VICTOIRE D’EMMANUEL MACRON : « Laurent Bado  réhabilité », selon Salifou Parkouda

VICTOIRE D’EMMANUEL MACRON : « Laurent Bado  réhabilité », selon Salifou Parkouda

Pour l’auteur du point de vue ci-dessous, la victoire d’Emmanuel Macron à la dernière présidentielle française n’est rien moins que celle du Pr Laurent Bado, le père spirituel du Tercérisme. « L’évolution du monde, dit l’auteur, donne amplement raison à Laurent Bado ». Lisez !

Macron et Bado, deux personnalités éminemment « étranges » qui partagent la même vision politique. Le premier, fils ou petit-fils d’un colon français né dans une zone tempérée très froide, grand banquier de formation, dans le concret, de culture ultra libérale (confère le soutien du patronat français), mué en social-démocrate avant d’en être viscéralement déçu.
Le second cité, Africain pur sang, profondément attaché à la foi chrétienne, Laurent Bado, demeure enraciné dans les valeurs africaines fondées sur l’amour et la solidarité. Intellectuel de haut niveau, il est le père spirituel du Tercérisme. Trait commun des deux hommes : ils se démarquent tous deux des grands courants de pensée, à savoir le libéralisme et le socialisme.

L’accomplissement d’une prophétie !

Nul n’est prophète chez soi, nous dit l’adage. Laurent Bado ou le prophète de Zoula, a été profondément marqué par les évènements sociaux depuis sa tendre enfance au village, au petit séminaire de Pabré en passant par l’université d’Abidjan puis à l’université de Bordeaux et à Paris. Bref, à la faveur de cette somme d’éducation et de formations universitaires bien réussies, M. Bado se révéla au public voltaïque devenu plus tard burkinabè, à travers des séries de conférences publiques dans tout le pays.

Déjà, en janvier 1981, il publiait un ouvrage retentissant : « Ni l’Est, ni l’Ouest ». Dans cet ouvrage, comme pour prévenir une révolution qui était en gestation, M. Bado invitait les peuples africains, notamment burkinabè à compter sur eux-mêmes. Tout a une fin, prévient-il, lorsque tout est bâti sur du faux.
Plus de 36 ans après, Emmanuel Macron qui était à peine né, fait siennes les idées lumineuses de cet ouvrage. Quelles curieuses similitudes ! Toujours dans sa quête permanente de conscientiser les politiques et les élites africaines, M. Bado sortit de nouveau une autre œuvre : « Au-delà du libéralisme et du socialisme. », en 1987. Là encore, il dénonçait déjà ces deux grandes idéologies dominantes. Selon lui, le libéralisme, c’est le socle de la société libérale fondée sur la liberté individuelle. Ce type de société place l’individu au-dessus du groupe. Au plan économique, c’est le capitalisme privé exploiteur, autrement dit, l’égoïsme individualiste. La société libérale ne créait pas une société humaine où il fait bon vivre. En résumé, c’est la société du « chacun pour soi », où le groupe est au service de l’individu.
La société socialiste, elle, place le groupe au-dessus de l’individu. C’est le groupe qui compte. L’individu n’est rien. Au plan économique, c’est le capitalisme d’Etat oppresseur (confère les théories de Lénine). En résumé, c’est la société du « un pour tous ». L’homme est au service du groupe.
Voilà les deux groupes qui dirigeaient le monde. Laurent Bado constate avec amertume que ces deux sociétés ne s’adaptent pas à l’Afrique. Ni l’Est, ni l’Ouest. Pas une société pour « chacun pour soi » comme chez les Libéraux ; pas une société de « un pour tous » comme chez les Socialistes.

En Afrique, rappelle M. Bado, c’est la solidarité qui est le fondement de la société. Le groupe et l’individu sont en équilibre, ce qui se traduit au plan économique par la coexistence d’une propriété collective (champs et troupeaux collectifs) et d’une propriété privée (champs, élevage et autres activités rémunératrices.). En résumé, c’est la société du partage et non pas la société de l’égoïsme individualiste des Libéraux (les 8 premiers milliardaires du monde détiennent à eux-seuls les richesses de 3 milliards 600 millions d’individus dans le monde). C’est cette société traditionnelle que Laurent Bado veut moderniser : les libertés individuelles seront conçues selon nos valeurs traditionnelles (il n’y a pas de liberté d’homosexuels). Le modèle démocratique tiendra compte de l’analphabétisme et de la pauvreté du citoyen et de l’Etat. L’économie sera populaire (actionnariat populaire).
En 1990, avec l’éclatement du grand bloc de l’Est, les évènements se succèdent et confortent M. Bado dans sa vision pour une troisième voie de développement pour nos Etats, notamment notre Burkina.
Poussé par des étudiants, des intellectuels qui étaient fascinés par les grandes idées qu’il véhicule, l’homme se lance sur la scène politique. Ne dit-on pas aussi que la politique est le prolongement de l’intellectuel ! Rappelons à cet effet que Laurent Bado est à son 3e mandat de député. Enseignant chevronné de droit, il a formé à ce jour, des milliers de cadres de l’Administration publique et privée. Toutefois, son bilan politique demeure peu reluisant (deux députés seulement à l’Assemblée nationale). La plupart de ses admirateurs font le contraire dans l’isoloir. Quel spectacle hideux ! Bado distille des idées lumineuses, mais n’a pas d’argent à distribuer. Même s’il en avait, il se le refuserait, parce que cela serait immoral et amoral à ses yeux.
Malgré l’immense œuvre de conscientisation et de moralisation qu’il abat chaque jour, l’homme et sa famille ont été écœurés et frustrés d’entendre dire sur une chaîne de radio privée, qu’il est un oiseau de mauvais augure. Pardon, peuple du Burkina Faso ! Laurent Bado mérite plus d’égards et de respect. Plus jamais ça ! Nous constatons malheureusement que beaucoup d’intellectuels africains sont malhonnêtes et cruels. Malgré les attaques, Bado préfère demeurer dans la vérité et prévient toujours en bon père de famille. En 2005, il proclame « les portes de l’enfer vont s’ouvrir » ; en 2008, « les émeutes de la faim », en 2011, « la 2e fenêtre de l’enfer ».

La corroboration de toutes ces prophéties intervient en 2014, avec l’insurrection populaire.

MACRON à l’école de BADO !

Quoi qu’on dise, l’évolution du monde donne amplement raison à Laurent Bado, le père du Tercérisme. Donald Trump, président élu des Etats-Unis, malgré ses frasques politiques, s’élève lui aussi contre l’établissement ou les idéologies dominantes. Emmanuel Macron, le plus jeune président de la 5e République française, s’est déclaré « Ni de Gauche, ni de Droite », comme thème de campagne. Sa vision l’a porté triomphalement au pouvoir au soir du 7 mai 2017.

Sacré Laurent Bado ! Même si votre peuple a du mal à vous suivre à cause des intrigues politiques, les récents courants politiques mondiaux sont en train de vous réhabiliter amplement. Macron au moins s’est mis à votre école. Cette victoire d’Emmanuel Macron s’appelle aussi un triomphe pour vous.
Bravo !

Salifou PARKOUDA
jeantoe16@yahoo.fr

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Google+