SORTIE DE LA MAJORITE SUR L’AN III DE ROCH Le FPR dénonce « un déni de sincérité »

SORTIE DE LA MAJORITE SUR L’AN III DE ROCH  Le FPR dénonce « un déni de sincérité »

La déclaration ci-dessous du Front patriotique pour le renouveau (FPR), fait suite à la récente sortie de la Majorité présentielle qui, à l’occasion de l’an III de Roch Marc Christian Kaboré au pouvoir, dressait un bilan satisfaisant. Pour le FPR, ce n’est ni plus ni moins qu’un « déni de sincérité envers le peuple burkinabè ». Lisez !

Peuple du Burkina Faso, en ce moment déterminant de la vie de la Nation marqué par une fronde sociale légitime, c’est avec affliction que nous décidâmes de produire la présente. L’illustre général d’armée George S. Patton disait : « mieux vaut se battre pour quelque chose plutôt que de vivre pour rien » ; de même, l’éminent Professeur Joseph Ki-Zerbo disait : « nan laara, an saara » ; « si l’on se couche dans la passivité, nous allons mourir ».
De la déclaration de l’Alliance des partis et formations politiques de la majorité présidentielle (APMP) publiée le 29 novembre 2018, il ressort que la Majorité présidentielle se satisfait clairement, sans détour, de sa gestion de l’Etat.
Face à la réalité des faits sur le terrain, corroborée au vécu quotidien du Burkinabè dans sa souffrance, nous estimons qu’avoir le courage de produire une telle déclaration avec des propos qui contrastent avec ce qui est tangible, si cela ne relève pas d’un déni de sincérité envers le peuple en tant que gouvernant, cela s’apparente à une volonté de le narguer sans ménagement.
L’on tente indélicatement de falsifier l’histoire en essayant de peindre tout en rose alors que sur le terrain :
- à la date du 8 mai 2018, on constatait déjà la fermeture de 473 écoles, 64 659 élèves, 2 138 enseignants affectés et plus encore de nos jours ;
- à la date du 15 octobre 2018, on enregistrait au moins 40 000 déplacés internes (et plus de nos jours) avec des besoins en nourriture, vêtements, santé… ;
- nous subissons une augmentation vertigineuse du prix du carburant (75 F CFA/litre) avec un impact sur le prix des produits de première nécessité tandis que le Premier ministre, toujours déconnecté de nos réalités, évoque de manière incompréhensible une augmentation du pouvoir d’achat ;
- les syndicats de l’éducation décident de suspendre les évaluations pour compter du lundi 3 décembre 2018 passé ;
- on constate un manque d’équipements adaptés pour les FDS avec un bilan lourd et regrettable des attaques dont à la date du 27 septembre 2018 on dénombrait au moins 75 FDS et 154 civils tués, 111 FDS et 95 civils blessés, 38 véhicules et 48 motos détruits, 14 motos emportées, des armes, munitions et de nombreuses infrastructures détruites ;
- un gouvernement qui s’octroie des véhicules de luxe tandis qu’un avion de reconnaissance anti-terroriste est cloué au sol pour le défaut d’achat d’une pièce de maintenance estimée à dix (10) millions de F CFA environ ;
- pendant qu’il y a encore eu des attaques la semaine dernière (4 gendarmes tués et la gendarmerie de Namsiguia détruite), la Présidence du Faso parle d’accalmie au Conseil supérieur de la défense nationale. C’est triste et pénible.
De par la Majorité présidentielle, adopter une telle posture pendant que le citoyen burkinabè peine à terminer le mois, semble être clairement un mépris à l’endroit des travailleurs, des syndicats, des organisations de la société civile, des autres partis politiques, de toutes les autres couches socio-professionnelles du pays.  Face à l’augmentation exagérée et sans pitié du prix du carburant, le peuple a, sans ambages, montré son ras-le-bol et sa détermination à travers des marches pacifiques et républicaines sur tout le territoire national. Nonobstant les tentatives de déstabilisation non réussies en amont, malgré cette expression populaire considérable que du reste nous saluons, le gouvernement décide de camper sur sa position (en maintenant à la hausse le prix des hydrocarbures) en aval.
L’attitude, de la part de nos gouvernants, est sans équivoque du type : « continuer à parler et à marcher seulement, nous on s’en fout, nous ne sommes pas le citoyen lambda, c’est vous qui souffrez ». Ceci est, de notre avis, inacceptable pour un gouvernement qui est mis en place pour servir le peuple et non se servir. A titre de petit calcul évocateur, pour cette augmentation cynique de 75 F CFA/litre de carburant, si pour un minimum de cinq millions (5 000 000) d’habitants utilisateurs (quelques villes uniquement réunies), si chaque habitant consomme seulement un (1) litre par jour pendant trente (30) jours, le gain financier de cette mesure s’élèvera [(75 F x 5 000 000) x 30] à onze milliard deux cent cinquante millions (11 250 000 000) de F CFA au profit de qui ? Du gouvernement ou d’une caisse noire quelconque ? Sur le dos du peuple. Ceci est bien une estimation très minimale, au regard de la consommation réelle et du chiffre élevé de la population active du Burkina Faso. A chacun de tirer les leçons. En considération du grave refus du gouvernement d’écouter le peuple, le FPR félicite officiellement l’ensemble des organisateurs des marches du 29 novembre 2018 dernier. Aussi, nous poursuivrons dans la dénonciation de ces mesures antisociales sans pitié à l’endroit du peuple. De même, nous continuerons de résister (face à la mesure liée au carburant…) et nous pensons qu’il est du droit constitutionnel de chaque citoyen épris de la défense de la dignité de la vie humaine, de résister également.  Nous appelons l’ensemble des Burkinabè à rester éveillés et à se mobiliser pour le 13 décembre prochain, jour de la commémoration de l’assassinat odieux de l’émérite journaliste Norbert Zongo. Ce jour est aussi, à notre entendement, celui de la dénonciation de tous les crimes de sang et économiques, de toutes les malversations et mesures sociales assassines et ravageuses.

Vive le Peuple,

Dieu bénisse le Burkina Faso.

Pour le Bureau Exécutif National
Le Président National

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