SITARAIL : Des ex-cheminots crient à l’injustice

SITARAIL  :   Des ex-cheminots crient à l’injustice

 

 

Le Syndicat des retraités du chemin de fer du Burkina Faso (SY.RE.C. FER-BF) et le Syndicat libre des cheminots du Burkina (SCLB), ont coanimé, le 14 avril 2018, à Ouagadougou, une conférence de presse sur, le thème : « Situation socio-professionnelle vécue par les cheminots burkinabè à SITARAIL, à  la privatisation ». L’objectif  était d’éclairer l’opinion nationale et internationale sur le « traitement discriminatoire » dont ont été victimes les travailleurs burkinabè par la SITARAIL, après l’éclatement de la crise ivoirienne en 2002 ayant entraîné l’arrêt du trafic ferroviaire.

 

Ce sont des personnes du troisième âge, « à bout de souffle », qui ont, à travers des témoignages émouvants, dénoncé le « mépris » de la Société internationale de transport africain par rail (SITARAIL), une filiale de Bolloré Transport et Logistics, «envers les travailleurs burkinabè».  Après avoir usé de tous les recours (sit-in, conférence de presse, démarches sous la Transition, notamment auprès du président du Conseil national de la Transition (CNT), rencontres avec des autorités coutumières, religieuses, des députés en 2017 et avec des autorités actuelles),  ces ex-travailleurs ont lancé un appel  au chef de l’Etat afin qu’il se penche sur la question, pour que « le scandale prenne fin ». A les entendre, ils  ont payé le prix fort après l’éclatement de la crise ivoirienne survenue en 2002, laquelle a entraîné l’arrêt du trafic ferroviaire. Selon les conférenciers,  « la gestion du personnel par la SITARAIL  a été discriminatoire, selon que le travailleur réside en Côte d’Ivoire ou au Burkina Faso ». Licenciements abusifs des travailleurs en poste au Burkina, suspension abusive des contrats de travail, non prise en compte des grades réels par la SITARAIL, etc., sont, entre autres, les  difficultés rencontrées par les travailleurs burkinabè. Même leur espoir  né après la fin de la  crise sera de courte durée, lorsque SITARAIL a repris tous les cheminots ivoiriens et certains appelés, sans difficulté, à la retraite, pendant qu’au Burkina, la société  a continué d’appliquer la suspension abusive de contrats de travail,  là où la crise n’a pas eu lieu. « Des travailleurs burkinabè  ont subi une suspension sans précédent de contrat de travail sans rémunération depuis 2002 » et « certains y sont restés jusqu’à la limite d’âge de départ à la retraite, sans être rappelés à travailler et sans pension non plus », a confié le secrétaire général du SY.RE.C.FER-BF,  Moutaga Traoré. Conséquence : des travailleurs sont décédés, de nombreux enfants ont été déscolarisés, des foyers disloqués, etc.  Face à ces injustices et bien d’autres abus, l’affaire est portée devant les juridictions en 2004 et a connu son épilogue en 2007 où une sentence arbitrale a condamné l’employeur à payer les droits.

SITARAIL invitée à exécuter la décision de justice

 

« Grande fut notre déception de voir que nos démarches  ont été un échec, avec le refus volontaire de l’employeur de ne pas nous satisfaire », a regretté le secrétaire général adjoint du S.L.C.B, Mody Diallo. Selon le conseil des déflatés, Jean Charles Tougma,  «  SITARAIL  a clairement laissé, par écrit, un courrier officiel où elle fait entendre qu’elle n’exécutera jamais cette décision ».  « Le pire, c’est que bon nombre de ces travailleurs déflatés, qui ont une décision exécutoire, n’ont même pas le droit d’être reconnus comme  des travailleurs de la société par un certificat de travail, par tout document nécessaire devant leur permettre d’avoir la plus petite pension », a déploré  M. Tougma pour qui, après plus de 10 ans, cette  « liquidation pure et dure des travailleurs », doit prendre fin. A ce titre, il a interpellé les institutions républicaines à jouer « leur partition pour que cet affront, qui sacrifie des vies humaines, s’arrête ». « Nous avons commencé des procédures depuis plus de 10 ans. Nous espérons que les institutions judiciaires qui n’ont pas craint de rendre une décision contre SITARAIL, ne craindront pas de donner une suite à ce refus manifeste d’exécuter qui entraîne la liquidation pure et dure des travailleurs concernés… Si SITARAIL défend ses intérêts financiers, les syndicats présents sont obligés de défendre des vies, leurs familles, le devenir de leurs enfants, petits-enfants. Nous interpellons toutes les institutions républicaines qui interviennent ou devant intervenir, à jouer chacune sa partition pour que cet affront fait, qui sacrifie des vies humaines, s’arrête », a lancé le conseil des déflatés. Aussi a-t-il exhorté SITARAIL à se plier aux décisions de justice : « Nous interpellons SITARAIL que si elle pense avoir  des moyens de recours, qu’elle les apporte ; autrement, qu’elle se plie et fasse preuve d’exemplarité républicaine d’une société qui n’est pas au-dessus de la loi, des institutions judiciaires et qu’elle fasse preuve de citoyenneté, de respect des travailleurs, même si ce sont des travailleurs burkinabè, et cesse, toute discrimination ».En tout état de cause, les conférenciers interpellent les plus hautes autorités à s’impliquer, pour que prenne fin « cette injustice qui nous frappe depuis 23 ans d’exercice de SITARAIL », ce « crime jamais égalé ».

Colette DRABO

 

 

 

 

 

 

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