LES TISSEUSES DU BURKINA, A PROPOS DES PAGNES IMPORTES DU 8-MARS 2018 : « Nous sommes complètement déçues de la ministre Laure Zongo/Hien »

LES TISSEUSES DU BURKINA, A PROPOS DES PAGNES IMPORTES DU 8-MARS 2018    : « Nous sommes complètement déçues de la ministre Laure Zongo/Hien »

 

Les membres de la Fédération nationale des tisseuses du Burkina Faso (FENATI/BF) ne sont pas contentes. Ce mécontentement est lié au fait que les pagnes imprimés du 8-Mars 2018 envahissent le marché au détriment de ceux en Faso Dan Fani choisis pour la célébration de la fête du 8-Mars. C’est au cours d’une conférence de presse animée hier, 31 janvier, à la Maison de la femme de Ouagadougou qu’elles l’ont fait savoir.

 

La célébration de la Journée mondiale de la femme s’annonce à grands pas. Le comité d’organisation met les petits plats dans les grands pour que la fête soit belle. Mais cela n’est pas le cas chez la FENATI/BF qui est remontée contre la ministre de la Femme, de la solidarité nationale et de la famille, Laure Zongo/Hien, qui, selon elle, est à l’origine de la perturbation de leur travail sur toute l’étendue du territoire national à travers son autorisation de laisser entrer des  pagnes imprimés au Burkina et ce, au détriment du pagne Faso Dan Fani. Elle l’a fait savoir au cours d’un point de presse animé le 31 janvier dernier. « Nous sommes complètement déçues et découragées de la ministre en charge de la femme, qui n’a pas joué son rôle de ministre au gouvernement. Qu’est-ce qu’elle a bien reçu de ces importateurs de pagnes pour prendre une telle décision ? », s’est interrogé l’expert en textile, Désiré Maurice Ouédraogo, avant d’indiquer que ce genre de comportements nuit au développement du Burkina et est tout à fait contraire à l’arrêté du 29 novembre 2017 pris par le Premier ministre, portant promotion et valorisation du Faso Dan Fani au Burkina. La présidente de la FENATI/BF souhaite  le boycott pur et simple des pagnes importés le jour du 8-Mars. Son vœu est d’empêcher toute personne qui porterait ces pagnes de mener ou de prendre part aux activités entrant dans le cadre de la journée du 8-Mars. « Nous appelons à la solidarité nationale. Que le  patriotisme prime l’intérêt individuel », a-t-elle lancé. Quant à la secrétaire générale de la FENATI/BF, Germaine Compaoré, elle a laissé entendre que c’est un sentiment de regret et d’amertume qui les anime, suite aux comportements  de ceux qui sont à l’origine de la circulation de ces pagnes importés et qui en font leur fonds de commerce. Elle sollicite l’implication du gouvernement qui avait pris la décision, en 2015, de promouvoir le port du Faso Dan Fani,  à l’occasion des festivités du 8-Mars.  A l’endroit du gouvernement, elle a lancé ceci : « Une chose est de prendre des décisions pour la promotion et la valorisation du Faso Dan Fani, une autre  est de prendre des mesures pour préserver la production des tisseuses qui n’ont pas de grands moyens financiers à injecter dans le travail. Sinon, elles risquent de tomber dans la mévente, face à la concurrence rude des pagnes imprimés qui apparaissent pour les mêmes circonstances de fêtes évènementielles ».  Les membres de la FENATI/BF ont du reste noté qu’elles sont conscientes du coût élevé des pagnes Faso Dan Fani par rapport à ceux importés, mais les tisseuses demandent au gouvernement de les soutenir en subventionnant les fils qui servent à tisser ces pagnes, pour la valorisation des produits locaux. Elles souhaitent renforcer davantage la communication et la sensibilisation à l’endroit des populations pour le port massif des pagnes locaux lors des cérémonies. Elles ont aussi signalé que le prix des pagnes reste inchangé, à savoir ceux avec logo du 8-Mars, à 6 000 F CFA le pagne, 9 000 F CFA le pagne et demi et 12 000 F CFA les deux pagnes. Le prix des pagnes sans logo du 8-Mars est fixé à 5 000 F CFA l’unité, 7 500 F CFA le pagne et demi et 10 000 F CFA les deux pagnes.

Valérie TIANHOUN

 

 

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