VISITE DE FELIX TSHISEKEDI SUR FOND D’ARRESTATION DE MILITANTS DE L’UDPS A LUBUMBASHI : De quoi Kabila a-t-il peur ?  

VISITE DE FELIX TSHISEKEDI SUR FOND D’ARRESTATION DE MILITANTS DE L’UDPS A LUBUMBASHI : De quoi Kabila a-t-il peur ?   

 

Le 22 octobre dernier, alors que le président du Rassemblement de l’opposition, Félix Tshisekedi, se préparait pour une visite à Lubumbashi, certains de ses militants faisaient l’objet d’arrestation alors qu’ils prenaient part à une réunion préparatoire aux fins de réserver un accueil chaleureux  à leur leader dans la capitale de l’ex-Katanga. Dans le même temps, le maire de ladite ville pondait un communiqué rappelant l’interdiction de toute manifestation qui serait systématiquement réprimée, le cas échéant. Pour un simple déplacement d’un homme politique, l’on a du mal à comprendre cette fébrilité du pouvoir au point de vouloir se substituer à l’opposition dans l’organisation du séjour de son chef.

Derrière ces passes d’armes, c’est la question des élections qui se joue en toile de fond

Le moins que l’on puisse dire, c’est que ce déplacement du chef de l’opposition congolaise dans la deuxième ville du pays, semble troubler le sommeil des autorités de Kinshasa. C’est la raison pour laquelle l’on est fondé à croire que ces autorités cherchent par tous les moyens à mettre des bâtons dans les roues de l’opposition, principalement Félix Tshisekedi qui semble devenu le poil à gratter du pouvoir. La question que l’on pourrait se poser est la suivante : de quoi Joseph Kabila a-t-il peur ? En effet, l’on se pose des questions quant à cette offensive subite du pouvoir contre l’opposition, alors qu’aucune menace directe ne semble pointer à l’horizon.  Dans un contexte national tendu, où il est maintenant certain que les élections tant attendues n’auront pas lieu avant le 31 décembre prochain comme le demandait l’accord de la Cenco devenu désormais caduc, l’on se demande si avec ces mesures, l’on pourra aller à une décrispation. Rien n’est moins sûr. D’autant plus que dans le bras de fer qui les oppose au pouvoir, les militants de l’opposition ne veulent pas se laisser compter fleurette, encore moins céder à ce qui s’apparente, à leurs yeux, à des mesures d’intimidation. Cela dit, tout porte à croire que derrière ces passes d’armes entre pouvoir et opposition, c’est la question des élections qui se joue en toile de fond. En effet, l’opposition congolaise est loin d’avoir digéré le vilain tour que lui a joué le pouvoir en sortant de son mouchoir un calendrier électoral qui renvoie la présidentielle en 2019, alors qu’elle croyait pouvoir se débarrasser de Joseph Kabila au plus tôt avant le 31 décembre prochain aux termes de l’accord politique arraché par les évêques, ou au plus tard courant l’année 2018. Mais avec  cette nouvelle donne qui renvoie les élections aux calendes congolaises, l’opposition ne peut que ronger ses freins. Aussi, en prenant l’initiative des choses, il s’agit donc pour le pouvoir de ne pas laisser l’opposition se réorganiser pour lui mettre la pression de sitôt concernant le calendrier électoral qu’elle désapprouve. C’est pourquoi cette visite de Tshisekedi fils dans la capitale de l’ex-Katanga, sonne comme une revue des troupes à la base, en vue des combats à venir, en même temps qu’elle pourrait lui permettre de jauger sa capacité de mobilisation et de galvaniser aussi les militants de Moïse Katumbi, orphelins de leur mentor contraint à un exil qui ne dit pas son nom.

Kabila pense qu’il a maintenant le vent en poupe

Mais à en juger par l’attitude du pouvoir qui ne compte pas assister en spectateur à ces manifestations de l’opposition, l’on est porté à croire que le président Kabila, après avoir réussi à torpiller l’accord de la Saint-Sylvestre, ne compte plus se laisser surprendre ni être poussé dans ses derniers retranchements par des adversaires impatients de le mettre complètement hors-jeu. En tout cas, il voudrait récupérer ces manifestations et les contrôler à sa guise qu’il ne s’y prendrait pas autrement. Car, le chef de l’Etat congolais est bien conscient que ses adversaires ne seront rassurés que lorsqu’ils le sauront définitivement hors-course. Mais cela n’est visiblement pas dans ses plans. Bien au contraire, tout porte à croire qu’il est en train de jouer avec l’opposition comme un chat avec une souris, attendant le moment propice pour dévoiler ses plans et n’en faire qu’une bouchée.  Et il n’est pas difficile de s’imaginer que ragaillardi par la récente admission, contre toute attente,  de son pays au Conseil des droits de l’Homme de l’ONU qui sonne comme une victoire pour lui, Kabila pense qu’il a maintenant le vent en poupe pour s’adonner à son sport favori qui est de casser de l’opposant en mettant en branle sa machine répressive. Et cela, dans le but d’étouffer désormais dans l’œuf, toute contestation. Mais il aurait tort de croire qu’il a déjà partie gagnée. Car, une telle stratégie ne pourrait que contribuer à dégrader l’atmosphère et à faire monter la tension. Et Dieu seul sait quelle pourrait en être l’issue.

« Le Pays »

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