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TRANSITION POLITIQUE AU BURKINA :Zida passe le témoin à Kafando

La cérémonie officielle de passation de charges entre le lieutenant-colonel Yacouba Isaac Zida, chef de l’Etat sortant et Michel Kafando, chef de l’Etat entrant, a eu lieu le 21 novembre 2014, au palais omnisports de Ouagadougou, en présence de plusieurs chefs d’Etat de la sous-région, notamment ceux du Mali, du Niger, de la Mauritanie, du Ghana, du Sénégal et du Bénin. Les présidents ivoirien et togolais se sont fait représenter par leurs ministres des Affaires étrangères. C’est au cours d’une cérémonie riche en couleurs que le nouveau chef de l’Etat a promis de consacrer son mandat impératif sur l’avènement d’une vraie justice sociale. Pour ce faire, il a non seulement autorisé l’identification du corps de Thomas Sankara, mais aussi décidé de dédier le Mausolée des héros nationaux, qui portera désormais le nom de « Panthéon des martyrs de la Révolution», à tous les valeureux combattants fauchés les 30 et 31 octobre derniers, pour que triomphe la liberté au Burkina Faso.

 

Désigné dans la nuit du 16 au 17 novembre dernier, Michel Kafando est pleinement entré, le 21 novembre dernier, dans ses fonctions de président de transition du Burkina Faso, avec désormais en main le bâton de commandement du navire battant pavillon Burkina pour une période maximum d’un an. Annoncée pour 17h00, la cérémonie officielle de passation de charges a débuté à 18h40, avec l’arrivée du chef de l’Etat sortant, le lieutenant-colonel Yacouba Isaac Zida et celui entrant, Michel Kafando, sous une forte acclamation du public de la salle parée aux couleurs nationales. A l’intérieur se trouvaient déjà John Dramani, président du Ghana, Ibrahim Boubacar Kéita du Mali, Mohamed Ould Abdel Aziz de la Mauritanie, Macky Sall du Sénégal, Mahamadou Issoufou du Niger et Yayi Boni du Bénin, ainsi que trois ministres des Affaires étrangères représentants leurs présidents à savoir celui de la Côte d’Ivoire, du Nigeria et du Togo, qui n’ont pas voulu se faire conter l’évènement du jour. Ouvrant les allocutions, le président ghanéen, John Dramani, le représentant du secrétaire général de l’Organisation des nations unies en Afrique de l’Ouest, Ibn Chambas, et le président en exercice de l’Union africaine, Mohamed Ould Abdel Aziz, ont, dans leurs allocutions, félicité le peuple burkinabè, le chef de l’Etat sortant et celui entrant et les partis politiques pour l’aboutissement du transfert du pouvoir aux civils. Ils ont souhaité que le président entrant puisse assurer pleinement ses fonctions de président de transition, conformément aux dispositions de la Charte de transition et de la Constitution du Burkina Faso. Toute chose qui permettra aux autorités de la transition de préserver le consensus et l’unité nationale pour cette période cruciale, jusqu’aux élections de 2015. Après leurs discours respectifs, les sacres de passation de charges proprement dits ont débuté par l’entrée du drapeau nationale, puis la remise des couleurs nationales au président entrant, Michel Kafando, par le chef de l’Etat sortant, le lieutenant-colonel Isaac Zida, acquérant ainsi les pouvoirs de présider à la destinée de tous les Burkinabè. Le nouveau chef de l’Etat, après avoir reçu les félicitations, a, à l’entame de son discours, fait observer une minute de silence en mémoire des manifestants qui ont trouvé la mort au cours de l’insurrection populaire. S’inclinant très respectueusement devant ces martyrs de la révolution, il a tenu à les faire entrer dans l’histoire par la grande porte de l’héroïsme, en leur dédiant le Mausolée des héros nationaux (NDLR : situé à Ouaga 2000) qui portera désormais le nom de «Panthéon des martyrs de la Révolution». « Nous allons donc faire entrer dans ce panthéon, nos valeureux martyrs en lieu et place des héros qui n’y ont jamais séjourné. Valeureux combattants tombés au champ d’honneur pour que vive la liberté au Burkina Faso, entrez donc dans votre sanctuaire », a-t-il déclaré avec beaucoup d’émotion.

« Les trois  plus jamais  et l’ouverture du dossier Sankara »

Michel Kafando a aussi rassuré le peuple burkinabè qui, depuis longtemps, a soif de justice. Pour lui, en effet, le message du peuple est clair : « plus jamais d’injustice. Plus jamais de gabegie, plus jamais de corruption. Tout nous conduit donc à prendre nos responsabilités et à répondre à cet appel », a-t-il promis. Une autre annonce du discours du nouveau chef de l’Etat qui a suscité beaucoup de réactions dans la salle a été l’ouverture du dossier Thomas Sankara. « Les investigations pour identifier le corps du président Thomas Sankara ne seront plus assujetties à une décision de justice, mais seront du ressort du gouvernement. Et d’ores et déjà, aujourd’hui même, à cet instant même, cette autorisation est accordée », a indiqué le nouveau chef de l’Etat. Pour lui, la tragique et douloureuse épreuve qu’a vécue le Burkina est la résultante des errements et de l’aveuglement d’un système qui, jusqu’à l’entêtement, a refusé de regarder la réalité en face. « Cette révolution n’est que la résultante d’une exaspération sociale face à l’injustice flagrante, au népotisme, à l’impunité et à la corruption », a-t-il fait savoir. C’est pourquoi, il en fait son cheval de bataille. « Avec ceux qui ont méprisé cette justice et qui pensent qu’ils peuvent impunément dilapider les deniers publics, nous règlerons bientôt les comptes », a-t-il averti, parce que pour lui, le message du peuple est clair : « plus jamais d’injustice. Plus jamais de gabegie, plus jamais de corruption ». C’est l’hymne national entonné en chœur qui a mis fin à la cérémonie officielle, ouvrant ainsi une nouvelle page de l’histoire du pays des Hommes intègres.

Mamouda TANKOANO et Adama SIGUE

 

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