SOUPÇONS DE CORRUPTION D’AGENTS PUBLICS ETRANGERS : Le M/PRSCA tire à boulets rouges sur le groupe Bolloré

SOUPÇONS DE CORRUPTION D’AGENTS PUBLICS ETRANGERS   :  Le M/PRSCA tire à boulets rouges sur le groupe Bolloré

 

 

L’interpellation suivie de la mise en examen de Vincent Bolloré n’en finit pas de faire des vagues. Chacun y  va de son analyse ; les unes aussi virulentes qu’acerbes. C’est le cas de Idrissa Nogo, coordonnateur national du M/PRSCA pour qui « Bolloré est le vampire du secteur de l’économie africaine ». Lisez !

 

Vincent Bolloré et deux de ses collaborateurs ont été placés en garde-à-vue à la fin avril 2018 par la Police judiciaire de Nanterre en région parisienne ! Ils sont, selon les enquêteurs, soupçonnés de corruption et de faux et usage de faux dans la concession de la gestion des ports africains. L’homme d’affaire français est pire que la « Françafrique » dont les ultimes soupirs et les râles ont été bruyamment reconnus au mois de novembre 2017 à Ouagadougou par un Emmanuel Marcon frileux dans la rupture et pétri de contradictions politiques ! Le Mouvement/Plus Rien ne Sera Comme Avant (M/PRSCA), organisation de la société civile, exige que Vincent Bolloré et sa bande de mafia soient retenus dans les liens de la prévention et exhorte les Etats africains à ouvrir la concession des ports à la concurrence des pays asiatiques. La société civile sonne la mobilisation en Afrique pour dénoncer les pratiques vampiriques de Vincent Bolloré ! L’information a été d’abord révélée par le journal « Le Monde » puis confirmée par l’hebdomadaire panafricain Jeune Afrique à la fin avril. Vincent Bolloré, le Président-directeur général (PDG) du Groupe Bolloré ; Gilles Alix, le directeur général de l’entreprise et Jean-Philippe Dorent, le responsable du Pôle international de Havas (une agence de communication du groupe) ont été placés en garde à vue le 24 avril 2018 par la Police judiciaire de Nanterre en région parisienne. Dès le lendemain, 25 avril, l’homme d’affaire des français à la réputation sulfureuse et sa bande d’escrocs ont été immédiatement mis en examen. Ils sont fortement soupçonnés de « corruption d’agents étrangers dépositaires de l’autorité publique », d’« abus de biens sociaux », d’ « abus de confiance »  et de « faux et usage de faux » à l’occasion de la Concession des terminaux à conteneurs (CTC) particulièrement sur les ports de Conakry en Guinée et de Lomé au Togo. Et pas seulement cela. Les magistrats français ont démontré, preuve à l’appui, que le Groupe Bolloré est un Ebola qui a inoculé durant plusieurs décennies son venin de la corruption et de l’injustice aux chefs d’Etat africains vénaux qui ne brillent que par leur incurie politique !  Mais il y a aussi un autre gros poisson sur lequel l’opinion publique africaine semble faire moins de fixation : il s’agit de Francis Perez, le Président du Groupe Pefaco, une société spécialisée dans l’hôtellerie et les jeux de hasard très implantée en Afrique, également mis en garde-à-vue à la même période. Petit rappel des faits surréalistes.

Affaires et politique

 

En 2008, la Guinée veut moderniser son port en hibernation depuis l’ère Sékou Touré. Un avis d’appel d’offres international est lancé. Quatre sociétés soumissionnent : Maersk,  Afrimarine, le Groupe Bolloré et Getma/Necotrans (qui deviendra plus tard Necotrans). Dès l’ouverture des plis, Afrimarine est chassée pour « dossier léger » ! Quant à la société Maersk, on lui oppose des critères bidon pour l’éliminer. Il reste deux candidats : Necotrans et le Groupe Bolloré. Ecrasant toute concurrence au passage, Necotrans remporte le contrat face à Bolloré. Mais la concession s’est déroulée dans un environnement fort hostile  et emprunt de grosses « réticences », selon les mots de Sory Camara, l’ancien directeur général adjoint du port de Conakry qui s’exprimait sur une radio internationale il y a quelques semaines. La victoire de Necotrans a été vécue comme un affront par la Commission technique. Qu’à cela ne tienne. Necotrans décide néanmoins de réaliser ses investissements sur le site portuaire pour une durée de vingt cinq ans conformément au cahier des charges qui lui a été imposé. 2008 : le Président Lansana Conté est en fin de règne et surtout en fin de vie.  L’arrivée au pouvoir du bouillant Moussa Dadis Camara le 22 décembre 2008 est vue comme une aubaine pour les autorités portuaires pour  calomnier Necotrans dans les coulisses de la Présidence. « Dadis » décide alors de chasser l’entreprise qui parvient in extremis à sauver « sa peau » grâce, selon encore Sory Camara, à l’intercession  de Blaise Compaoré qui dépêchera une délégation à Conakry. En décembre 2010, Alpha Condé est élu Président de la Guinée. Dans la foulée, le Groupe Bolloré « soigne » la communication électorale du candidat Alpha Condé. Vincent Bolloré et Alpha Condé sont des amis de très longue date. Le concessionnaire français a eu à donner gît et couvert à Alpha Condé au cours de son long et éprouvant exil politique parisien. Le 11 février 2011, soit trois mois seulement après l’accession au pouvoir d’Alpha Condé, une réunion dite extraordinaire du conseil d’administration du port annule la convention de concession du port de Necontrans. Le même jour un décret présidentiel y afférent est pris.  Necotrans est chassé comme un malpropre par l’armée guinéenne. Elle y perd tout. Pendant ce temps, le Groupe Bolloré était logé dans un hôtel de luxe dans la capitale guinéenne, attendant d’occuper le site abandonné par sa concurrente tant détestée. Jusqu’au moment où nous tracions ces lignes, le Groupe Bolloré est le seul maître incontesté des lieux. Pierre André Wiltzer, l’ancien ministre de la Coopération et ex-conseiller de la présidence de Necotrans et promotionnaire de Alpha Condé à la faculté de droit en France, a bel et bien confirmé ces faits en ce qu’il dit être allé « rencontrer personnellement »  le président guinéen qui, gêné qu’il était, s’est contenté de le renvoyer « voir » ses collaborateurs sans jamais indiquer « les éventuels manquements techniques » reprochés à Necotrans. Court-circuitée, Necotrans décide alors de porter l’affaire devant les juridictions compétentes et en France et en Afrique. A ce niveau aussi, Necotrans a gagné tous ses procès contre le Groupe Bolloré et surtout contre l’Etat guinéen qui refusent jusqu’à présent de s’exécuter. Pour Pierre André Wiltzer, l’ombre de Vincent Bolloré et celle du président guinéen seraient entrées dans les prétoires africains.

Il s’appelait Richard Talbot

 

Ruinée et criblée de dettes avec le fisc aux trousses, Necotrans une société française fondée par Richard Talbot, se retrouve en redressement judiciaire. Une vente aux enchères est organisée. C’est encore le même Vincent Bolloré qui vient cyniquement danser sur la dépouille, y cracher avant de racheter la carcasse. Comme un veau affamé, Vincent Bolloré a happé la pie de la vache de son rival. Epuisé par la vie et surtout par de longues et nombreuses années assommantes de bras de fer entre  le fondateur de Necotrans et Vincent Bolloré, Richard Talbot meurt quelques années plus tard. C’est Sophie Talbot, la fille de Talbot qui essaie vainement  de raviver le combat et la mémoire de son père. Aux dires de Sophie qui s’est exprimée début mai 2018 dans « Le nouvel Observateur parisien », la famille Talbot est entrain de déprimer. Pour maintenir le dernier souffle, la famille s’est vue contrainte d’hypothéquer son patrimoine.

Encore une autre affaire…encore Vincent Bolloré.

En 2001, la société Progosa, un groupe franco-espagnol obtient des contrats de manutention sur le port de Lomé au Togo. Progosa est fondée par Jacques Dupuydauby qui se trouve être un ancien associé de Vincent Bolloré. En 2009, le candidat Faure Gnassingbé est en campagne électorale pour l’élection présidentielle. Et selon le Parquet financier de Paris, ce fut l’occasion idéale pour l’agence de communication, Havas Worldwide, une filiale du Groupe Bolloré  d’offrir ses services au futur président togolais. Faure Gnassingbé sera élu président du Togo. Un matin, Progosa a été sommée d’arrêter définitivement ses activités sur le port. Le contrat de  concession lui est arbitrairement retiré et  octroyé irrégulièrement au Groupe Bolloré pour une période de trente-cinq ans. Mieux encore, le  24 mai 2010, soit seulement deux mois après l’élection présidentielle, un avenant est signé au contrat du Groupe Bolloré. Quelques mois plus tard, un chef d’inculpation est « fabriqué » et mis sous le chapeau de Jacques Dupuydauby : il est accusé de fraude fiscale, de complicité de fraude et d’escroquerie au Togo.  Sentant venir son incarcération, le Franco-espagnol quitte le Togo sur la pointe des pieds, la peur au ventre.  La Justice  togolaise demande alors une commission rogatoire auprès des autorités espagnole. Rattrapé par son passé, Jacques Dupuydauby y a été condamné à une lourde peine d’emprisonnement assortie d’une grosse réparation pécuniaire au profit de l’Etat togolais et curieusement au profit de Vincent Bolloré !  D’ailleurs un mandat d’arrêt européen a été lancé en 2017 contre lui par la justice espagnole. Assommé, le franco-espagnol s’est refugié en France. Comme s’il voulait faire un pied de nez à Jacques Dupuydauby, Vincent Bolloré fait  nommer au mois de juillet 2011, Patrick Kodjovi Senam Bolouvi, un demi-frère du Président togolais, au poste de directeur de Havas Média Togo. C’est écrit dans le rapport des enquêteurs français.

Encore Vincent Bolloré !

Cameroun : en 2008, le Groupe Bolloré a fait l’objet d’une plainte formulée par le même Jacques Dupuydauby auprès de la justice camerounaise pour favoritisme dans la concession du terminal à conteneurs du port de Douala dont le Groupe Bolloré avait la gestion depuis 2004. Après enquête, plusieurs hauts responsables du port sont mis aux arrêts, obligeant l’Etat camerounais en 2018 à revoir les clauses initiales du contrat avec le Groupe Bolloré. Mais entre-temps, François Holland y a effectué un passage-éclair. Gabon : pour n’avoir pas respecté ses engagements financiers dans la gestion des ports gabonais dont il est le seul maître incontesté depuis Bongo-père, le Groupe Bolloré s’est heurté à la concurrence singapourienne. Ne supportant jamais de perdre la face, l’homme d’affaire français « attaque » en justice  le gouvernement gabonais qui lâche très vite d’ailleurs du lest. Côte d’Ivoire : en 2004, le Président Laurent Gbagbo a passé  de gré à gré le contrat du premier terminal à conteneurs du port d’Abidjan au Groupe Bolloré qui raflera encore en 2013 dans des conditions bien douteuses le 2e terminal sous l’ère du Président Alassane Ouattara. Sénégal : présent depuis des décennies sur les ports sénégalais, le Groupe Bolloré est bousculé en 2007 par les pays du Golf persique. Irrité, Vincent Bolloré fait « circuler » une rumeur d’octroi de pot-de-vin à Karim Wade par les Dubaïotes. Oh ! très vite, l’opérateur français va encore reprendre  toute « sa » place : les enquêteurs ont révélé qu’il a fait jouer tous ses réseaux.  Au Burkina Faso, sous la pression du Groupe Bolloré, 90% des gares ferroviaires qui  procuraient bien des subsides aux familles modestes ont été fermées.  Préférant le fret au transport des personnes, le commerçant français a fait augmenter le prix du ticket du train voyageur au profit du train marchandises. Pour « endormir » la population africaine, Vincent Bolloré se met à parcourir l’Afrique pour inaugurer les salles de ciné  « Canal Olympia » aux côtés des chefs d’Etat africains qui ont malheureusement inversé la hiérarchie des valeurs auxquelles les populations se reconnaissaient. Le Groupe Bolloré est et sera ad vitam aeternam en Afrique tant qu’il aura en face un Etat médiocre, pour ne pas dire, un Etat néant où sa  démocratie approximative et  chancelante est portée par un conglomérat d’éclopés de chefs d’Etat africains qui dînent avec le « diable ». Le Mouvement/Plus Rien ne Sera Comme Avant (M/PRSCA), organisation de la société civile, invite toute la population africaine éprise de justice sociale à se mobiliser partout en Afrique pour organiser, dans une dynamique d’ensemble, une campagne de communication visant à demander le maintien de Vincent Bolloré et sa bande de mafia dans les liens de la prévention, à imposer aux Etats africains la concession des ports à la concurrence des pays asiatiques, à rendre public le cahier des charges liant les parties à la signature du contrat de concession et de cession des ports.

 

Pour le Coordonnateur national du M/PRSCA

Idrissa NOGO

babssonnogo@yahoo.fr

Tél. : (00226) 78348083

 

 

 

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