TRIPATOUILLAGE DE LA CONSTITUTION OUGANDAISE : Museveni sur les traces d’Idi Amin Dada

TRIPATOUILLAGE DE LA CONSTITUTION OUGANDAISE : Museveni sur les traces d’Idi Amin Dada

Alea jacta est ! La proposition de loi pour déverrouiller la clause limitative d’âge qui frappe la fonction présidentielle, en débat au parlement depuis le 20 septembre dernier, a été finalement adoptée le mercredi 20 décembre par 315 voix contre 62. Nul besoin de dire que cette modification de la Constitution ougandaise emmenée par les sbires à la solde du président  Yoweri Museveni, est juste un réajustement pour offrir un pouvoir à vie à ce dernier. Et dire qu’en 2005, les députés du parti présidentiel, le Mouvement de Résistance nationale (NRM), avaient déjà modifié la Constitution pour supprimer la limitation de l’exercice de la fonction de chef d’Etat à deux mandats consécutifs de cinq ans.

L’Ouganda, il faut le dire, est le Gondwana incarné

Il faut le rappeler, avant ce tripatouillage, la Constitution ougandaise prévoyait que les candidats à la magistrature suprême doivent être âgés de moins de 75 ans. En effet, le maître de Kampala, aujourd’hui âgé de 73 ans et aux commandes du pays depuis la décennie 80, ne devrait pas pouvoir briguer un troisième mandat, si l’on s’en tenait à la volonté du Constituant originel de l’Ouganda. Tout compte fait, l’Ouganda, il faut le dire, est le Gondwana incarné. Et cette nouvelle révision constitutionnelle n’est que l’acte de naissance d’un nouveau royaume où, sans nul doute, s’établira la dynastie Museveni. Surtout que ceux qui sont dans le secret des dieux, soupçonnent l’existence d’un plan de succession qui fait du probable héritier du trône, le fils de Museveni,  Muhoozi Kainerugaba, le plus jeune major général de l’armée ougandaise par ailleurs haut conseiller à la Présidence. Une chose est certaine, en réussissant ce nouvel attentat contre la Constitution ougandaise, Museveni qui marche déjà sur le bas-côté de l’histoire, fait un pas de plus sur les traces du pire président que le pays ait connu, Idi Amin Dada. Le pire est qu’il bénéficie de l’onction silencieuse des puissances occidentales et de la subite aphonie de la Communauté internationale.

« Le Pays »

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Google+