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VOLTE-FACE DE LA CMA DANS L’INSTALLATION DES AUTORITES INTERIMAIRES A KIDAL : Que fera à présent le gouvernement malien ?

VOLTE-FACE DE LA CMA DANS L’INSTALLATION DES AUTORITES INTERIMAIRES A KIDAL : Que fera à présent le gouvernement malien ?

 

Un bus transportent de nombreux passagers, a sauté hier 19 février sur une mine dans la région de Gossi au Mali. Bilan : un mort et 14 blessés.

Accident ou acte prémédité ?  Ce drame survient  au lendemain de la volte-face de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA), après que les petits plats avaient pratiquement été mis dans les grands, pour l’installation des autorités intérimaires à Kidal .  Faut-il y voir un lien de cause à effet ?

L’installation des autorités intérimaires dans le Nord du Mali, à commencer par la ville de Kidal, devait constituer un symbole et même plus, marquer un tournant, ce samedi 18 février. Eh bien, il n’en sera rien, du moins jusqu’à nouvel ordre !  Ainsi en ont décidé les tout-puissants ex-rebelles de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA), prenant de court tout  le monde. Grande désillusion donc à l’aéroport de Bamako où ambassadeurs, représentants de l’ONU et de la médiation internationale, sur le point d’embarquer pour cette ville, ont dû regagner leurs domiciles, la gorge nouée par la colère et la déception. A l’origine de ce fiasco : la nomination, par décret gouvernemental,  d’un nouveau gouverneur pour Kidal, en la personne de Sidi Mohamed Ag Ichrach, qui aurait déplu à la CMA. Est-ce un homme-lige du pouvoir de Bamako ?  Il lui est, en tout cas, reproché une proximité malsaine avec le groupe  pro–Bamako de la Plateforme.  Et si cette accusation était  fondée, le pouvoir malien devrait s’en prendre à lui-même, face à la volte-face de la Coordination dont on comprendrait le refus de passer pour le dindon d’une grosse farce bamakoise. Il devrait d’autant plus se reprocher cette  erreur qu’il aurait, par ce décret à problème, apporté la preuve qu’il feint d’ignorer que les ex-rebelles sont, après tout, toujours maîtres de Kidal. Bien entendu, du côté du pouvoir malien,  le langage est tout autre. Selon  le porte-parole du groupe pro-Bamako de la Plateforme, cette nomination visait  plutôt à équilibrer les pouvoirs au niveau de la région de Kidal. «On ne peut pas comprendre, commente-t-il, que la CMA ait à la fois le gouverneur et le président de l’autorité intérimaire. On a eu  des  consultations et c’est ce qui a amené le gouvernement à équilibrer un peu la situation à Kidal».

De petits réajustements sont en cours, et tout devrait rentrer dans l’ordre

Souci d’équilibre ? Soit !  Mais encore faut-il que le fameux  décret nommant Sidi Mohamed Ag Ichrach, satisfasse aussi la CMA ; ce qui, manifestement, est loin d être le cas. Ce faisant, peut-on accuser la Coordination de vouloir à la fois le beurre et  l’argent du beurre ? Doit-on lui en vouloir d’avoir fait capoter la cérémonie de samedi dernier au motif qu’elle n’a d’yeux que pour ses seuls intérêts ?   En tous les cas, on la voit mal jouer le jeu de la normalisation, si elle a le sentiment d’avoir été piégée par le choix de la personne de Sidi Mohamed Ag Ichrach, fût-il enfant de Kidal. Toutefois, face au  théâtre d’ombres auquel les protagonistes de la longue crise malienne, sans exception, se sont toujours livrés, il serait risqué de prendre parti pour un camp ou pour un autre ; tant la sincérité a toujours manqué dans leur vieille querelle. A présent  que ça coince dans l’installation des autorités intérimaires, après la récusation du gouverneur, que  fera  le gouvernement malien ?  Se résoudra-t-il à rectifier le tir ? Ou, au contraire, optera-t-il pour un passage en force  aux conséquences potentiellement désastreuses ?   En attendant de  savoir ce que fera la communauté internationale face à ce nouveau rebondissement, on peut d’ores et déjà se réjouir de la réaction  du  porte-parole de la CMA -  pour autant qu’elle soit sincère - qui a clairement indiqué que  de petits réajustements sont en cours, et que tout devrait rentrer dans l’ordre en ce début de semaine. On croise les doigts.

« Le Pays »

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