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SOMMET DE L’ONU SUR LE CLIMAT  

Plus d’actions que de paroles !  

Aujourd’hui, lundi 23 septembre, s’ouvre au siège de l’ONU à New-York, le sommet consacré à la lutte contre le dérèglement climatique. L’objectif est on ne peut plus noble. C’est pourquoi nul ne peut s’offusquer de voir le monde entier se préoccuper de l’état de santé gravissime de ce grand patient, c’est-à-dire la terre. Loin d’être une vue de l’esprit comme le prétend Donald Trump, le dérèglement climatique est hélas une réalité. Et tous les continents sans exception, pauvres comme riches, en souffrent. L’heure est donc grave et cela commande plus d’actions que de paroles. De ce point de vue, l’on peut se poser la question de savoir si le sommet qui s’ouvre aujourd’hui aux Etats-Unis va apporter un plus à la lutte engagée par l’ONU contre les changements climatiques. L’une des étapes majeures de cette croisade a été incontestablement  l’adoption de l’accord de Paris. C’était en 2015.

 

Les résultats se font encore attendre sur le terrain

 

Cet accord rendu possible grâce à l’engagement de la France, visait principalement à maintenir l’augmentation moyenne de température dans le monde   en dessous de 2°c par rapport aux niveaux prévisionnels, et autant que possible à 1,5°c pendant ce siècle. Bien avant Paris, les grandes questions sur le climat avaient été posées en 1997 à Kyoto au Japon, puis à Doha en 2012. A Bonn en 2017, les mêmes questions s’étaient invitées au sommet sur le climat. Bref, ce ne sont donc pas les sommets qui font défaut dans la  riposte engagée par le monde contre les changements climatiques. L’on peut même dire qu’il y a trop de sommets qui y ont été consacrés. Seulement, les résultats se font encore attendre sur le terrain en terme d’amélioration de l’état de santé de la terre. A l’origine de ce piétinement, l’on peut pointer deux éléments. Le premier est le manque de sincérité et de volonté des plus grands pollueurs de la terre   qui n’ont pas jusque-là posé des actes concrets à la hauteur du péril. L’on peut d’ailleurs   à ce propos se demander s’ils peuvent le faire sans pour autant porter un grand coup à leur économie. C’est probablement l’une des raisons de la réticence des Etats-Unis à se joindre à l’Europe pour travailler à inverser la tendance. En tout cas, le monde ne peut pas compter sur un dirigeant  comme Donal Trump pour aller à l’assaut des changements climatiques, lui qui, depuis qu’il est aux commandes de la première  puissance mondiale, s’est  publiquement inscrit dans la logique du déni du réchauffement climatique. L’autre grand pollueur qu’est la Chine, même si elle n’est pas pour le moment dans la posture du déni, semble ne pas accorder à la question le même intérêt que celui que l’on observe du côté de Paris ou encore de Berlin. Or, tant que toutes ces puissances ne vont pas prendre la pleine mesure du péril et se mettre d’accord pour y faire face avec responsabilité, les sommets se suivront et se ressembleront, c’est-à-dire  qu’ils se résumeront à des tribunes de lamentations collectives, d’incantations et de défoulement sur le climat, et pas plus. L’autre élément qui invite à être pessimiste sur la question, est lié à l’attitude des pays africains.

 

En plus de refuser d’être la poubelle du monde, l’Afrique peut prendre d’autres mesures

 

En effet, bien des pays du continent noir croient candidement que la solution à tous leurs problèmes environnementaux  se trouve entre les mains des pays nantis et développés. Résultat, à chaque sommet sur le climat, ils sont les premiers à s’y rendre avec le secret espoir d’en revenir avec suffisamment d’espèces sonnantes et trébuchantes pour contrer le phénomène du changement climatique. Tant qu’ils seront dans cette attitude de mendiants tendant invariablement la sébile à tout-va, ils ne changeront rien à la situation. Il faut donc que chaque pays s’assume par rapport à la question. Ils peuvent, par exemple, dès à présent, refuser tous d’être la poubelle de l’Occident repu. Et cela passe par l’interdiction d’importer ces fameux « Au revoir la France », du nom de ces véhicules en fin de vie en Europe et dont les Africains sont malheureusement friands. L’on peut ajouter à cela tout le matériel électroménager d’un autre âge qui inonde nos marchés et qui cause beaucoup de dommages non seulement à la santé des populations mais aussi qui pollue manifestement l’environnement. En plus de refuser d’être la poubelle du monde, l’Afrique peut prendre d’autres mesures pour atténuer les effets des changements climatiques. Le brave Yacouba Sawadogo du Yatenga dans le Nord du Burkina a pu, grâce à des  savoir-faire endogènes, récupérer des terres de l’emprise  du désert. Les Etats doivent s’inspirer de cet exemple, pour autant qu’ils  veuillent véritablement atténuer l’effet des perturbations climatiques. Et que dire du phénomène des sachets plastiques qui rend davantage plus arides les terres et qui contribue, dans une certaine mesure, au réchauffement climatique. Un pays comme le Rwanda a pu traquer avec efficacité le péril. Et si les autres y mettent de la volonté, ils peuvent y parvenir. Cela dit, à trois mois de la COP24, prévue au mois de décembre en Pologne, le monde doit ici et maintenant passer aux actes concrets et observables. Car, il y a eu trop de discours sur le climat, mais peu d’actions. C’est pourquoi l’on peut saluer à sa juste valeur la pression exercée par les mouvements de jeunes sur les décideurs politiques, en prélude à ce sommet, pour les obliger à apporter  hic et  nunc les réponses qu’il faut au réchauffement climatique.

 

« Le Pays »

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