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VISITE DU PRESIDENT TUNISIEN EN FRANCE

Paris valait bien une virée

Le président tunisien, Kaïs Saïed, a été reçu hier, 22 juin 2020 à l’Elysée pour une visite officielle de vingt-quatre heures. Il est le premier chef d’Etat étranger à être reçu par Emmanuel Macron après le long et pénible confinement. Officiellement, c’est une visite de travail et d’amitié. Mais l’on pourrait dire que ce séjour parisien aura permis au numéro un tunisien de conforter son pouvoir et surtout d’aborder les questions économiques et sécuritaires avec le locataire de l’Elysée. Ce n’est un secret pour personne que la Tunisie traverse aujourd’hui une période de vaches maigres. Le tourisme qui constituait un des puissants leviers de l’économie, n’attire plus grand monde à cause des attaques terroristes auxquelles fait face le pays de Bourguiba. A cela s’ajoute la crise sanitaire du Covid-19 qui aura mis à rude épreuve l’économie des différentes nations. C’est dire si la Tunisie qui revient de loin, a besoin de partenaires solides pour relancer l’économie, mais aussi pour mieux contrer les assauts répétés de la nébuleuse. Et en la matière, Paris a une expertise qui pourrait aider la Tunisie à sortir la tête de l’eau. Au-delà de ces questions, Kaïs Saïed aura eu l’occasion de mettre à profit son séjour à Paris pour lever toute équivoque sur la position de son pays par rapport à la crise libyenne.

Ce séjour du président tunisien dans l’Hexagone aura été plus une visite de raison

Car, on le sait, le président Kaïs Saïed et le président du Parlement tunisien ne sont pas sur la même longueur d’onde quant à la gestion de cette crise. On est d’autant plus fondé à le penser que Rached Ghannouchi, président d’Ennahdha, ne fait plus mystère de sa volonté de soutenir l’intervention turque en Libye. Du reste, sa visite, en janvier dernier, à Ankara et ses récentes félicitations à Fayez el-Sarraj pour ses victoires successives face aux hommes du maréchal Haftar, ont mis le président Kaïs Saïed dans une situation inconfortable au point que ce dernier s’est vu obligé de mettre les points sur les I. « Il n y’a qu’un seul président en Tunisie », avait lâché Kaïs Saïed pour signifier au président du perçoir qu’il outrepassait ses prérogatives. Une mise en garde qui vaut son pesant d’or. Parce que la Tunisie qui partage une longue frontière avec la Libye, avait fait de la non-ingérence dans la politique étrangère, un sacro-saint principe. Et on ne saurait lui donner tort, ce d’autant que la crise libyenne a de graves conséquences sur la stabilité économique et politique en Tunisie mais aussi dans d’autres pays. Pour preuve, le président égyptien, Abdel Fattah al- Sissi, menace d’intervenir militairement en Libye si le GNA progresse. C’est dire s’il faut craindre une syrisation de la crise libyenne. Autant de dossiers donc qui auront meublé le programme d’échanges des deux chefs d’Etat. Le moins que l’on puisse dire, c’est que cette visite de travail aura permis, à n’en pas douter, aux deux Etats de renforcer leurs relations bilatérales. C’est dire si Paris valait bien une virée. Autant dire que ce séjour du président tunisien dans l’Hexagone, aura été plus une visite de raison qu’une simple balade présidentielle.

DZ

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