TENSIONS AU PARLEMENT DU CAP : Zuma récolte ce qu’il a semé

TENSIONS AU PARLEMENT DU CAP : Zuma récolte ce qu’il a semé

C’était hier soir, au Cap, en Afrique du Sud. Alors que le président Jacob Zuma prononçait son discours à la nation, les députés du parti du truculent Julius Maléma ont été violemment expulsés de l’hémicycle. Leur péché, c’est d’avoir chahuté ou scandé des slogans hostiles au président Zuma qui, on le sait, fait depuis peu face à une fronde sans précédent. En témoignent les appels à sa démission qui se sont multipliés ces derniers mois et ce, parfois même au sein de ses propres soutiens. C’est sans doute conscient de cette situation que le président Zuma a pris les devants en déployant, à l’occasion de son adresse à la nation, un dispositif sécuritaire impressionnant. Près de 400 militaires ont été mobilisés pour un évènement qui relève plus d’un exercice traditionnel que d’un rendez-vous particulier. De quoi donc Zuma a-t-il peur ? Avait-il besoin d’une telle publicité ? Assurément non ! A moins qu’il n’ait quelque chose à se reprocher. Et c’est bien là que le bât blesse. Car, faut-il le rappeler, depuis l’affaire de la rénovation de sa résidence privée à Nkandla, suivie de nombreux scandales de corruption, le président Jacob Zuma, déjà mal famé, n’était plus en phase avec son peuple.

La tension qui a valu l’expulsion des députés de l’opposition est la preuve que la démocratie sud-africaine est en marche

Si fait qu’au sein même de son propre parti, l’ANC, certains n’ont pas hésité à lui tourner le dos. On se rappelle, en effet, que trois de ses propres ministres l’avaient ouvertement critiqué, allant jusqu’à déclarer que Zuma, au regard de ses excentricités, était frappé d’indignité au point qu’il ne pourrait plus diriger l’Afrique du Sud. L’homme s’est montré incapable de chausser les bottes de Nelson Mandela qui, sans doute, est en train de se remuer au fond de sa tombe. Pour moins que cela, certains dirigeants ont été poussés vers la sortie, mais Jacob Zuma n’en a cure ; cuirassé qu’il est contre la critique et les lazzis. Heureusement d’ailleurs qu’en Afrique du Sud, contrairement au Gondwana, les institutions sont plus fortes que les hommes. Du reste, la tension qui a valu l’expulsion, hier, des députés de l’opposition du parlement, est la preuve que la démocratie sud-africaine est en marche. Car, sous d’autres cieux, l’hémicycle, en pareille occurrence, se caractérise par une solennité à nulle autre pareille.

B.O

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