SOUMANE TOURE, SG du PITJ : « C’est Roch Marc Christian Kaboré qui n’a jamais voulu que la Haute Cour de justice soit fonctionnelle »

SOUMANE TOURE, SG du PITJ : « C’est Roch Marc Christian Kaboré qui n’a jamais voulu que la Haute Cour de justice soit fonctionnelle »

Les leaders du Parti de l'indépendance, du travail et de la justice (PITJ) ont, le 14 juillet 2017, à leur siège à Ouagadougou, animé une conférence de presse. Au cours de cette rencontre, le PITJ a fait un bref rappel historique de la lutte du peuple français, le 14 juillet 1789, avec la prise de la Bastille, de l’évolution politique et des différentes luttes syndicales survenues au Burkina Faso, avant de se prononcer sur les questions d’actualité nationale.

Le 14 juillet dernier, face à la presse, Soumane Touré, le Secrétaire général du Parti de l'indépendance, du travail et de la justice (P.I.T.J), a présenté d’abord ses excuses aux Hommes de médias avant de donner lecture de sa déclaration liminaire. « Je vous demande de m’excuser parce que cela risque d’être un peu long », a-t-il dit. Dès l’entame de ses propos, à la faveur de ce 14 juillet, fête nationale de la République française, le SG du PITJ a rendu hommage au peuple français pour sa lutte contre la monarchie et son engagement à faire triompher la démocratie. Le peuple burkinabè, selon Soumane Touré, a, d’une manière ou d’une autre, hérité de cette lutte. De 1946 à nos jours, il va donc faire un bref rappel de la lutte du peuple burkinabè pour, a-t-il relevé, mieux faire l’analyse de la situation actuelle marquée, entre autres, par la gestion du pouvoir par le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP), l’affaire Djibrill Bassolé et le procès du dernier gouvernement de Luc Adolphe Tiao. Sur ce dernier point, le SG du PITJ a, sans équivoque, déclaré que « c’est un procès faux et inique ». Pour lui, si dans sa composition et son fonctionnement, la Haute Cour de justice connaît des problèmes, cela n’incombe pas à Blaise Compaoré, mais plutôt aux deux derniers présidents de l’Assemblée nationale sous son régime, en l’occurrence Roch Marc Christian Kaboré, président pendant 11 ans, auquel a succédé Soungalo Ouattara qui lui, a fait deux ans de présidence. « Notre parti est fondé à dire que c’est Roch Marc Christian Kaboré qui n’a jamais voulu que la Haute Cour de justice soit fonctionnelle », a-t-il estimé, en premier lieu. Aussi, selon le SG du PITJ, il n’est précisé nulle part dans les dispositions de la Constitution relatives à la Haute Cour de justice, que la responsabilité du Président du Faso et des membres du gouvernement peut être engagée devant cette Cour pour des conséquences d’une insurrection. Partant donc de ses constats, Soumane Touré a fait savoir que la Haute Cour de justice est incompétente pour juger Blaise Compaoré et son dernier gouvernement, pour les conséquences d’une insurrection qui a fait des victimes. En outre, avec la loi modificative portant organisation et fonctionnement de la Haute Cour de justice et la reprise annoncée du procès, estime Soumane Touré, le pouvoir va « prolonger sa honte ».

« Roch Marc Christian Kaboré veille particulièrement à ce que Djibrill Bassolé ne soit pas libéré »

Le PITJ, pour sa part, entend continuer à dénoncer l’inconstitutionnalité de la Transition et du Conseil national de la Transition (CNT), celle de la loi portant organisation et fonctionnement de la Haute Cour de justice et l’illégalité même du Conseil constitutionnel. « Le PITJ va enfin dire aux usurpateurs du MPP de laisser Blaise Compaoré tranquille, parce qu’ils l’ont mis eux-mêmes hors de portée de leur haine par la loi d’amnistie qu’ils ont votée et inscrite dans la Constitution du temps où ils étaient au CDP et dirigeaient l’Assemblée nationale », a déclaré Soumane Touré. Et de poursuivre que ce ne sont pas « Blaise Compaoré et son dernier gouvernement qui ont organisé l’insurrection ». « Ils n’ont pas organisé des manifestations contre eux-mêmes », a-t-il souligné avant d’ajouter : « la loi dit que ce sont les organisateurs de manifestations légales ou illégales qui sont responsables devant les juridictions compétentes afin que les victimes et leurs ayants droit puissent avoir réparation ». Partant de cela, pour le SG du PITJ, il faut rechercher les vrais coupables. D’ailleurs, parmi ces derniers, foi de Soumane Touré, figure Salifou Diallo, le président de l’Assemblée nationale. « Les vrais cerveaux sont les usurpateurs du MPP et Salifou Diallo en tête », a-t-il affirmé. Par ailleurs, sur le cas Djibrill Bassolé, Soumane Touré a encore accusé le pouvoir de travailler en sous-main pour maintenir l’homme dans les geôles. L’arrestation et la détention de Djibrill Bassolé, a-t-il soutenu, entrent dans la logique de l’élaboration, sous la Transition, du nouveau Code électoral afin d’écarter tous ceux qui étaient menaçants. Et pour lui, Djibrill Bassolé en fait partie, puisqu’il n’a jamais caché son intention de se présenter à l’élection présidentielle. « C’est vous qui êtes dans les considérations de droit. Sinon, pour nous, c’est une détention politique. Si on le relâche, il va raconter beaucoup de choses. C’est pourquoi Roch Marc Christian Kaboré veille particulièrement à ce que Djibrill Bassolé ne soit pas libéré », a révélé le SG du PITJ. S’agissant du Partenariat public-privé (PPP), pour le PITJ, ce n’est ni plus ni moins qu’une manière pour le pouvoir de blanchir de l’argent. « Ils veulent créer des entreprises pour blanchir des milliards. Sinon, connaissez-vous un seul homme d’affaires dans ce pays qui peut financer sur fonds propres ne serait-ce qu’un milliard de F CFA et attendre entre 30 et 40 ans pour récupérer son argent ? Ce sont encore pour eux et leurs hommes d’affaires qu’ils veulent créer des sociétés et blanchir des milliards spoliés au peuple », a-t-il dénoncé. Zéphirin Diabré, le Chef de file de l’Opposition politique, de l’avis de Soumane Touré, a les mêmes problèmes que ceux qui sont au pouvoir, car il a lui aussi été aux affaires et par conséquent, il a des « dossiers ». « C’est pourquoi dans son CFOP, il démarre comme s’il va faire la bagarre et puis il s’accroupit. Nous ne sommes pas dans cette logique », a conclu le SG du PITJ.

Adama SIGUE

 

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