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SOUTIEN FINANCIER DU MINISTERE DES SPORTS AUX CLUBS DE D1 : Une allocation qui divise à l’USCO de Banfora

SOUTIEN FINANCIER DU MINISTERE DES SPORTS AUX CLUBS DE D1 : Une allocation qui divise à l’USCO de Banfora

Les joueurs de l’Union sportive de la Comoé (USCO) ont manifesté leur mécontentement vis-à-vis de la structure dirigeante du club, le 28 avril 2017. Ils ont même menacé de ne pas effectuer le déplacement de Ouagadougou de ce même jour où ils devraient croiser les crampons avec l’USO, dans le cadre de la 21e journée du Fasofoot.

 

L’Union sportive de la Comoé (USCO) de Banfora a failli ne pas jouer le match qui l’a opposée à l’USO, le 29 avril 2017 comptant pour la 21e journée du Championnat national de première division. En effet, les poulains de Hubert Zougbo ont, dans un premier temps, refusé d’effectuer le déplacement à Ouagadougou où devait se jouer le match comptant pour la 21e journée du Championnat national. La cause : ces joueurs sont mécontents de la gestion des fonds alloués par le ministère des sports aux clubs de première division par l’entremise de la Fédération burkinabè de football (FBF). A entendre les différents protagonistes de cette crise née au sein du club il y a environ deux ou trois semaines, on s’aperçoit que chacun à sa compréhension de la façon dont cette allocation doit être gérée. Pour les joueurs, les dirigeants veulent se contenter du soutien financier du ministère pour assurer les salaires. Si fait que lorsque la subvention du ministère arrive, ils prélèvent ce qu’ils leur avaient versé comme avance sur salaire.  Et comme si cela ne suffisait pas, martèle le sociétaire de l’USCO, Yacouba Ouédraogo, ils ont prélevé les 25% de l’allocation destinée aux petites catégories alors que l’USCO n’en dispose pas. A l’entendre, le joueur, tout compte fait, et selon la théorie des dirigeants du club, se retrouve avec à peine 8 000 F CFA sur la subvention de 2 millions de F CFA. « Nous avons eu des contacts avec d’autres clubs et même avec les structures en charge du football au plan national. Il nous revient, soutient le sociétaire de l’USCO, que nos dirigeants ne doivent rien soustraire de l’aide de la FBF et que les joueurs de D2 empochent facilement 75 000 F CFA à travers cette subvention. Pourquoi à l’USCO, nous qui sommes en D1, nous devons nous contenter de modiques sommes d’argent ? ».

 

Pour le SG de l’USCO, les joueurs sont instrumentalisés

 

Pour Yacouba Ouédraogo, la position de l’ensemble des joueurs est sans équivoque : « Nous voulons la totalité de l’allocation du ministère pour nous, comme c’est le cas dans les autres clubs, déduction faite des 25% s’ils tiennent à les prélever », lance-t-il tout en disant que si pour les dirigeants il s’agit d’une aide, ils n’ont pas à proposer le moindre sou aux joueurs. Ils n’ont qu’à reverser ce montant dans la caisse. De leur côté, les dirigeants du club ne comprennent pas cette attitude des joueurs cette année puisque, à entendre le secrétaire général de l’USCO, Noël Paré, le soutien du ministère a toujours été géré ainsi sans problème. « Nous ne comprenons pas pourquoi cette année, alors que le ministère a préféré l’appellation "subvention" à celle de "bourse", les joueurs réclament la totalité de la subvention. Le club a des difficultés financières et ils le savent. Mais aucun joueur n’a un arriéré de salaire à l’USCO. La situation se présente comme s’ils ont été instrumentalisés par d’autres personnes pour faire ce genre de revendications », a lancé Noël Paré, visiblement déçu par l’attitude des joueurs. A l’entendre, le club vient de recevoir le cumul de trois mois de la subvention du ministère. Ce qui représente donc six millions de F CFA qui étaient accompagnés d’une note expliquant les critères clairs d’utilisation. Brandissant ladite note, il explique : « Nous ne pouvons pas, comme l’exigent les joueurs, leur donné la totalité de cet argent. Nous avons des charges et quand le soutien du ministère nous parvient, nous réglons d’abord ces charges avant de voir ce qui peut revenir aux joueurs dont les salaires sont consignés dans le contrat. Certains gagnent 15 000 F CFA, d’autres ont 20 000 F CFA et il y en a même qui ont 5 000 F CFA. Tout dépend de ta place au sein de l’équipe. Nous avons toujours procédé ainsi depuis que la subvention est allouée et il n’y a jamais eu de problème ».

 

L’entièreté de la subvention aux joueurs

 

Faisant la genèse de la crise, le président de la Ligue de football des Cascades, Youssouf Dramé, a indiqué que sa structure a été touchée par les joueurs qui n’ont pas manqué de notifier le fait que le club ne leur avait pas versé la bourse que la Fédération alloue aux joueurs. Pourtant l’esprit de cette allocation est clair et veut que dans chaque club cette bourse vienne rehausser un tant soit peu le salaire des joueurs. Au niveau de l’USCO, l’esprit de la bourse est compris différemment par les acteurs. Avec le DR des Sports, nous avons pris langue avec le président du club qui nous a confié qu’étant donné que la Fédération et le ministère des Sports ont décidé de subventionner le salaire des joueurs, le club utilise par conséquent, cette allocation à ces fins. « Mais comme elle vient avec 2 ou 3 mois de retard, le président dit qu’il fait un préfinancement et qu’il le récupère lorsque la bourse vient. Ces derniers temps, une directive de la Fédération commande aux clubs de retenir 25% sur cette allocation pour les besoins des petites catégories. Bien que ne possédant pas de petite catégorie, les dirigeants de l’USCO ont prélevé ces 25% avant de mettre le reste à la disposition des joueurs. Le DR des Sport et moi-même avons plaidé auprès du président du club afin que l’entièreté de l’allocation soit versée aux joueurs, mais sans succès », a indiqué Youssouf Dramé.

 

« Si nous tombons en D2 ou en D3, on ne parlera même plus de subvention »

 

Le président de la Ligue trouve que c’est dommage qu’au lieu de se pencher sur le sort du club, les acteurs de l’USCO se retrouvent à se disputer autour d’une allocation de 2 millions par mois. « C’est impuissant que nous assistons à cette crise et j’ai tenu à informer la FBF qui avisera en temps opportun. Pour le président Sita Sangaré, des sanctions seront prises à l’encontre des dirigeants qui se rendront coupables de mauvaise gestion ». Dans la cité du Paysan noir, certaines indiscrétions évoquent la possibilité du retrait de la gestion du club des mains des dirigeants actuels et la mise en place d’un comité provisoire qui évacuera les affaires courantes jusqu’à la fin de la saison. Et certains supporters estiment que le président N’Gollo Drissa Ouattara n’est certainement pas bien informé de ce qui se passe au sein du club.

A entendre le président des supporters de l’USCO, Issiaka Soulama, il a fallu recourir au gouverneur de la région des Cascades pour que les joueurs acceptent d’effectuer le déplacement à Ouagadougou où ils ont pu, à la satisfaction de tous, arracher un match nul face à l’USO. Saluant les capacités de fin négociateur du gouverneur et préférant observer l’omerta et s’en remettre aux démarches que celle-ci entreprendra, Issiaka Soulama estime que pour l’instant, joueurs et dirigeants de l’USCO ne doivent avoir à l’esprit que le maintien du club en D1. Si le club tombe, a-t-il soutenu, on ne parlera même plus de bourse. A la dernière minute, on apprend que le bureau de l’USCO n’entend pas varier sa procédure de répartition de la subvention. Face à cette intransigeance, les joueurs de leur côté ont également décidé de ne plus s’entraîner. L’USCO, classée 14e sur 16 dans le championnat, court le risque d’être reléguée en D2 si rien n’est fait pour juguler cette crise.

 

Mamoudou TRAORE

 

 

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