VOTE DE DEFIANCE A BULLETIN SECRET CONTRE LE PRESIDENT SUD-AFRICAIN : Jacob Zuma sur la sellette

VOTE DE DEFIANCE A BULLETIN SECRET CONTRE LE PRESIDENT SUD-AFRICAIN : Jacob Zuma sur la sellette

Après tant de semaines d’hésitations, la présidente de l’Assemblée nationale sud-africaine a fini par annoncer que la motion de défiance visant le président Jacob Zuma ferait l’objet d’un vote à bulletin secret. Avait-elle seulement le choix, étant donné que la Cour constitutionnelle, en juin dernier, avait claironné que le vote à bulletin secret était conforme à la Constitution, même si elle s’était gardée de l’imposer formellement aux parlementaires, estimant que le dernier mot revenait à la présidente de l’hémicycle ? Et c’est désormais chose faite. Car, pour la première fois, les parlementaires sud-africains, comme le disent certains vétérans de l’ANC, «  se préparent à l’une des plus importantes sessions depuis l’avènement de la démocratie en 1994 ». Et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’autorisation du vote à bulletin secret constitue une victoire d’étape pour l’opposition sud-africaine qui en avait fait son combat. Car, il faut le dire, elle espère rallier à sa cause certains parlementaires de la majorité lassés par les turpitudes du chef de l’Etat embourbé dans des scandales politico-financiers à répétition. C’est dire que ce 8 août s’annonce comme une journée très décisive pour le successeur de Thabo Mbeki dont le sort, tenez-vous bien, sera pour la quatrième fois débattu à l’Assemblée nationale. Saura-t-il de nouveau se tirer d’affaire ? On attend de voir. Puisque pour qu’elle soit entérinée, la défiance devra recueillir la majorité absolue, soit 201 députés sur les 400 que compte le parlement. Or, l’ANC y dispose d’une majorité confortable avec 249 sièges. Mais sait-on jamais ?

Ce vote de défiance à bulletin secret pourrait réserver des surprises

Etant donné que certains députés ne cachent plus leur agacement vis-à-vis du chef de l’Etat, ce vote de défiance à bulletin secret pourrait réserver des surprises. Surtout qu’en sus, le Parti communiste, membre de la coalition tripartite au pouvoir, même s’il n’a jusque-là pas donné de consignes de vote à ses députés, avait, naguère, réitéré son appel à la démission du président Zuma. Toute chose qui rend fébrile le président du groupe parlementaire ANC qui n’a pas manqué de mettre en garde ses députés contre « les conséquences désastreuses » de l’adoption éventuelle de la motion de défiance en cours. « Cela plongerait le pays dans une complète instabilité politique et une incertitude économique », a-t-il prévenu. Comparaison n’est pas raison certes, mais l’on a envie de poser la question suivante au président du groupe parlementaire ANC : l’Afrique du Sud avait-elle sombré dans le chaos lorsqu’en 2008, Thabo Mbeki, pour moins que cela, avait été poussé à la sortie ? Vraisemblablement, non ! Alors, pourquoi basculerait-elle si les députés décidaient de se débarrasser d’un dirigeant corrompu, par la faute de qui le pays de Mandela, même en tant que première puissance économique du continent, est entré en récession. Et même certains hiérarques de l’ANC l’ont reconnu en ces termes : « l’Afrique du Sud est le témoin d’un vol à grande échelle, qui laisse le pays appauvri et de plus en plus entre les mains d’un gouvernement de criminels ».

B.O

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