installé nos pénates, que nous glissons sur des artères larges et clean à deux voies pour certaines, à trois voies pour d’autres, bordées de commerces en tous genres aux frontons desquels on ne lit que le mandarin, l’écriture chinoise. Le flot de véhicules qui défilent sur les rues que nous empruntons, côtoie vélos et autres engins à deux-roues dont la particularité est de fonctionner à l’énergie électrique. Pas la moindre trace de fumée dans l’atmosphère et, ici, l’on est très loin de la clameur pétaradante des motos et autres mobylettes comme on en voit ailleurs. En somme, l’énergie propre semble bien être une politique fortement encouragée dans ce pays ! Nous quittons ensuite le centre-ville pour emprunter quelques artères de la banlieue, sous un ciel brumeux. Il fait un froid de canard. Tout au long de notre parcours, le constat est saisissant : la qualité du réseau routier force l’admiration, pour les sahéliens que nous sommes. En matière d’infrastructures routières, rien à dire ; les choses ont été faites dans les règles de l’art. L’on comprend alors à quel point, dans le domaine, l’expertise chinoise est des plus recherchée à travers le monde. « En matière de routes, les Chinois sont imbattables. Et ils savent toujours voir grand ! », s’émerveille notre voisin de siège, Barnabé Kiemtaremboum, chargé de mission au ministère de la Communication, qui admire la force de travail et tout le sérieux du peuple chinois. Du labeur et de la détermination, il en a certainement fallu pour donner à Pékin, ses fières allures de ville moderne à travers ses échangeurs impressionnants qui irradient la ville. Autre fait remarquable : l’environnement et le cadre de vie. Aux abords des voies que nous parcourons, le spectacle qui se déroule sous nos yeux, retient l’attention : tout respire l’ordre et la discipline, et même les arbres tels qu’ils ont été mis en terre, et qui défilent sous nos yeux, n’échappent pas à « cette discipline spartiate », pour reprendre l’expression de notre voisin de siège, le sieur Barnabé.

Un paysage fascinant

L’ordre harmonieux dans lequel les arbres ont été plantées le long des artères, donne à croire qu’ici, l’on n’a rien voulu laisser au hasard. Pékin, c’est 16 lignes de métro, un nombre phénoménal de voitures sur les artères, si fait qu’il n’est pas rare de tomber sur des go slow, malgré la multitude d’échangeurs. Après environ une heure de route, nous arrivons à destination. La Grande Muraille s’offre enfin à nos yeux ! Un paysage fascinant s’il en est, fait de contreforts de montagnes qui ceinturent l’horizon, ponctués de tours de guet carrées. Nous rencontrons une foule de touristes déjà sur les lieux et nombreux d’entre eux ont déjà amorcé leur marche ascendante vers les sommets, à travers des escaliers qui arpentent le relief. On dit de la GM, qu’elle a été fabriquée avec de la pierre, du ciment, des briques et de l’argile. Une des principales attractions touristiques du pays, elle serait visitée par environ 15 à 16 millions de personnes par an. Personnes souffrant de problèmes cardiaques, s’abstenir d’essayer de monter à l’assaut des cimes et surtout, se garder d’aller au-delà de ses forces, tant la montée en altitude pourrait vous donner le vertige, voire s’avérer périlleuse. Autant la GM est difficile à escalader, autant il est difficile d’en descendre, une fois parvenu à une certaine hauteur et ce n’est pas certains membres de la délégation burkinabè dont nous-même, qui diront le contraire. En tout cas, pour bien des touristes comme nous qui n’avons pas été en mesure de franchir la première tour, car il y en avait encore plus en hauteur, que ce fut pénible autant pour la montée que pour la descente ! Selon un dicton chinois, « ceux qui ne marchent pas sur la Grande Muraille, ne sont pas de vrais hommes ». Mais bref, l’épreuve vaut bien la peine d’être tentée. Mieux vaut vivre l’expérience que de se la faire raconter. Dieu seul sait ce que ce haut lieu touristique génère comme recettes annuelles pour l’Etat communiste chinois. Pour la petite histoire, la GM a été construite à partir de la première dynastie Qin (221-207 av. J.-C). Pendant la dynastie des Ming (1368-1644), celle-ci connaît une rénovation. C’est sous la dynastie Ming que la Grande muraille, d’une longueur avoisinant 8851,8 km, selon certaines sources, prend sa forme actuelle pour empêcher les armées mongoles et mandchoues d’envahir la Chine.

Par Cheick Beldh’or SIGUE (en séjour en Chine)

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