SITUATION POLITIQUE NATIONALE : Cessez de vous comporter comme des consommateurs de « tramazole » dans ce pays

SITUATION POLITIQUE NATIONALE : Cessez de vous comporter comme des consommateurs de « tramazole » dans ce pays

Apparemment, ces jours-ci, les Burkinabè n’ont pas le temps de parler de la situation sécuritaire dramatique au Sahel ou de leur pauvreté. Cela me surprend quand même ! On dit toujours que ventre creux n’a point d’oreilles mais, dans ce pays-là, quand la politique s’en mêle, même ceux qui restent une semaine sans manger, deviennent des animateurs de conférences dans les kiosques, les cabarets, les services, entre autres. Deux évènements politiques m’amènent à tenir de tels propos. D’abord, la dissidence de 13 députés de l’Union pour le progrès et le changement (UPC) pour créer un groupe parlementaire à l’Assemblée nationale et ensuite, l’épisode de la liberté provisoire accordée au Général Djibrill Bassolé, soupçonné d’avoir été de mèche avec les putschistes du 16 septembre 2015. Je vous donne un exemple : mon voisin qui venait me chanter tous les jours que la vie est dure, est devenu subitement un chroniqueur politique ou un  journaliste éditorialiste. Bien évidemment, n’attendez pas que je prenne position par rapport aux différents camps qui s’affrontent et qui « djafoulent » sur les différents terrains de débat. Moi, Le Fou, je voudrais juste exprimer mon indignation à propos d’un certain nombre de comportements que je trouve en déphasage avec les règles de la démocratie et de la vie dans une république civilisée.

En effet, j’ai vu des militants de l’UPC investir des domiciles de députés dit « frondeurs », pour les menacer, eux et les membres de leur famille. J’ai même entendu qu’un des députés a vu son fils blessé par les manifestants. Outre les agressions physiques, j’ai lu des propos outrageusement incendiaires desdits militants, malgré l’appel au calme et au dialogue lancé par les leaders du parti du Lion.

La force ne doit jamais être érigée en valeur

 

Pour ce qui est de la liberté provisoire accordée au Général Bassolé, je préfère ne pas me prononcer sur le sujet, en attendant de voir la suite des évènements. Mais, dans les deux cas sus-cités, je trouve que certains Burkinabè se comportent comme des consommateurs de « tramazole » ; ce produit constamment utilisé par des jeunes pour ses prétendues vertus énergisantes. Moi, Le Fou, je constate qu’on est parfois dans une logique de réaction passionnée et épidermique par rapport à certains évènements où la raison, le discernement et la pondération ont foutu le camp. Si on prend l’habitude de se comporter comme si l’on ne se contrôlait plus dans ce pays, on risque de commettre des erreurs irréparables.

Je crois qu’à un certain moment, nous devons savoir raison garder et éviter de poser des actes qui vont compromettre la paix sociale et mettre en danger la République. Je le sais, il y a des moments où il ne faut pas se laisser faire. Mais encore faut-il savoir utiliser la bonne manière. Moi, je plaide seulement pour que l’on cesse de se comporter comme des « fous-furieux » et qu’on se départisse de toute violence, même quand on est persuadé de mener une lutte noble.

Il est vrai, le pays des Hommes intègres est désormais coutumier de la violence, au regard des évènements qui se sont produits dans le pays ces trente dernières années. Mais la force ne doit jamais être érigée en valeur. Je ne suis pas sûr que tout le monde me comprenne, mais j’ai dit ma pensée. Je ne peux pas me taire devant certaines attitudes qui n’honorent pas le Burkinabè. Je termine en disant que nous avons tous intérêt à laisser la République évoluer dans la paix, car nous abriter en toute tranquillité à son ombre nous donne l’assurance de notre citoyenneté.

Le Fou

 

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