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TOURNEE DE BENJAMIN NETANYAHU EN AFRIQUE

L’opération de charme continue

Le fait est suffisamment rare pour être souligné. Benjamin Netanyahu, le ci-devant Premier ministre israélien, a entamé, le 3 février 2020, une tournée en Afrique. En juillet 2016, il s’était déjà rendu à  Entebbe en Ouganda où il avait commémoré « l’opération commando héroïque » lors de laquelle son frère aîné, Yonathan Netanyahu, a été tué, en 1976, alors qu’il tentait de libérer les passagers d’un vol Tel-Aviv/Paris détourné par des terroristes. « Je me rends une nouvelle fois en Afrique. C’est ma cinquième visite depuis environ trois ans et demi. Ce sont des liens qui sont très importants dans les domaines politique, économique, sécuritaire et d’autres domaines », a déclaré Netanyahu avant d’embarquer dans l’avion qui l’emmenait en Ouganda, tout en promettant, sans autre forme de précision, « une très bonne nouvelle pour l’Etat d’Israël ». En tout cas, ces dernières années, Israël a renforcé ses relations diplomatiques avec plusieurs pays africains et cela après une longue période difficile. A juste titre d’ailleurs. Car, au nom de leurs intérêts, les grandes puissances préfèrent souvent fermer obstinément l’œil sur les dérives de certains dirigeants africains.  D’ailleurs, comment pouvait-il en être autrement quand on sait que le Premier ministre Netanyahu, à travers cette mini-tournée, cherche à consolider les relations israélo-africaines brouillées, il y a bien des décennies ? On se rappelle, en effet, que de nombreux pays africains, dans les années 70, avaient pris leurs distances vis-à-vis d’Israël en raison  non seulement des conflits que l’Etat hébreu entretenait avec ses voisins, mais aussi à cause des liens unissant à l’époque Tel-Aviv au régime d’apartheid en Afrique du Sud.

Face à la force de la diplomatie du chéquier, on perd parfois son latin !

 

Comme on le sait donc, Israël, aujourd’hui plus qu’hier, est à la recherche du soutien des pays africains dans les instances internationales où il fait l’objet de vives critiques liées à l’occupation des territoires palestiniens, sans oublier non plus ses intenses activités nucléaires. Cette opération de séduction rappelle la Chine  Taïwan qui, à la recherche d’une reconnaissance internationale, n’hésite pas aussi à cracher au bassinet quand il le faut, pour s’attirer davantage la sympathie de ses soutiens. Mais la comparaison s’arrête là. Car, en plus de l’injustice faite aux Palestiniens, Israël, contrairement à la Chine Taïwan, semble parfois en faire à sa tête, si fait qu’à ce jour, les statistiques font état de près de 100 résolutions de l’ONU qu’il n’a jamais respectées. Et comme pour ne rien arranger, certains pays, tels l’Egypte et le Maroc, trouvent moyen de coopérer avec l’Etat hébreu pendant que leurs frères musulmans sont injustement tués dans la bande de Gaza et en Cisjordanie. C’est à n’y rien comprendre. Mais que voulez-vous ? Face à la force de la diplomatie du chéquier, on perd parfois son latin !

 

B.O

 

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