SYSTEME SANITAIRE AU BURKINA : Dr Jean Gabriel Taoko interpelle les dirigeants

SYSTEME SANITAIRE AU BURKINA   :   Dr Jean Gabriel Taoko interpelle les dirigeants

Il est docteur en médecine. Lui, c’est Jean Gabriel Taoko, propriétaire d’une clinique de la place. Dans cet écrit, il parle du système de santé au Burkina.

 

Comme suite à ma lecture dans les pages de  «  Le  Pays », quotidien  burkinabè  N°6688 du 4 octobre 2018, je souhaite apporter un éclairage sur les propos du Dr Louis Hamadé Ouédraogo, qui sont d’une grande  importance.

Il y déclare : « Il faut au Burkina Faso, des  dirigeants qui se soucient  des préoccupations majeures des populations ». 

Si j’ai bien compris, il dit être épidémiologiste à la retraite. Sous réserve d’homonymie parfaite, nous avons connu, dans les années 1980, un docteur en médecine portant la même identité auteur d’une interview parue dans  l’hebdomadaire voltaïque « Carrefour Africain » d’octobre 1983 où le sieur docteur Louis Hamadé Ouédraogo disait, aux côtés de son compère Dr Benoît Dimdouda, que les dégagés l’étaient parce qu’ « indésirables » (voir les archives du journal que pour ma part j’ai retrouvées en moins de 24 heures) de la parution de cet écrit (4/10/2018).

 Ce cynisme est incroyable ! Cette justification des dégagements « d’indésirables » précédait de quelques jours (26 /10/ 1983), la liste la plus longue de dégagés du système CNR et, de quelques mois, le « nettoyage » de la Fonction publique,  débarrassée de ses agents les plus qualifiés, de ses magistrats, ingénieurs, économistes, de ses professeurs d’université, des professeurs de collèges et lycées, de ses professeurs des écoles.

Les protagonistes de ce système, adeptes de nettoyage (épuration) idéologique voire « idiot-logique » digne des systèmes totalitaires et fascistes dont ils utilisent le vocabulaire (ennemis du peuple, indésirables, cancrelats, etc.) justifient aujourd’hui  la traque  de criminels nazis  et tout ce qui y ressemble. Je fais de la « pédagogie préventive » car le  «ventre est encore fécond d’où est sortie la bête immonde ».

 

La Terre-mère du Burkina regorge de tant et tant de sang d’innocentes  victimes que je ne saurais lire une telle infamie sans réagir en conscience et pour une pédagogie efficiente.

 Attention : au Rwanda, un mot identique a prétendu justifier l’injustifiable : les « cancrelats ». Au Cambodge, un vocabulaire identique a été utilisé et nous connaissons la suite.

 De mémoire d’homme, on sait que ce vocabulaire fut  utilisé par les nazis, les fascistes qui avaient perdu tout  humanisme et toute humanité !

Que les peureux, les lâches ne me disent pas que je règle des comptes ou que je suis vindicatif.

Les crimes contre l’humanité sont imprescriptibles. Les idéologies, les comportements qui y mènent le sont tout autant.

Que ceux qui ont, dans un passé récent (1983)  … reprennent du service, voilà qui fait peur ! Et qui déclenche  le réflexe salutaire.

Quelques villages de la région de Kalsaka manquent de médecins ! Oh quelle horreur !

 Mais vous,  excellence monsieur camarade Docteur, qui étiez si puissant, vous auriez dû faire affecter  Léopold, Pierre ou Jean-Gabriel dans cette région. Et les problèmes de ces villages seraient résolus. Que faites-vous en ce moment ?

Des « dirigeants qui se soucient des préoccupations majeures des populations » pourraient vous mettre en situation de vous mettre au service de ces populations de Kalsaka.

Un docteur en médecine n’est jamais à la retraite. La quasi-totalité des 20 millions de Burkinabè non plus.

Le Burkina Faso peut-il se permettre de mettre à la retraite des médecins bien portants ?

Pour rappel, les Etats européens, pour ne citer que ceux-là, ont des dispositions remettant en cause l’âge de cessation d’activité des médecins.

Comment  aviez-vous procédé à de l’eugénisme politique,  à l’épuration idéologique dans le peuple  pacifique et humaniste de la Haute Volta ?

Hier, nous n’avons pas vu venir ! Mais en octobre 2018, comme  dit une  ritournelle post insurrectionnelle, « nos yeux sont décillés ».

Il faut se méfier d’un système théorique, quelquefois utopique qui n’a pas eu d’impact concret.

  Les médecins sont utiles à la médecine, les éducateurs utiles  à l’éducation des populations, les magistrats utiles à la Justice et à la cohésion sociale. Pourquoi leur faire tant de mal ?

 Jacqueline et Joseph Ki-Zerbo ont quitté la Haute Volta par les chemins vicinaux sous déguisement. Yembila Touguiéni itou. « Plus patriote et plus panafricaniste» que ce trio, « tu meurs », comme disent les jeunes !

Son excellence monsieur camarade président national des CDR n’est-il pas allé réclamer devant une AG du personnel de l’hôpital Yalgado Ouédraogo, la nationalisation des maisons des docteurs Amadou Sanou et Jean-Gabriel Taoko qui s’étaient éloignés de vous par vos décisions pas très intelligentes !

Vous laissiez apparaître le critère principal de votre adhésion à une révolution qui n’en était pas.

Confirmation de ce que j’ai décrit « in Observateur paalga de mars 1997 »  une des catégories qui composent le groupe des « révolutionnaires».

Un rêve, une autre utopie contrariée !

 De mémoire de Voltaïques/Burkinabè, en 1980, la Haute-Volta disposait de la « dream-team » médicale de l’Afrique francophone !

 Les médecins voltaïques revenaient  tous d’Europe ou d’universités régionales, hautement qualifiés par  leurs mérites et non au prorata d’un militantisme de gauche ou à la faveur de relations d’intérêt familial ! Voulez-vous des noms ou un dessin ?

Votre système de CNR, miné de l’intérieur m’a-t-on dit, avait en admiration sans borne, le système albanais d’Enver Hodja pour transformer la Haute-Volta en une «  Albanie des tropiques ou Albanie du Sahel »   où les médecins aux pieds-nus y officieraient en mandarins sans partage.

Ainsi, un « scud » venu de plus de 3 000 km a cassé cette dream-team médicale et tout ce qui pouvait  y ressembler dans les autres secteurs socio-économiques du pays.

Le reste, on connaît !
Le CNR a voulu substituer la « camaraderie » à la fraternité consubstantielle, à la culture africaine et burkinabè. Ce fut un « bide ».

En son temps, je ne faisais mystère de mon rejet de ce « terme abject » et dangereux tout comme son équivalent « indésirable », aux portes de la déshumanisation qui donne bonne conscience aux criminels de tout genre.

En 2018, le bilan de notre système de santé n’est pas des meilleurs et le verdict de la commission ad hoc de l’Assemblée nationale donne à réfléchir.

Le constat du ministre de la Santé, Nicolas Méda, nous laisse pantois. La visite du ministre de la Santé au CHU Yalgado Ouédraogo a fait découvrir aux Burkinabè, la phase terminale d’un HYO atteint d’une grave maladie de système (managériale, immunitaire) à laquelle  se surajoute une grave infection par un staphylocoque « Méti-R » qui affecte  tout le système de santé qui s’y rapporte. 

Mais, faut-il rappeler que l’Hôpital Yalgado Ouédraogo, navire amiral du dispositif de santé en Haute-Volta comme au BF dès son ouverture en 1960, était un hôpital de référence qui attirait, par l’intermédiaire du système  de la coopération française, du beau monde de la médecine !

 « Les VSN » se « battaient au bazooka » pour  avoir une affectation à Yalgado Ouédraogo à la fin de leur stage au Pharos à Marseille-surtout pour les candidats chirurgiens dont plusieurs sont à ce jour, des enseignants-chercheurs de rang magistral dans leur pays de naissance. (Aussi bien dans les rangs civils que dans l’armée).

Votre serviteur l’avait bien compris et y était allé fixer ses racines et y attire aussi ses aînés. C’était sans compter sur l’esprit malin de la cinquième colonne du CNR.

L’HYO est aujourd’hui et dans son état, incapable  d’assurer sa triple mission de soins, d’enseignement et de recherche. Faut-il s’y cramponner ? Acharnement thérapeutique ? Pas éthique ni moral.

Les médias burkinabè ont lancé un SOS, à l’exemple du scénario d’un film hollywoodien : Il faut sauver le « soldat Yalgado ».

« Quoi dire » de plus ? Que les difficultés actuelles que connaît le Burkina sont inhérentes  à tout changement qualificatif brusque mais salutaire.

Nous en voyons les prémices :

rétablissement de la justice-qui n’est pas la vengeance-et qui rétablit l’égalité entre les citoyens, apaise les cœurs des victimes en les rétablissant dans leurs droits et leur dignité.

Combat contre l’ignorance avec la création d’écoles, de lycées et collèges d’excellence qui garantissent l’égalité des chances pour tous ;

 la mise en chantier d’un programme de véritable « santé pour tous ».

 Et ce ne sont là que quelques aspects non exhaustifs des chantiers en cours.

Pas étonnant  alors, que la « conscience nationale de nos traditions » en souligne la « bonne direction ».

 La tâche immense, jamais achevée, n’autorise personne à s’octroyer le repos ou la retraite, espèce de planque, de privilèges non abolis au 4 -Août.

Les francs-tireurs, les snipers et autres  « caméléons équilibristes »  ne devront plus compter sur l’amnésie collective pour reprendre du service.

J’imagine le caméléon qui a pris de l’âge, devenu daltonien et perdu sa vision polychromique protectrice ; que le principe irlandais de l’« Under dog » a perdu de sa pertinence et les adeptes de ces ruses filent tout droit vers un trou noir.

Retenons ceci : « Doucement, nous sommes pressés »

                                                                                                    Jean-Gabriel Taoko

 

 

 

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