VENTE FRAUDULEUSE  DE CARBURANT : Une activité dangereuse  à combattre

VENTE FRAUDULEUSE  DE CARBURANT : Une activité dangereuse  à combattre

La vente de carburant en bouteilles dans les rues  est une pratique déplorable. Elle a de nombreux inconvénients, mais reste une nécessité aujourd’hui au regard des problèmes de tous ordres que rencontrent les Burkinabè. Nous y avons fait le constat en parcourant les artères de la ville de Pô.

 

La province du Nahouri est frontalière avec le Ghana, un pays côtier importateur et producteur de pétrole. Chaque jour, de nombreuses citernes transportent le carburant des ports de ce pays vers le Burkina Faso en traversant cette province, particulièrement la ville de Pô. Ce carburant est acheminé à Ouagadougou, pour être traité à la SONABHY avant de revenir à Pô pour être vendu à la pompe. A moins de 18 kilomètres du Ghana, de jeunes Burkinabè, longeant l’autre côte de la frontière, préfèrent en payer moins cher. Selon quelques vendeurs que nous avons interrogés, de multiples raisons les poussent dans ce commerce. Il s’agit du manque d’emploi, de la pauvreté, de la chèreté du carburant venant de Ouagadougou. Ce commerce a des conséquences négatives innombrables, notamment les incendies qui peuvent survenir lors d’un mauvais conditionnement du carburant. Nous avons en mémoire l’incendie en 2017 du marché de Koupèla qui avait fait de nombreux dégâts. Une loi existe dans ce sens mais, son application s’avère difficile,  car l’Etat ne peut pas trouver du travail pour les millions de Burkinabè,  diplômés comme  cultivateurs qui ne travaillent que durant trois mois de saison pluvieuse. Une équation difficile à résoudre au regard de la multiplication des stations ambulantes sur toute l’étendue du territoire. Nous nous sommes évertué à les compter sur la RN5. Sur une distance d’un kilomètre et demi, nous avons dénombré 33 stations mobiles. De nombreuses bouteilles, des bidons contenant de l’essence sont exposés au soleil. Le comble de la situation de Pô, c’est que la ville   ne dispose que d’une seule station avec seulement deux pompes.  C’est  un casse-tête pour les autorités qui doivent y trouver une solution.

Nitin Bruno OULON (Correspondant)

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