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SOMMET DE LA CEDEAO SUR LA CRISE BISSAU-GUINEENNE

Que faire du trop-plein de vase de Vaz ?

C’est aujourd’hui que s’ouvre, à Niamey au Niger, le sommet extraordinaire de la CEDEAO sur la situation politique en Guinée-Bissau. On le sait, en effet,  le pays vit une situation inédite avec deux Premiers ministres et deux gouvernements. Cette rencontre des chefs d’Etat de l’institution sous-régionale intervient au moment où le président José Mario Vaz, comme dans un élan de défiance, a royalement ignoré l’ultimatum lancé par ses pairs et cela après qu’il a éconduit la délégation de la CEDEAO qui séjournait dimanche dernier à Bissau.  La question que l’on peut donc se poser est la suivante : Que fera la CEDEAO pour laver l’affront du président bissau-guinéen ? En attendant les conclusions du sommet, on ne peut que saluer la fermeté et l’autorité dont fait preuve la CEDEAO dans la gestion de ce dossier. Elle est d’ailleurs dans son plein de droit d’agir de la sorte, car n’eût été son intervention, le président Vaz qui fait bien preuve d’amnésie voire d’ingratitude, aurait été emporté il y a belle lurette par les violents soubresauts de la scène politique de son pays. En effet, il a fallu, dans le temps, que l’institution ouest-africaine dépêche d’urgence des contingents militaires pour maintenir la stabilité dans le pays, en dissuadant la soldatesque de revenir le « valser » pour s’emparer du pouvoir. Mais comme le dit un proverbe africain, « c’est l’œil que l’on a soufflé pour le débarrasser de la paille, qui sait comment vous épier ». Dans tous les cas, la CEDEAO est bien dans son rôle de prévention et de gestion des crises politiques dans son espace  et montre ainsi qu’elle n’est point une coquille vite.

Il ne faut pas exclure l’option militaire

 

Cela dit, après l’échec de la dissuasion par les menaces et les ultimatums, que reste-t-il à faire pour faire entendre raison à José Mario Vaz qui semble avoir bu à la gourde des fous ? De toute évidence, il faut recourir à l’arme des sanctions à la fois politiques et économiques. Toutefois, la CEDEAO doit faire preuve de discernement pour bien viser le principal fautif et tous ses soutiens et éviter que les populations bissau-guinéennes qui subissent déjà la situation politique, ne viennent à être doublement victimes. Dans la même idée, il ne faut pas exclure l’option militaire comme, du reste, l’organisation avait su le faire dans la gestion de la crise gambienne. Car, il faut à tout prix éviter la tenue de l’élection du 24 novembre prochain dont la campagne a débuté le weekend dernier,  au risque de donner à cet aventurier solitaire une légitimité qui peut rendre encore plus complexe la crise.  Quant au président Vaz, il n’est pas encore trop tard pour lui, de se mettre du bon côté de l’histoire. Dans tous les cas, sa cavale est sans issue dans la mesure où, si la CEDEAO n’arrive  pas à l’arrêter dans sa course folle vers l’abîme, l’armée bissau-guinéenne qui ne cherche que le prétexte pour revenir aux commandes de l’Etat après avoir été contrainte à lâcher prise à contrecœur, le cueillera comme un gibier de battue. Mais l’homme peut-il encore entendre raison ? On ne peut que conclure en soupirant que nul n’échappe à son destin.

Saho   

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