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SOMMET RUSSIE-AFRIQUE

Des matières premières contre la stabilité et la dictature

Jusque-là, on attendait parler de France-Afrique, Chine-Afrique,  Japon-Afrique (TICAD), Inde-Afrique, etc. A cette longue liste, il faudra désormais ajouter Russie-Afrique, qui, en tant que cadre d’échanges et de partage, a été porté sur les fronts baptismaux le 22 octobre prochain dans le Sirius Park of Science and Art au pays de Vladimir Poutine. Ainsi donc, la Russie vient aussi d’entrer dans la danse. A l’instar des autres grandes puissances, elle veut aussi sa part du gâteau en Afrique ; d’où cette première rencontre de haut niveau dans l’histoire des relations russo-africaines.  Actualité oblige, le présent sommet, en plus des questions politiques, économiques, humanitaires et culturelles, accordera une attention particulière à la lutte contre le terrorisme, la criminalité transfrontalière et d’autres défis et menaces pour la sécurité régionale et mondiale. Dès lors, on comprend pourquoi de nombreux chefs d’Etat et de gouvernement feront le déplacement de Sotchi où parallèlement au sommet, se tiendra le forum économique Russie-Afrique. Et ce ne sont pas les présidents Roch Marc Christian Kaboré du Burkina, Ibrahim Boubacar Keita du Mali, Mahamadou Issoufou du Niger, pour ne citer que ces exemples, dont les pays sont en proie à des violences terroristes, qui devraient bouder ce rendez-vous en terre russe. Ce d’autant que le pays de Poutine est connu pour avoir de l’expérience à revendre en matière de lutte contre le terrorisme. Et c’est peu dire !

Les armes que Poutine livrera, en plus de contribuer à lutter contre l’insécurité, serviront aussi à réprimer des peuples

 

 

La Russie, quoi que l’on dise, est un partenaire incontournable qui s’est toujours imposée sur la scène internationale. Et bien plus que les autres partenaires, l’Afrique peut compter sur ce pays qui, à l’instar de la Chine, ne s’ingère pas dans les affaires intérieures des autres pays. Seuls comptent ses intérêts. Les questions de démocratie et des droits humains importent peu. C’est, du reste, pourquoi le rapprochement entre le pays de Poutine  et l’Afrique donne déjà de l’urticaire à certains observateurs qui redoutent, à juste titre, une résurgence, voire une consolidation des dictatures sur le continent noir. Cela est d’autant vrai que les armes que Poutine livrera à des     dirigeants africains, en échange de matières premières, en plus de contribuer à lutter contre l’insécurité, serviront, on le sait, à réprimer des peuples qui, face à la mal gouvernance grandissante, ne peuvent pas rester les bras croisés. D’où la nécessité, pour les sociétés civiles africaines, de rester vigilantes pour ne pas se laisser surprendre par les évènements. Car, s’il est vrai que la Russie peut aider l’Afrique à aller vers un « développement accéléré et cohérent », elle peut aussi la pousser à la dérive quand on sait que cette dernière n’hésite pas à encourager les satrapes et autres dirigeants qui refusent de s’imaginer une autre vie en dehors du pouvoir.

 

Boundi OUOBA

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