SEKOU KOURESSY CONDE, DIRECTEUR EXECUTIF DE « AFRICAN CRISIS GROUP », A PROPOS DE LA REVOLUTION BURKINABE:« Les chefs d’Etat africains doivent tirer des leçons de ce qui s’est passé au Burkina»

SEKOU KOURESSY CONDE, DIRECTEUR EXECUTIF DE « AFRICAN CRISIS GROUP », A PROPOS DE LA REVOLUTION BURKINABE:« Les chefs d’Etat africains doivent tirer des leçons de ce qui s’est passé au Burkina»

Aux lendemains de la révolution des 30 et 31 octobre derniers, nous avons rencontré, le 20 novembre 2014, Sékou Kouressy Condé, directeur exécutif de « African crisis group », un cabinet de conseil et d’études stratégiques dont les missions sont, ente autres, l’évaluation et le suivi des risques, la prévention des conflits en Afrique, l’appui à la bonne gouvernance et la consolidation de la paix en Afrique. Pour avoir suivi de près l’évolution de la situation au Burkina, Sékou Kouressy Condé s’est prêté à notre micro pour donner sa lecture de la situation nationale burkinabè en particulier, et d’une manière générale sur la gouvernance dans les pays africains.

 

« Le Pays » : Présentez-vous à nos lecteurs.

Sékou Kouressy Condé : Je m’appelle Sékou Kouressy Condé, je suis d’origine guinéenne et panafricaniste. Je suis le directeur exécutif du cabinet « African crisis group » (ACG) qui est un cabinet d’études stratégiques, de réflexion, d’évaluation et de suivi des risques de crises dans les pays africains. Le cabinet a pour vocation, l’analyse, l’évaluation et le suivi de la bonne gouvernance dans les pays africains. « African crisis group » est aussi une alliance d’intellectuels, un regard nouveau que des cadres africains et internationaux, intéressés au développement sociopolitique et socioéconomique de l’Afrique, essaient d’intégrer à leur vie quotidienne en essayant de porter, d’un pays africain à un autre, les expériences acquises par un pays quelconque et qui pourrait être bénéfique à un autre. « African crisis group » a été créé en 2011 et est régi par la loi burkinabè ; ce qui est tout à fait particulier et que beaucoup de gens ignorent. Par le rayonnement de la diplomatie burkinabè en Afrique de l’Ouest et par la présence d’une ONG internationale, « Res Publica » au Burkina Faso, et par le rôle historique que le Burkina a joué dans l’accession à l’indépendance des pays africains, où les cadres du Burkina sont allés vers les autres pays africains pour leur apporter la connaissance et l’appui intellectuel, humain et amical, il nous a paru important de nous focaliser sur le Burkina Faso. Et, j’avoue que nous en avons tiré beaucoup de leçons et d’enseignements.

Que vous inspire la révolution burkinabè ?

C’est vrai qu’au Burkina, nous avons observé une tension dans un premier temps, ensuite un affrontement qui a évolué vers une insurrection et qui s’est finalisée par une rupture qu’on peut appeler « révolution ». Cette situation m’amène à dire que l’Afrique a encore de la réserve, des ressources, des leçons à donner et elle peut encore tirer des leçons de son histoire et se projeter dans l’avenir. La révolution du 30 octobre 2014 au Burkina Faso est particulière, en ce sens que c’est la société, de façon globale, qui a donné des leçons à la société politique et gouvernementale. C’est la société globale qui a insisté sur le respect de la Constitution. Ce qui est une extraordinaire preuve de maturité. Maintenant, comment en est-on arrivé là ? C’est parce que le fonctionnement de la société burkinabè et le ressort socioculturel de la société burkinabè permettent aux uns et aux autres de se parler, de communiquer sans préavis, sans une sorte de règles de limitation. Incidemment, la révolution burkinabè est une leçon pour les autres pays africains.

« La conception africaine du pouvoir a évolué à partir de la révolution burkinabè »

Il y a des leçons à tirer de cette situation. Et la principale leçon, c’est la question de l’alternance. La conception africaine du pouvoir a évolué à partir de la révolution burkinabè. Que les autres pays africains l’acceptent ou pas, qu’ils la pratiquent ou pas, le signal est en tout cas donné par le Burkina, que le mandat présidentiel, la responsabilité au sommet de l’Etat, ont besoin d’être limités dans le temps.

Quels sont, selon vous, en Afrique, les pays à risque par rapport au tripatouillage des Constitutions ?

Je ne parle pas en termes de tripatouillage des Constitutions. Mais, malheureusement il y a encore beaucoup de pays en Afrique qui ont des chefs d’Etat qui ont duré au pouvoir. Je dirai même « une trop longue longévité ». Pour moi, le risque n’est pas seulement à ce niveau, mais aussi au niveau de la gouvernance. Dans une société comme le Burkina, vous avez une classe politique qui a une maturité reconnue, avec un capital d’expérience respectable. Vous avez ensuite une armée disciplinée et une jeunesse ambitieuse et soucieuse des questions d’intérêt national. Vous avez, enfin, une société féminine engagée et très responsable, et une cohabitation entre le mécanisme traditionnel et coutumier et le mécanisme religieux de contrôle social. Donc, du point de vue de la sociologie politique, le Burkina est une sorte de fédération des valeurs qui cohabitent sans aucun problème apparent et flagrant et sans heurt. C’est ce qui fait la particularité de la société burkinabè. Ce que nous faisons, en tant que groupe d’observation et groupe d’étude et de réflexion, c’est de questionner les sociétés et de voir quelle est la différence entre ce qui se passe ici et ce qui se passe là. A partir de ce moment, nous pouvons dire qu’un pays comme le Mali est un pays à risque, eu égard au problème du Nord qui date de longtemps. Un pays comme le Sénégal est un pays à risque, dans la mesure où la Casamance est le plus vieux conflit de la sous-région. En Guinée, il y a aussi un risque, parce que le pays est confronté à l’ethnocentrisme de plus en plus approfondi. En Guinée Bissau également, parce que l’Etat est pris en main par les forces occultes qu’on n’arrive pas à bousculer et à mettre dehors… et encore, dans ce contexte, les questions de la société civile et de la clause de limitation du mandat présidentiel ne sont pas clarifiées. Enfin, au Congo, au Cameroun, en RD Congo, il y a une attention particulière qu’il faut porter sur le leadership africain, sur l’alternance en Afrique et sur le rôle des premiers responsables, les chefs d’Etat, pour qu’ils deviennent plutôt des chefs de village au lieu d’être des acteurs politiques engagés et actifs.

Et pensez-vous vraiment que la situation qu’a vécue le Burkina pourrait dissuader les éventuels prétendants à la modification des Constitutions dans les autres pays africains ?

Je n’en suis pas si sûr, mais l’alerte est donnée et l’avertissement est clair qu’il y a une jeunesse au Burkina Faso qui a été capable de prendre ses responsabilités. La jeunesse du Burkina Faso a été très brave. Je sais de quoi je parle, car je suis de la même génération que le président Thomas Sankara et le président Blaise Compaoré. Cela pour dire que nous avons vu passer des personnalités comme Nasser, Lumumba, Kwamé N’Krumah, Sékou Touré, Modibo Keïta et Senghor. Mais, malheureusement, nous n’avons pas pu les réhabiliter. Ici, la question s’est posée autrement car, premièrement, c’est une jeunesse qui, pour la plupart, n’a pas vu Thomas Sankara. En second lieu, la société burkinabè n’a pas demandé trop cher au président Blaise Compaoré. La société burkinabè a demandé tout simplement la non-modification de l’article 37 et le reste aurait pu continuer. Donc, c’est une sorte de manque d’ouverture de la part d’un seul homme qui a, finalement, entraîné le déclenchement de l’insurrection et de la révolution. Donc, à tout point de vue, ce qui s’est passé au Burkina est une leçon pour l’Afrique. Je suis très heureux d’avoir eu à assister à cela.

« Lorsque celui qui assume le pouvoir ne connaît pas la vérité sur certains aspects de la vie nationale, il ignore aussi la réalité »

« African crisis group » a pris contact avec le Burkina depuis le mois d’avril 2011 et à cette occasion, nous avons fait des propositions dont une modification de la nature du régime. Nous avons pensé que le Burkina était le seul pays capable d’expérimenter un régime parlementaire avec un président neutre, arbitre lointain et qui prend de la hauteur, et un premier ministre issu de la majorité, capable de conduire la politique gouvernementale, puisqu’au Burkina Faso, il y a d’autres forces qui peuvent contrôler le pouvoir. Pour dire que la séparation des pouvoirs en Afrique et le partage des niveaux de décisions sont possibles.

Quelle différence fondamentale faites-vous entre la crise qu’a connue le Burkina et celles des autres pays ?

Historiquement, la crise au Burkina est liée à plusieurs facteurs et co-facteurs. Le premier facteur important, c’est la longévité au pouvoir. Pendant 27 ans de règne du président Compaoré, il y a toute une génération qui se posait des questions à cause du contexte de la globalisation et de la mondialisation, et les jeunes voulaient en savoir davantage. Ils se posent des questions par rapport à leur avenir, ils veulent un changement et ils veulent aussi participer à la construction de leur destin afin d’en être les maîtres. Cela est une particularité de la situation burkinabè. La deuxième particularité, c’est le fonctionnement de la société burkinabè. La société burkinabè ne fonctionne pas comme les sociétés avoisinantes quand bien même il y a beaucoup de similitudes. Cette cohabitation entre les différentes branches de l’autorité traditionnelle et coutumière et les différentes branches des religions et les différentes couches de la société, a permis à la société d’avoir un langage d’apaisement et de continuer à se prononcer sur les questions d’intérêt national de façon officielle et publiquement. Un autre élément est la somme des expériences de transition déjà vécues par le Burkina. Enfin, il y a aussi le caractère souvent abusif de l’exercice du pouvoir. Lorsque celui qui assume le pouvoir ne connait pas la vérité sur certains aspects de la vie nationale, il ignore aussi la réalité. La situation burkinabè n’est pas un coup d’Etat militaire. Ce n’est pas un homme fort qui a parrainé la révolution, et ce n’est pas en un seul jour que la révolution a été faite. C’est un processus long qui a commencé par une tentative de mise en place d’un Sénat qui n’a pas marché. Il s’en est suivi une perspective de référendum et une autre perspective de modification de l’article 37 par voie parlementaire qui a finalement mis le feu aux poudres. Donc, la particularité de la révolution burkinabè, c’est aussi le processus. Enfin, il faut reconnaître en la révolution burkinabè qu’elle n’a pas dégénéré en une guerre civile, elle n’a pas non plus opposé des Burkinabè à d’autres Burkinabè mais cela a plutôt été un passage vers la réalité, un passage à niveau que les cadres et la jeunesse burkinabè ont assumé avec beaucoup de responsabilités en 19 jours.

Quelle analyse faites-vous de la situation au Togo ?

La situation togolaise est préoccupante à plus d’un titre. Dans l’analyse des conflits, il y a ce qu’on appelle l’historique des conflits. Chaque conflit est unique et il y a la cartographie du conflit qui permet de connaître les causes, les acteurs, la durée du conflit, l’espace et les composantes socioculturelles et socioéconomiques, qui entrent en jeu. De ce point de vue, il y a une différence entre ce qui se passe au Togo et ce qui s’est passé au Burkina.

« Il faudrait que les organisations internationales intègrent les notions d’actions et d’opérations préventives »

Il y a des ressemblances certes car ici, on parle de Thomas Sankara et là-bas, c’est vrai qu’on parle de moins en moins de Sylvanus Olympio, mais quand même, il y a encore des ingrédients nostalgiques. Il y a aussi des ingrédients de longévité prolongée. Ce que nous souhaitons c’est d’éviter les dérapages de guerre civile, de violence et que la stabilité par le dialogue puisse permettre à tous les acteurs de s’écouter et de prendre des décisions utiles et à temps. Notre rôle c’est d’intervenir auprès des chefs d’Etat et porter un peu le regard que nous avons sur la situation de leur pays. Et je pense qu’après le Burkina, la question togolaise mérite d’être prise au sérieux.

Quels jugements portez-vous sur le comportement de l’Union africaine par rapport aux différentes crises que connaissent les pays d’Afrique ?

La première chose qui m’inspire des organisations africaines en général, dont la CEDEAO et l’UA, c’est d’abord le constat de réactions tardives. Il faudrait que les organisations internationales intègrent les notions d’actions et d’opérations préventives dans leur processus de résolution des crises. Et cela est très important. En plus, dans le cas du Burkina, lorsque l’UA est intervenue, elle est intervenue fermement et elle a défini son point de vue et son agenda. J’ai salué cette fermeté quand bien même elle aurait pu venir un peu plus tôt. Mais qu’à cela ne tienne, et dans les actions futures, nous aimerions que les représentants de l’UA puissent développer le volet préventif opérationnel pour éviter les dérapages. Ceci dit, globalement, ils ont montré que l’Afrique a encore des valeurs politiques à assumer et à protéger. Mais par nos observations et notre présence au Burkina, nous avons pu constater que ce sont les acteurs burkinabè qui ont construit le schéma. Mais dans les autres pays, on se précipite sur le choix de l’homme fort. Mais les Burkinabè ont préféré se mettre d’accord sur le contenu de la charte de transition. Ils ont mis en place des commissions d’élaboration de cette charte et ils ont élaboré leur charte d’abord. Ensuite, ils ont sélectionné les candidats, les ont auditionnés avant de désigner la personne pour gérer la transition. C’est un cas particulier et cela est à saluer.

A propos de la transition, pensez-vous que la nomination d’un militaire à la tête de la primature est-elle compatible avec l’idéal démocratique, comme ce que nous vivons au Burkina actuellement ?

Cette nomination n’est pas incompatible, compte tenu du fait que celui qui est nommé est un citoyen burkinabè et il a un parcours récent qui est significatif dans le déroulement des évènements. Jusqu’à bénéfice d’inventaire, on estime que l’armée a joué un rôle globalement positif dans le maintien de l’ordre, dans la continuité de l’Etat démocratique suite à la démission du président Blaise Compaoré, que l’armée a accompagné le processus de l’insurrection jusqu'à prendre la parole à la place de la Révolution et que l’Etat a continué à exister. On n’a pas eu l’impression de tomber dans l’anarchie, et cela est dû, non seulement à l’armée, mais aussi à la société burkinabè en général et par la maturité dont la classe politique burkinabè a fait montre. Les femmes et la jeunesse ont aussi fait montre de responsabilité. Cela dit, quand le lieutenant-colonel Isaac Zida a été nommé Premier ministre, ce n’est plus la personne qu’il faut voir, c’est le personnage. Nous rentrons en ce moment dans une nouvelle jurisprudence.

« La personne du lieutenant-colonel Isaac Zida, en tant que Premier ministre, peut jouer un rôle d’assurance, d’apaisement et de recadrement »

Lorsqu’on est à la tête de l’armée, il y a la hiérarchie, et il y a des conduites et des comportements militaires que nous connaissons et qui sont régaliens. Lorsqu’on est Premier ministre, également, la pratique est connue et elle est universelle. Il est, avant tout, le premier responsable des ministres et est par attribution et par délégation responsable de l’activité gouvernementale devant le chef de l’Etat qui, lui, est le commandant en chef des forces armées. Le Premier ministre organise le conseil des ministres, suit l’activité gouvernementale et rend compte au président qui lui, à son tour, rend compte au peuple. A partir de ce moment, le rôle n’est plus effrayant, s’il est respecté. Donc, la personne du lieutenant-colonel Isaac Zida, en tant que Premier ministre, a un rôle à jouer, et peut jouer un rôle d’assurance, d’apaisement et de recadrement. En plus, fort heureusement, le travail gouvernemental et le fonctionnement des institutions républicaines sont connus de tous, et la moindre difficulté, s’il y en a, est flagramment perçue. D’ailleurs, le Premier ministre et les autres acteurs de l’insurrection populaire ont travaillé ensemble à l’élaboration de la Charte, donc la mise en œuvre de dispositions, à prendre pour éviter la guerre civile au Burkina. Nous pensons donc que la nomination d’un militaire à cette haute fonction ne pourra que renforcer l’apaisement et le bon fonctionnement de l’Etat burkinabè.

En tant que groupe d’observateurs, que pensez-vous des pays où les mandats présidentiels ne sont pas limités ?

"African crisis group" est un cabinet-conseil. Nous ne donnons pas d’avis, mais nous les collectons plutôt et nous donnons des conseils sur la base des avis collectés et des soucis exprimés, et des expériences des intellectuels africains et sur le plan mondial par rapport à des situations bien précises de la vie des Etats africains. La différence entre notre structure et les organisations internationales, c’est que les organisations internationales, sont assujetties à un mandat. Donc, il y a des personnes qu’elles peuvent rencontrer, et d’autres pas, pour faute de temps ou parce que cela ne rentre pas forcément dans leur mandat de base. Mais nous, nous sommes une structure africaine indépendante et nous restons aussi longtemps que nous estimons dans les pays où nous allons. C’est d’ailleurs l’occasion pour moi de saluer le peuple burkinabè qui m’a traité avec beaucoup de générosité et d’hospitalité. J’ai pu rencontrer tous les acteurs dont les manifestants, les religieux, les chefs coutumiers, les acteurs politiques, les acteurs des institutions républicaines et les jeunes, et tout cela, dans une atmosphère de convivialité. Nous avons échangé sur les questions d’intérêt burkinabè et cela m’a beaucoup rassuré. Cela veut dire que pour nous, les autres pays africains, surtout les chefs d’Etat africains doivent tirer des leçons de ce qui s’est passé au Burkina. L’avènement de cette revendication pour l’alternance en Afrique fera date et tâche d’huile positivement. C’est la question de l’alternance qui est posée. Donc, en termes de gouvernance, c’est un nouveau message. La gouvernance est une ballette de mesures, de facteurs et de cofacteurs liés à la transparence, à la gestion, à la justice et à la solidarité.

« C’est un message que le Burkina envoie aux autres Etats de l’Afrique sur la question liée à la clause de limitation de mandats présidentiels »

Mais la question de l’alternance en démocratie est une question essentielle, et c’est cette question qui a été à la base de la révolution burkinabè les 30 et 31 octobre derniers. C’est un message que le Burkina envoie aux autres Etats de l’Afrique sur la question liée à la clause de limitation de mandats présidentiels.

Pensez-vous que dans cette Afrique d’aujourd’hui, seules les urnes peuvent faire partir les dictateurs ?

Il serait souhaitable que ce soit les urnes, le suffrage universel qui déclenche l’alternance. « Africa crisis group » organise des séminaires, des ateliers et des conférences dans les universités, auprès des acteurs et principalement des chefs d’Etat, des leaders de la société civile et de la classe politique pour justement faire en sorte que la tradition républicaine soit respectée. Cette tradition républicaine est un mixage et un jumelage réussis entre les traditions africaines et les traditions modernes en termes de gestion de crise, de transfert de pouvoir, de conquête de pouvoir et de gestion de pouvoir. Notre souhait qui est celui de tout Africain aujourd’hui, est que ce soit les urnes qui départagent les gouvernants et les gouvernés et les compétiteurs démocratiques au cours de processus électoraux crédibles et transparents. Cela nous permettra d’aller au développement.

Votre dernier mot ?

Mon dernier mot c’est le salut, l’amitié que je ressens et que je veux transmettre au peuple burkinabè. J’ai suivi depuis 2011 jusqu’à maintenant toutes les péripéties de cette question liée à la gestion de 2015. J’ai su apprécier positivement le fonctionnement de la société burkinabè. Je souhaite vivement que l’occasion soit donnée aux autres pays africains de s’inspirer de cette exemple burkinabè. Je souhaite aussi que ce soit l’occasion pour la société burkinabè de tenter un modèle de gestion de pouvoir qui accepte la séparation des pouvoirs et la distance mesurée et raisonnable entre le chef de l’Etat et la gestion quotidienne des affaires publiques, pour que nous ayons en Afrique de l’Ouest un exemple d’Etat où le président de la République devient un chef de village pour tout le monde et qu’il ne soit pas un acteur politique au quotidien. Bien sûr que tout cela est ouvert et est à analyser. Dans tous les cas, « African crisis group » sera là pour accompagner la transition au Burkina Faso.

Propos recueillis et retranscrits par Adama SIGUE

 

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