SORTIES DE TRUMP SUR LE CONTINENT NOIR : Les Africains sont prévenus !

SORTIES DE TRUMP SUR LE CONTINENT NOIR : Les Africains sont prévenus !

 

Depuis l’investiture de Donald Trump comme 45e  président des Etats-Unis, sur les marches du Capitole à Washington, vendredi dernier, l’on a assisté à de nombreuses manifestations en Amérique et ailleurs dans le monde, contre les propos racistes, misogynes et à tendance isolationniste qu’aurait tenus le tout nouveau président avant, pendant et après sa campagne électorale qui s’est soldée par sa victoire sur le fil, contre sa challenger démocrate Hillary Clinton. Si les Africains sont restés pour le moment en marge de ces mouvements d’humeur anti-Trump, il n’en reste pas moins vrai qu’ils ont véritablement  des raisons de s’inquiéter de l’avenir de la coopération américano-africaine. Et pour cause : l’actuel président n’a pas fait mystère de son désintérêt pour le continent noir. Cette inquiétude est d’autant plus justifiée qu’après son discours d’investiture dans lequel il prônait rien moins que le repli de l’Amérique sur elle-même, beaucoup d’Africains se demandent si Donald Trump  n’a pas du coup prononcé le requiem des principaux instruments de la coopération entre les Etats-Unis et l’Afrique, comme l’accord de libre-échange signé en 2000 qui facilite l'entrée des marchandises africaines au marché américain (AGOA), et la légendaire agence Etats-unienne pour le développement international (USAID) qui a largement profité aux pays du continent. En plus de l’AGOA et de l’USAID, d’autres plans d’aide au développement et à la sécurisation de l’Afrique risquent de pâtir de l’arrivée aux affaires, de ce président iconoclaste comme le Commandement des Etats-Unis pour l’Afrique (AFRICOM), qui s’inscrit dans le soutien américain au renforcement des capacités africaines de maintien de la paix. Ou encore les aides directes apportées au continent dans le cadre de la lutte contre le Sida et le paludisme. En tout état de cause, les florilèges de déclarations aussi controversées les unes que les autres, de même que la vision caricaturale de l’Afrique et des Africains qu’offre l’actuel locataire de la Maison blanche, n’incitent guère à l’optimisme. Il appartient donc à nos dirigeants de s’adapter à cette nouvelle donne, en comptant de moins en moins sur l’Amérique de Trump.

Il n’y a pas grand-chose à attendre de la présidence de Donal Trump

Certes, les questions africaines n’ont jamais été traditionnellement une priorité de l’Administration américaine, mais c’est bien la première fois, pour autant qu’on se souvienne, qu’un président des Etats-Unis affiche publiquement un tel mépris, ou disons, pour être plus poli, une telle ignorance des enjeux de la politique extérieure de la première puissance mondiale. Espérons que les discours populistes, anachroniques  et volontairement provocateurs de Donald Trump, se heurteront au refus du Sénat et du Congrès quoique majoritairement républicains, de l’accompagner dans sa gestion aventuriste des affaires. Et que les représentants du peuple américain dans ces deux institutions, feront preuve de lucidité en le recadrant à chaque fois que de besoin. On comprend bien que Donald Trump veuille satisfaire ses électeurs qui sont, selon leur portrait-robot dressé par des analystes politiques, des hommes blancs peu diplômés, âgés de plus de quarante-cinq ans et habitant en milieu rural. Mais on comprendrait moins qu’en tant que président de tous les Etats-Unis, il ne transcende pas les clichés et autres considérations rétrogrades, pour permettre à la grande Amérique de conserver la place qui est actuellement la sienne dans le concert des nations. Ses sorties de route verbales et ses propos délirant vis-à-vis des Noirs, des femmes, des musulmans….feront à coup sûr perdre à l’Amérique la sympathie et l’admiration qu’elle suscite dans de nombreux pays du monde, et feront grossir, ipso facto,  les rangs des mouvements extrémistes qui se réjouissent déjà d’avoir un homme aussi « stupide » à la Maison blanche. Que l’Administration américaine, sous la houlette de Donald Trump, se refuse à aller traquer le monomaniaque chef des rebelles de l’Armée de résistance du Seigneur, Joseph Kony, aux confins de l’Ouganda et du Soudan du Sud, cela peut bien être compris par les opinions publiques américaine et africaine, puisqu’il ne constitue pas véritablement une menace pour toute l’Afrique, encore moins pour les Etats-Unis. Mais ce serait une grave erreur stratégique que de ne pas s’impliquer dans la lutte contre Boko Haram et les Shebbabs somaliens comme il l’a laissé entendre, au nom d’un non-interventionnisme de mauvais aloi. Car ces deux organisations sont des filiales de Al-Qaeda et de l’Etat islamique qui se sont installées dans des Etats faillis du continent d’où elles pourraient, peut-être, envisager des attaques sur le sol américain ou contre des intérêts américains.

Au total, il n’y a pas grand-chose à attendre de la présidence de Donal Trump si l’on s’en tient à ses déclarations, et les Africains sont prévenus. Il n’y a guère que les dictateurs qui sont encore en poste, qui se réjouissent de l’arrivée au pouvoir de cet homme qui, vraisemblablement, devrait se soucier comme d’une guigne de leurs méthodes et pratiques antidémocratiques. Sur ce point précis, il appartiendra aux organisations sous-régionales de jouer pleinement leur partition en poussant vers la sortie, tous ceux qui prendront des libertés avec le respect des règles démocratiques, et le cas très récent de la Gambie et de Yahya Jammeh, pourrait faire office de jurisprudence.

Hamadou GADIAGA

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