SUSPENSION DU SALAIRE DE DEUX PROFESSEURS DANS LES CASCADES : La F-SYNTER s’insurge

SUSPENSION DU SALAIRE DE DEUX PROFESSEURS DANS LES CASCADES : La F-SYNTER s’insurge

MAQUETTE TIEMTORE ISSOUFLes professeurs militants de la F-SYNTER de la région des Cascades ont observé un sit-in à la DPENA/Comoé, le 25 mai 2016, pour exiger l’annulation de la mesure qui suspend le salaire de deux professeurs.

 

La procédure administrative engagée depuis le 28 avril 2016 à l’encontre des deux professeurs, militants de la F-SYNTER, pour abandon de poste, a atteint un niveau où leur salaire a finalement été suspendu. Jean Zongo et Djibril Yonaba n’ont donc pas été mandatés à la fin de ce mois de mai 2016. Pour manifester leur mécontentement et exiger le rétablissement de leur paie, les militants de la F-SYNTER ont pris d’assaut la cour de la DPENA/Comoé suite à l’appel de la coordination régionale pour observer un mot d’ordre de sit-in. Mégaphone en main, ils ont, quatre heures d’horloge durant, chanté et repris des slogans hostiles au DPENA et au MENA. « Nous ne voulons pas de problèmes » ; « DPENA, nous ne sommes pas tes enfants » ; « DPENA, il faut rengainer sinon si la corde se casse, tu seras seul à tomber », tels sont les slogans qu’ils scandaient, alors qu’ils étaient réunis juste derrière la fenêtre du premier responsable provincial de l’éducation nationale. Interrogé, Lassané Ouédraogo, SG de cette coordination, explique qu’ils sont là pour dire non à la procédure qui a été engagée à l’encontre de leurs camarades pour abandon de poste alors que durant toute l’année, ils étaient dans des établissements où ils ont travaillé et disposent d’attestation de présence et de prise de service. « Nous n’avons pas compris pourquoi il y a eu un communiqué pour abandon de poste et pourquoi par la suite il y a eu un arrêt de leur mandatement », a-t-il lancé, amer. Et de préciser que le MENA ne peut pas prendre des décisions en ce qui concerne les deux camarades de lutte, car ils sont des agents du MESS et non du MENA.

 

« Pour le retour de nos camarades au MESS, nous restons sur notre position »

 

A la question de savoir comment ils ont appris, avant la fin du mois, que les salaires des deux professeurs ont été coupés, Lassané Ouédraogo martèle que les informations sont disponibles pour qui veut vérifier. « A la Solde, nous avons fait ce travail ; ce n’est pas quelque chose de caché », a-t-il laissé entendre. Pour annuler la procédure, on leur demande de produire des lettres d’explication afin qu’on puisse remonter la voie classique pour l’annulation. Et de rappeler que le 23 mai 2016, ils ont eu une rencontre avec le gouverneur au sortir de laquelle il a été demandé aux deux agents de produire des lettres d’explication. « De notre point de vue, il n’en est pas question parce que ce ne sont pas des agents qui ont commis des fautes », martèle le SG de la coordination F- SYNTER qui poursuit qu’au cours de la rencontre, il a également été notifié à la F-SYNTER que le  retour des deux professeurs au MESS comme elle l’exige, n’est pas envisageable parce qu’il s’agit d’une décision administrative. « Nous revendiquons le rétablissement de leur salaire et si jusqu’à vendredi rien n’est fait, il faut craindre de nouvelles perturbations, surtout que nous sommes en période d’examen. Il ne faudra pas qu’on dise que la F-SYNTER est responsable de quoi que ce soit. Nous disons que nous restons sur notre position parce que la loi ne peut pas être rétroactive, et cela, d’autant que lorsque les deux camarades faisaient le concours, il n’y avait pas le continuum. Ils ont composé pour le compte du MESS et ce n’est pas parce que le MENA fait face à un manque d’enseignants qu’il faut aller piocher là où on veut pour venir combler le vide, et de cette manière, nous ne sommes pas d’accord », a affirmé Lassané Ouédraogo.

 

Des lettres d’explication non retirées

 

A entendre ce dernier, leur position est non négociable et l’administration se doit de la considérer car, a-t-il dit, « nous sommes en période d’examen et il faut craindre un durcissement de ton». Le DPENA de la Comoé, Seydou Barro, pour sa part, soutient que beaucoup de patience a été observée pour amener les deux professeurs à rejoindre leurs postes. Et c’est en tant que responsable administratif qu’il a engagé la procédure non sans avoir au préalable rendu compte à ses supérieurs hiérarchiques et informé le DR MESS. Selon lui, le gouverneur a été saisi de la question et a rencontré les différentes parties le 23 mai dernier. Après avoir écoutés les uns et les autres, elle a instruit la DPENA d’adresser une lettre d’explication aux deux professeurs, qui servira de base pour engager une procédure d’annulation de la suspension de salaire. A entendre Seydou Barro, les lettres d’explication ont été élaborées, mais lorsqu’il a invité les intéressés à venir les chercher, ils ont simplement dit que c’est leur syndicat qui s’en occupe.

 

Pour la petite histoire, il faut reconnaître avec le DPENA de la Comoé que c’est en  octobre 2015, avec l’introduction du continuum, que les deux professeurs tout comme quatre autres, ont été mutés comme directeurs de CEG, l’un à Moussodougou et l’autre à Ouo. Le 5 décembre 2015, le DR du MESS prend une note affectant définitivement l’ensemble des élèves- professeurs qui étaient en fin de stage probatoire dont les deux professeurs en question. L’un devait se rendre à Dakoro dans la Léraba et l’autre au lycée municipal Héma Fadouga Gnambia. Ce qui allait créer un nouveau manque de profs dans les CEG transférés au MENA, à la faveur du continuum. Alors, les autorités du MENA, en commençant par le DPENA,  saisissent celles du MESS qui, à leur tour, instruisent le DR MESS d’annuler sa note d’affectation. Par un écrit, ces mêmes autorités disaient que les professeurs en fin de stage devraient rejoindre les postes qui étaient les leurs avant la note du DR MESS, à savoir Moussodougou pour Yonaba Djibril et Ouo pour Zongo Jean. Mais, atteste le DPENA, depuis ce temps, les deux professeurs n’ont pas rejoint leurs postes. Et, a-t-il conclu, « c’est en tant que responsable administratif que j’ai engagé la procédure ». 

 

Mamoudou TRAORE

(Correspondant)

 

 

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1 Commentaire

  1. Da

    Tant qu’il n’y aura pas un organigramme clair de ce fameux MENA, des problemes surviendront toujours.L’organigramme qui a eté proposé n’est pas opérationnel.

    Reply

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